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Les défis de l'électrification des autobus scolaires

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un autobus scolaire électrique branché durant sa recharge.

Le reportage de Maxime Denis

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Le gouvernement caquiste misera sur l'électrification des transports dans son Plan pour une économie verte 2030 qui sera dévoilé lundi.

Les autobus scolaires en feront peut-être l'objet. Ils font partie de notre paysage quotidien, dès notre plus jeune âge. Si de l'extérieur, ils ne semblent pas avoir changé au fil des années, à l'intérieur, toute une révolution se prépare pour développer des véhicules plus écolos.

Le transport scolaire au Québec en chiffres

  • 9 000 autobus
  • 1000 minibus
  • 2000 berlines

Le transport scolaire est l'un des secteurs d'activités le plus réglementés au Québec, selon Luc Lafrance, président-directeur général à la Fédération des transporteurs par autobus.

Au niveau de ses miroirs, ses bras d'arrêt, ses feux clignotants, le présignalement jaune, ce sont tous des équipements qui ont été rajoutés au fil des années pour rendre encore plus sécuritaire le transport des élèves, précise-t-il.

Une barrière d'éloignement pour que les enfants traversent plus loin devant l'autobus scolaire.

Une barrière d'éloignement installée à l'avant d'un autobus scolaire.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Les autobus électriques

À Québec, Autobus Laval a fait le saut vers l'autobus électrique en 2017. En plus de motiver les employés, le projet a aussi pour but d'encourager des fournisseurs québécois en faisant affaire avec le fabricant d'autobus LION et la compagnie de bornes de recharges FLO.

Un volant et un écran numérique permettant au chauffeur d'autobus scolaire électrique de connaître l'état de ses batteries.

L'espace du chauffeur d'un autobus électrique de marque Lion.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Les courtes distances parcourues par les autobus scolaires sont l'un des avantages militant en faveur d'un modèle électrique. Le ministère des Transports encourage d'ailleurs l'achat de bus électriques à l'aide d'une subvention d'au moins 100 000 $ par véhicule, soit le prix d'achat d'un autobus au diesel.

Le gros handicap de l'autobus électrique actuellement, c'est son prix. S'il n'y avait pas de subvention du ministère des Transports, l'autobus coûterait à peu près 300 000 $, résume M. Lafrance.

Il n'est pas seulement question de s'acheter un véhicule électrique. Il faut aussi penser aux installations pour recharger les autobus.

C'est toute une infrastructure électrique qu'il faut voir. C'est l'ensemble de nos entrées électriques de nos bâtiments qui ne sont plus assez grosses pour être capables de grossir notre flotte, raconte le directeur de la flotte chez Autobus Laval.

Nicolas Girard se questionne aussi sur le fait que bien des chauffeurs stationnent leur véhicule dans leur propre cour.

C'est énorme comme déploiement de sous. Ce côté-là a été oublié.

Nicolas Girard, directeur de la flotte, Autobus Laval

Et c'est sans compter l'ajout de batteries pour gagner en autonomie. Les sept véhicules électriques d'Autobus Laval sont en mesure de parcourir 120 kilomètres chacun. Les subventions actuelles ne couvrent pas l'achat d'une batterie.

Les transporteurs demandent de l'aide financière pour absorber des frais et demeurer rentables, ce qui n'est pas le cas d'Autobus Laval avec son projet électrique.

Luc Lafrance interpelle le gouvernement ou Hydro-Québec pour aider les compagnies à faire ce virage.

Un autobus scolaire électrique.

Un autobus scolaire électrique de la marque Lion, basée dans les Laurentides, au Québec.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Encore du diesel

Un autre enjeu : le chauffage en hiver. L'autobus électrique consomme tout de même du diesel pour garder les élèves au chaud. Ils ont gardé quand même cette portion-là au diesel, explique M. Girard, concernant l'enjeu de la performance.

Questionné à savoir s'il referait le virage électrique, Nicolas Girard est sceptique.

Pour l'instant, j'aurais un gros bémol. Très gros... Je pense qu'on aurait révisé le projet.

Les autobus au propane

Si vous avez déjà croisé sur votre route un autobus jaune ayant un pare-chocs vert, c'est qu'il est propulsé au propane. Depuis moins de cinq ans, l'arrivée d'une nouvelle technologie a permis à ce modèle de revenir sur le marché. Il y en a 500 en circulation au Québec, selon la Fédération des transporteurs par autobus.

Un autobus scolaire fonctionnant au propane.

Les autobus scolaires fonctionnant au propane sont facilement identifiables par leurs pare-chocs verts.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Par rapport au diesel, c'est un peu plus fiable au niveau mécanique. Y'a moins de composantes. Ça chauffe plus rapidement. Et au niveau environnemental, c'est moins polluant, compare M. Lafrance.

Un autobus au propane peut réduire jusqu'à 25 % les émissions annuelles de gaz à effet de serre.

Les impacts de la COVID-19

Pour contrer le manque de travailleurs, les chauffeurs d'autobus scolaires qui seront restés en poste tout au long de l'année pourront recevoir une prime atteignant jusqu'à 2000 $ offerte par le ministère des Transports.

De leur côté, les autocaristes éprouvent certaines difficultés financières en raison des annulations de voyages. Ils espèrent toujours obtenir de l'aide gouvernementale pour survivre d'ici la reprise de leurs activités.

Et quoi encore ?

Pendant que la question du port de la ceinture est encore débattue, certains entrevoient déjà ce à quoi pourrait ressembler l'autobus du futur.

On parle de véhicules autonomes qui s'en viennent aussi. Des projets se font à gauche et à droite. Est-ce qu'on verra ça apparaître dans des localités dans 20 ans?, questionne M. Lafrance.

Un panneau d'arrêt avec deux feux clignotants rouge sur le côté d'un autobus scolaire.

Un panneau d'arrêt d'un autobus scolaire.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

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