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Découverte d'un crâne de Paranthropus robustus datant de 2 millions d'années

Un crâne sur fond noir.

Il s'agit du plus ancien spécimen connu de cette espèce cousine de l'Homo erectus, en quelque sorte.

Photo : Université La Trobe

Radio-Canada

Le crâne d’un mâle Paranthropus robustus a été découvert en Afrique du Sud par une équipe australienne de paléontologues.

Ces hominines vivaient il y a entre 2 millions et 1,2 million d’années dans ce qui est aujourd’hui le sud du continent africain.

Il s’agit du plus ancien spécimen connu et le mieux préservé jamais trouvé de l’espèce, affirme Jesse Martin, chercheur à l’Université La Trobe, à Melbourne, dans un communiqué.

Le crâne DNH 155 de face.

Le crâne DNH 155 de face.

Photo : Université La Trobe/Andy Herries

Cette espèce serait en quelque sorte la cousine d'Homo erectus que l’on pense être l’ancêtre direct d'Homo sapiens, l’humain moderne.

Paranthropus robustus 101

  • Le premier fossile attribué à l'espèce a été découvert en Afrique du Sud en 1938.
  • Ce fut la seconde espèce d’hominine décrite après Australopithecus africanus en 1925.
  • Elle appartient au genre Paranthropus qui regroupe des espèces voisines, parfois qualifiées d’australopithèques robustes (P. aethiopicus, P. boisei, P. robustus).

Le Paranthropus robustus et l’Homo erectus sont deux espèces qui ont vécu à peu près à la même époque, mais la première s’est éteinte plus tôt que la seconde.

Le crâne complet a été découvert en 2018 à Drimolen, un site préhistorique situé au nord de la capitale sud-africaine, Johannesburg. Il a été trouvé à quelques mètres du crâne d’un enfant Homo erectus mis au jour en 2015.

Paranthropus robustus possédait de grosses dents et un petit cerveau.

Selon les chercheurs, la découverte est un exemple rare de microévolution au sein d’une espèce d’hominine primitive, montrant que Paranthropus robustus a évolué de manière progressive, peut-être sur des centaines de milliers d’années, en réponse aux changements environnementaux.

Le crâne DNH 155 montre le début d’une lignée très réussie qui a existé en Afrique du Sud pendant un million d’années, explique le professeur Andy Herries, de l’Université La Trobe.

Comme toutes les autres créatures sur Terre, nos ancêtres se sont adaptés et ont évolué en fonction du paysage et de l’environnement qui les entouraient pour rester prospères. Pour la première fois en Afrique du Sud, nous disposons des preuves morphologiques et de datation qui nous permettent de voir dans le temps de tels changements dans une ancienne lignée hominine.

Andy Herries, professeur et directeur du Département d'archéologie et d'histoire de l'Université La Trobe

Cette découverte pourrait nous conduire à revoir la classification et la compréhension de la paléobiologie des ancêtres humains, explique pour sa part Jesse Martin.

Paranthropus robustus et Homo erectus étaient des créatures très différentes.

Homo erectus, avec leur cerveau relativement gros et leurs petites dents, et Paranthropus robustus, avec leurs dents relativement grosses et leur petit cerveau, représentent des expériences évolutionnaires divergentes.

La Dre Angeline Leece, Université La Trobe

Les chercheurs pensent que Paranthropus robustus se nourrissait principalement de tubercules et d'écorces. Il aurait, selon eux, probablement évolué pour générer des forces plus élevées dans la mâchoire pour mordre et mastiquer ces aliments très durs.

Or, un environnement plus humide causé par les changements climatiques a pu réduire la quantité disponible de ce type de nourriture.

De son côté, Homo erectus, grâce à ses dents plus petites, se serait mieux adapté en mangeant à la fois des plantes et de la viande.

D’autres travaux permettront d’évaluer l’impact des changements environnementaux sur les populations des deux espèces.

Une chose est certaine : il y a 2 millions d'années, il semble que Paranthropus robustus était beaucoup plus commun qu’Homo erectus dans le paysage.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Ecology & Evolution (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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