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Hong Kong : tous les députés prodémocratie vont démissionner

L'initiative, qui vise à soutenir quatre députés destitués, laissera le Parlement aux mains des pro-Pékin.

Une vingtaine d'hommes et de femmes masqués se tiennent par la main.

Les députés prodémocratie qui vont démissionner se sont tenus par la main pour montrer leur solidarité lors d'une conférence de presse tenue au LegCo.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

Radio-Canada

L'ensemble des députés prodémocratie de Hong Kong ont annoncé mercredi leur prochaine démission après l'éviction de quatre d'entre eux en vertu d'une mesure adoptée par Pékin, ce qui laisserait presque entièrement le Parlement aux mains de députés alignés sur Pékin.

Ces démissions sont le dernier coup porté au camp prodémocratie qui fait l'objet d'attaques incessantes depuis que Pékin a imposé fin juin la loi sur la sécurité nationale.

De nombreux militants ont depuis été arrêtés, alors que d'autres ont choisi l'exil.

Nous, [membres] du camp prodémocratie, nous nous tiendrons aux côtés de nos collègues qui sont exclus. Nous démissionnerons en masse.

Wu Chi-wai, leader des quinze législateurs prodémocratie au Parlement

Mercredi matin, quatre députés prodémocratie de Hong Kong ont été démis de leur mandat après l'autorisation accordée aux autorités locales, par l'un des principaux comités législatifs de Chine, de révoquer tout législateur considéré comme constituant une menace pour la sécurité nationale sans même passer devant une juridiction.

Cette décision est intervenue deux jours après la menace brandie par une vingtaine de législateurs de l'opposition prodémocratie de démissionner en masse en cas d'exclusion de leurs collègues.

Le Conseil législatif (LegCo, le Parlement local) compte 70 membres désignés selon un système alambiqué qui garantit presque à coup sûr une majorité au bloc pro-Pékin.

Seuls 35 sont en effet élus au suffrage universel direct, offrant une rare occasion aux 7,5 millions d'habitants d'exprimer leur opinion à travers les urnes. Les autres législateurs sont principalement désignés par des groupes socioprofessionnels acquis à la Chine continentale.

Dennis Kwok, Kenneth Leung, Kwok Ka-ki et Alvin Yeung, debout, prennent la pose pour les photographes.

Les quatre députés prodémocratie du LegCo destitués sont (de gauche à droite) Dennis Kwok, Kenneth Leung, Kwok Ka-ki et Alvin Yeung.

Photo : La Presse canadienne / AP/Vincent Yu

Une démission en masse laisserait presque entièrement le LegCo aux mains de députés alignés sur Pékin.

Si le respect des procédures, la protection des systèmes et des fonctions et la lutte pour la démocratie et les droits de l'homme entraînaient une exclusion, ce serait un honneur pour moi.

Dennis Kwok, l'un des quatre députés prodémocratie exclus

De son côté, la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a soutenu que ces exclusions sont constitutionnelles, légales, raisonnables et nécessaires.

Les quatre élus exclus faisaient partie des 12 candidatures aux législatives hongkongaises invalidées fin juillet.

Ces élections, qui devaient se dérouler le 6 septembre, avaient finalement été reportées d'un an, officiellement pour cause de coronavirus.

L'exclusion de ces quatre députés est le dernier coup porté au camp prodémocratie qui fait l'objet d'attaques soutenues depuis que Pékin a imposé fin juin la loi sur la sécurité nationale, décrite par les dirigeants chinois comme une épée suspendue au-dessus de la tête de ses détracteurs.

Cette loi, destinée à mettre fin à des mois de manifestations monstres et souvent violentes qui ont secoué le territoire l'an passé, a contribué à renforcer considérablement l'emprise du pouvoir central chinois sur Hong Kong.

Nombre de militants pour la démocratie dénoncent un texte liberticide.

Carrie Lam et d'autres délégués chinois applaudissent le premier ministre chinois Li Keqiang qui retourne s'asseoir.

La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam (rangée du haut, à droite), applaudit le premier ministre chinois Li Keqiang (en bas, à droite) après son discours devant l'Assemblée nationale populaire, le 22 mai. C'est lors de cette session annuelle que la nouvelle loi sur la sécurité nationale a été adoptée.

Photo : Getty Images / AFP/LEO RAMIREZ

L'impossibilité pour les Hongkongais d'élire leurs dirigeants ainsi que l'ensemble de leurs députés était au coeur de leur mouvement de contestation.

Plus de 10 000 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations et les tribunaux croulent sous le nombre d'affaires à juger, la plupart concernant des députés de l'opposition ainsi que des figures du mouvement prodémocratie.

Selon les détracteurs de la loi sur la sécurité nationale, qui a été adoptée en contournant le LegCo, elle porte un coup fatal au principe Un pays, deux systèmes, qui était censé garantir jusqu'en 2047 des libertés inconnues en Chine continentale.

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