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Conflit au Haut-Karabakh : la colère gronde dans la capitale arménienne

Les forces russes prennent le contrôle du corridor qui relie l'Arménie à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh.

Des centaines de personnes rassemblées dans un espace public lèvent le poing en l'air.

Les manifestants ont défié la loi martiale en se rassemblant sur la place de la Liberté, dans le centre d'Erevan

Photo : Getty Images / AFP/KAREN MINASYAN

Agence France-Presse

Deux à trois mille personnes ont manifesté mercredi à Erevan, malgré l'interdiction des autorités, pour dénoncer l'accord de fin des hostilités au Haut-Karabakh consacrant une victoire de l'Azerbaïdjan, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ce rassemblement a été organisé à la mi-journée à l'appel de l'opposition sur la place emblématique de la Liberté dans le centre de la capitale arménienne, mais il était théoriquement interdit en raison de la loi martiale en vigueur dans le pays depuis le début du conflit.

Dans un climat tendu, la police présente en nombre a procédé dans un premier temps à des arrestations, notamment de militants et de responsables du parti Arménie Prospère, dont son chef. Ce rassemblement est interdit, dispersez-vous immédiatement, a prévenu de façon répétée un officier au mégaphone.

D'abord quelques dizaines, dont des députés, les militants ont été peu à peu rejoints par des centaines de personnes, hommes et femmes, scandant des slogans hostiles au premier ministre arménien Nikol Pachinian : Nikol, traître, Nikol, dégage, ou encore le Karabakh n'est pas à vendre.

Des hommes en uniforme tirent un manifestant qui résiste à son arrestation.

Plusieurs personnes ont été arrêtées par les forces de sécurité.

Photo : La Presse canadienne / AP/Dmitri Lovetsky

Sous la pression, après quelques bousculades et empoignades, les policiers, qui ont pris position sur les marches du grand opéra d'Erevan, toujours sur cette même place de la Liberté, ont finalement laissé le rassemblement se dérouler normalement.

Vous ne pourrez pas arrêter tout le pays, a crié au mégaphone un député du parti Arménie Prospère, Arman Abovian, applaudi par les protestataires, poing levé et dénonçant la capitulation du premier ministre face à l'Azerbaïdjan.

Dans la foule, des femmes et des hommes, beaucoup d'Arméniens originaires du Haut-Karabakh (aussi appelé Nagorny-Karabakh, NDLR) ou des proches de combattants envoyés au front, furieux que le sacrifice des leurs n'ait servi à rien.

Le premier ministre nous a vendus, il a vendu notre terre, notre maison, s'époumone devant les caméras une quadragénaire en pleurs. Des jeunes filles en sanglots, furieuses, apostrophaient les policiers ou les nombreux journalistes présents.

Une femme qui tient un bébé dans ses bras crie. Une larme coule sur sa joue.

Une mère crie son désespoir lors de la manifestation tenue mardi à Erevan, capitale de l'Arménie.

Photo : Reuters / LUSI SARGSYAN/PHOTOLURE

Après deux heures de discours et de harangues, les manifestants ont finalement pris, dans le calme, la direction du siège du gouvernement, à près d'un kilomètre de là, sur la place de la République, où la police était déployée.

Le siège du gouvernement et le parlement avaient été envahis dans la nuit de dimanche à lundi par des centaines de manifestants en colère, peu après l'annonce par le premier ministre de l'accord de cessez-le-feu avec l'Azerbaïdjan. Les forces de l'ordre ont depuis repris le contrôle des deux bâtiments.

De premiers soldats russes déployés dans la zone du conflit

Les forces russes ont annoncé mercredi avoir pris le contrôle du corridor de Latchin, le cordon ombilical reliant l'Arménie à la région séparatiste du Haut-Karabakh, comme convenu dans l'accord de fin des hostilités.

Aujourd'hui, les unités avancées du contingent des forces armées de la Fédération de Russie ont pris le contrôle du corridor de Latchin, a annoncé le général russe Sergueï Roudski, dans un communiqué.

Quelque 400 des 1960 soldats russes qui doivent être déployés entre Arméniens et Azerbaïdjanais ces prochains jours sont arrivés en Arménie, selon la même source.

Un homme se promène dans une rue jonchée de débris.

La capitale du Haut-Karabakh, Stepanakert, a été lourdement endommagée par des bombardements lors du conflit.

Photo : afp via getty images / Davit Ghahramanyan/NKR Infocenter

Selon l'accord signé entre Erevan, Bakou et Moscou, ils seront déployés à mesure que les forces arméniennes quittent les territoires repassant sous contrôle de l'Azerbaïdjan et sept districts limitrophes qui lui échappaient depuis les années 1990.

Au final, Bakou va reprendre ces sept districts et une petite partie du Haut-Karabakh à proprement parler. La république autoproclamée, amoindrie et affaiblie, survit sous la protection des soldats russes qui seront déployés sur le front.

L'armée russe protégera tout particulièrement le corridor de Latchin, seule voie d'approvisionnement reliant le Haut-Karabakh à l'Arménie.

De premiers postes d'observation russe doivent être installés à partir de jeudi dans le sud du Karabakh.

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