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Scott Moe nomme son soldat pour la bataille de l'autonomie provinciale

Scott Moe marche dans les couloirs de l'Assemblée législative en fixant la caméra.

Le premier ministre Scott Moe a créé un poste visant à renforcer et à exprimer l’autonomie de la Saskatchewan à l’intérieur du Canada. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Le premier ministre de la Saskatchewan n’a pas attendu longtemps avant de confirmersa volonté de renforcer l’autonomie de sa province. Lors du dévoilement de son Cabinet lundi, Scott Moe a nommé l’ex-ministre de l’Agriculture et député de Lumsden-Morse, Lyle Stewart, au poste de secrétaire législatif responsable de l’autonomie provinciale.

Ce dernier avait quitté le Cabinet de Scott Moe en 2018 pour se consacrer à sa santé, car il souffrait d'un cancer.

Dans ses nouvelles fonctions, Lyle Stewart aura le mandat de renforcer et d’exprimer l’autonomie de la Saskatchewan à l’intérieur du Canada. Il obtient également le rôle de secrétaire provincial.

Frédéric Boily, professeur en sciences politiques à l’Université de l’Alberta, croit que le discours de Scott Moe en matière d’autonomie provinciale vient en partie des résultats du Parti Buffalo, qui a terminé au troisième rang lors des dernières élections provinciales.

Le calcul politique de Scott Moe est qu’il y a un potentiel de croissance pour ce parti, et cela crée une certaine pression sur le Parti saskatchewanais pour montrer qu’il est à la défense de l’autonomie provinciale et de la Saskatchewan, dit-il.

Frédéric Boily estime que ce nouveau poste de secrétaire législatif responsable de l’autonomie provinciale est principalement symbolique, mais qu’il envoie tout de même un message à l’électorat rural, qui est insatisfait du gouvernement fédéral et qui espère que la province en fera plus pour l’autonomie.

Le professeur en sciences politiques affirme que Scott Moe essaie probablement de trouver des éléments autres que son opposition à la taxe carbone du gouvernement fédéral pour essayer de défendre l’autonomie provinciale.

On peut penser à la contestation, qu’on retrouve aussi en Alberta, sur la question du contrôle des armes à feu. Souvent, on voit des pressions qui se font, en provenance de l’Alberta et de la Saskatchewan, pour essayer de faire changer d’idée le gouvernement libéral à Ottawa, explique-t-il.

Frédéric Boily croit aussi que les dossiers de l’immigration et de la santé vont être du ressort du nouveau secrétaire législatif responsable de l’autonomie provinciale. Il estime cependant que ce n’est pas une influence très forte et que le poste demeure symbolique.

On prend acte de ce qui s’est passé avec le résultat des élections, on veut continuer à jouer la partition de l’autonomisme comme le font d’autres provinces, notamment le Québec, mais aussi l’Alberta, et par conséquent il y a quelqu’un qui s’occupe spécifiquement de cela, dit-il.

Frédéric Boily soutient également que le premier ministre demeure le porte-étendard du dossier de l’autonomie de sa province.

Une autonomie véhiculée par le procureur général

Greg Poelzer, professeur en sciences politiques à l’Université de la Saskatchewan, affirme quant à lui qu’une autre nomination au Cabinet vient renforcer le message autonomiste du gouvernement de Scott Moe.

Il souligne que le choix de Gordon Wyant, qui était auparavant ministre de l'Éducation et vice-premier ministre, au poste de ministre de la Justice et de procureur général de la province n’est pas étranger à cette position politique.

Lorsque vous pensez aux enjeux constitutionnels, notamment quand le premier ministre veut accroître l’autonomie politique de la Saskatchewan, cela nécessite une personne très compétente au poste de procureur général de la province, conclut-il.

Avec les informations de Rémi Authier

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