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Entre résignation et abattement, les Winnipégois face aux nouvelles restrictions

Des coiffeurs coupent les cheveux d'hommes dans un salon de coiffure de Winnipeg.

Les entreprises de services personnels, comme les coiffeurs, vont devoir de nouveau fermer leurs portes au Manitoba à compter de jeudi, et ce, pour une durée de deux à quatre semaines.

Photo : Radio-Canada

Plus de restrictions, pour plus longtemps, c’est ce qu’ont annoncé les autorités de la province mardi. À Winnipeg, les habitants oscillaient entre résignation, abattement et acceptation des mesures qu'ils savent nécessaires, bien que difficiles.

C’est triste! lance Lois Loganberg, rencontrée mardi près de La Fourche, à Winnipeg. À l’énoncé des nouvelles restrictions, la Manitobaine a une pensée pour ses concitoyens et les restaurateurs de la province. Pour nous, la vie ne va pas beaucoup changer. Mais pour les autres… Et puis, c’est dur pour les restaurateurs.

À ses côtés, Cliff Loganberg ne se dit pas très optimiste sur la situation actuelle et rappelle qu’il faut être sérieux à propos de la COVID-19. Nous l’avons vu dans d’autres pays, comme en Europe, il faut un confinement complet pour casser le cercle de transmission, ajoute-t-il.

Pour un autre Winnipégois, Mike Osborne, ces nouvelles restrictions sont plus que compréhensibles. Il fallait faire quelque chose, dit-il. C’est le seul moyen pour qu’on s’en sorte.

C’est aussi ce que pense Wes Caplong, le propriétaire de salons de coiffure de l’entreprise Loving Barbers, à Winnipeg. Son entreprise, comme les autres dites de services personnels, devra fermer ses portes dès jeudi pour au moins deux semaines.

Surpris et pas

Le propriétaire reconnaît que c’est un coup dur pour ses employés et lui, mais il sait que c’est pour le bien de sa communauté.

Si nous n’avons pas les gens, nous ne pouvons rien faire. Je ne suis pas très surpris… Et je préfère rester optimiste. Cela va nous permettre de passer du temps avec nos familles, mais aussi de revoir certaines choses pour améliorer notre entreprise, confie-t-il.

Du côté du quartier Osborne, Kazumi Yoshino, superviseure du magasin spécialisé dans la vente de produits asiatiques Unique Bunny, accuse elle aussi le coup.

Après des mois compliqués, l’entreprise espérait bientôt ouvrir un nouveau point de vente dans la ville. Les responsables avaient mis en place plusieurs partenariats avec d’autres commerçants de la capitale manitobaine pour s’entraider. Mais ces nouvelles restrictions mettent un coup d’arrêt à ces projets.

Nous ne savons pas comment faire, nous sommes déçus. Nous avions fait tous les plans et les emplois du temps, mais maintenant, tout est détruit… Nous allons faire moins de profits, et donc nous ne savons pas si nous allons pouvoir garder tous nos employés, explique Kazumi Yoshino.

Seule lueur d’espoir pour Kazumi Yoshino : la possibilité de rester ouvert et de continuer à offrir un service de livraison et de vente à emporter. Selon les échanges avec la province, le magasin pourrait rester ouvert, car il vend de la nourriture ainsi que des fournitures pour le bureau et la maison.

Les entreprises et les organisations à but non lucratif touchées par les nouvelles restrictions sanitaires recevront une aide provinciale. Le premier ministre a annoncé une subvention de 5000 $, appelée Manitoba Bridge. Brian Pallister a précisé qu'un fonds de 100 millions de dollars pour cette subvention est disponible.

La foi en virtuel

Autre changement apporté par ces nouvelles restrictions : les rassemblements religieux et culturels sont interdits et doivent être offerts de manière virtuelle uniquement.

Selon Daniel Bahuaud, coordonnateur des communications à l'archidiocèse de Saint-Boniface, la situation sera comparable au confinement survenu plus tôt cette année.

Le printemps dernier, tout était nouveau, les gens acceptaient et ils se sont ralliés à ce qu’on pouvait leur offrir en ligne. Comme tous les Manitobains, on se rend compte du sérieux de la pandémie et de cette vague, explique-t-il.

Durant ce reconfinement, il invite les fidèles à regarder les messes de façon virtuelle, puisque dans plusieurs paroisses, elles seront diffusées sur Internet.

Si les commerces non essentiels et les salles de sport doivent fermer leurs portes et que les rassemblements sont interdits, les établissements scolaires et les services de garde ne connaîtront pas de changement.

Plus d'enseignants

Sans se prononcer clairement sur ces annonces, James Bedford, président de la Manitoba Teachers Society (MTS), le syndicat des enseignants du Manitoba, estime qu’il est temps que le gouvernement prenne en considération les besoins et la situation des enseignants de la province.

Nos membres ont dit qu’ils voulaient être à l’école pour enseigner, mais qu’ils veulent le faire en toute sécurité, explique-t-il. Je pense que ce qui serait le mieux, c’est que le gouvernement prenne en compte nos inquiétudes avec le respect de la charge de travail des enseignants et de leur santé mentale.

M. Bedford réaffirme que les écoles de la province ont besoin de plus de professeurs, et ce, depuis le début de l’année scolaire.

Les nouvelles restrictions, annoncées par le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, seront en place pour probablement durant quatre semaines.

Avec les informations de CBC et de Patrick Foucault

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