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Un mécanisme neuronal pouvant expliquer l’anorexie est découvert chez la souris

Personne sur une balance, dans une pièce sombre.

Actuellement, il n’existe pas de traitement médicamenteux avéré pour l’anorexie.

Photo : iStock / Tero Vesalainen

Radio-Canada

Espoir pour les personnes atteintes d’anorexie mentale. Des scientifiques français et québécois ont montré comment la diminution d’un neurotransmetteur, appelé acétylcholine, dans le striatum du cerveau entraîne la formation excessive d’habitudes qui peuvent conduire à une restriction alimentaire chez la souris.

Cette structure nerveuse située sous le cortex est impliquée dans la régulation de l’activité locomotrice et la recherche de récompenses.

De plus, avec des collègues du CNRS français, le Pr Mestikawy du Centre de recherche de l’Institut Douglas associé à l’Université McGill a aussi découvert qu’on pouvait compenser le faible taux d’acétylcholine par l’administration d’un médicament couramment utilisé pour traiter la maladie d’Alzheimer. Ce traitement a pour effet de limiter les comportements pathologiques des souris.

Récepteurs muscariniques de l’acétylcholine dans le cerveau humain.

Récepteurs muscariniques de l’acétylcholine dans le cerveau humain.

Photo : INSERM

Repères

  • L’anorexie mentale (anorexia nervosa) est caractérisée par le refus de maintenir un poids corporel normal;
  • Elle apparaît habituellement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte;
  • Elle affecte dix fois plus souvent les femmes que les hommes;
  • Sa prévalence est de 0,3 % à 1 %;
  • Pas moins de 1 % des personnes atteintes en meurent chaque année.

Chez l’humain

Ces découvertes, qui sont l’objet d’un article publié dans le Journal of Clinical Investigation (Nouvelle fenêtre) (en anglais), ont mené ces chercheurs à communiquer avec le Pr Philip Gorwood, de l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris, spécialisé dans la prise en charge des personnes aux prises avec des troubles alimentaires.

Leur objectif est maintenant de vérifier s’il est possible de transposer chez l’humain les résultats obtenus chez les rongeurs.

Des investigations cliniques auprès de cohortes de patients ont permis d’identifier les profils souffrant d’anorexie mentale sévère concernés par ces mécanismes dysfonctionnels. Un protocole basé sur l’utilisation de ce médicament a été mis au point.

C’est un exemple original de collaboration directe entre recherche fondamentale et clinique, explique l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (INSERM) dans un communiqué.

Une première étude pilote devrait commencer dans les prochaines semaines et les chercheurs espèrent obtenir des résultats cliniques d’ici un ou deux ans.

Actuellement, il n’existe pas de traitement médicamenteux avéré pour l’anorexie.

Cette découverte pourrait aussi permettre de traiter d’autres pathologies qui impliquent la création d’habitudes et de compulsions telles que les dépendances ou les comportements obsessionnels et compulsifs (TOC).

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