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« Monsieur le Président, j'ai hâte de discuter avec vous », dit Joe Biden

Portrait de Joe Biden qui sourit en conférence de presse.

Le président désigné Joe Biden a été bombardé de questions sur le refus du président sortant de concéder la victoire.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Adoptant un ton mesuré, le président désigné Joe Biden a assuré, mardi, que le refus de l'administration Trump et du camp républicain de reconnaître sa victoire, trois jours après l'annonce faite par les médias, ne l'empêchait pas d'amorcer son travail pour être prêt à gouverner dès janvier.

Le démocrate avait convoqué la presse dans son État du Delaware pour défendre la loi sur les soins de santé abordables, que les républicains contestent en cour, mais l'attitude du président Trump et de ses alliés a monopolisé la période de questions.

Ça ne change pas du tout la dynamique de ce que nous sommes en mesure de faire, a-t-il assuré, à quelque 70 jours de l'investiture.

Interrogé sur ce qu'il dirait à Donald Trump s'il était à l'écoute, Joe Biden, projetant une image présidentielle, a simplement répondu : Monsieur le Président, j’ai hâte de discuter avec vous.

Sur le refus du 45e président de concéder la victoire, celui qui deviendra le 46e président a ajouté : Comment puis-je dire cela avec tact? Cela n'aidera pas l'héritage du président, qualifiant l'attitude de ce dernier d'embarrassante.

L'ancien vice-président, qui a livré dans son premier discours en tant que président désigné, samedi, un plaidoyer rassembleur à l'image de sa campagne, s'est en outre montré confiant de voir le camp républicain accepter sa victoire, se gardant de le critiquer.

Ils le feront, ils le feront, a-t-il dit en souriant, alors qu'une poignée d'élus républicains l'a jusqu'ici félicité pour son élection.

Je pense que tout le Parti républicain, à quelques exceptions près, se retrouve plutôt intimidé par le président en exercice.

Joe Biden, président désigné des États-Unis

Celui qui a siégé trois décennies au Sénat avant d'être vice-président a spécifié qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de parler au leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, l'appelant par son prénom et ajoutant qu'il le ferait dans un avenir rapproché.

La veille, le ténor républicain a défendu la décision du président sortant de contester devant les tribunaux l'élection de son rival démocrate.

Plusieurs dirigeants de pays alliés des États-Unis, dont le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le président français, Emmanuel Macron, ont déjà pris acte des résultats et appelé le candidat à la présidence démocrate élu pour le féliciter. Son équipe de transition a précisé qu'il s'était aussi entretenu avec les dirigeants de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l'Irlande.

Je leur laisse savoir que l’Amérique est de retour, a répondu Joe Biden à un journaliste qui lui demandait ce qu'il leur disait. Fait à noter : le premier ministre de l'Irlande, Micheál Martin, a publiquement indiqué qu'il avait déjà invité le président américain désigné.

Joe Biden a par ailleurs indiqué qu'il pourrait nommer les membres de son Cabinet au cours du mois.

La transition suit son cours malgré tout, du moins en partie

Même s'il ne dispose pas des ressources financières et logistiques que lui conférerait une reconnaissance de l'Administration des services généraux (GSA) – l'agence fédérale censée signer la documentation nécessaire pour faciliter le processus de transition –, le tandem Biden-Harris a amorcé son travail.

Selon les médias américains, l'équipe de transition de Joe Biden a déjà formé les équipes chargées de recueillir les renseignements pour naviguer dans l'appareil fédéral, assemblant une liste de 500 experts politiques sur diverses questions, allant de la diplomatie à l'exploration spatiale.

Lundi, il a lui-même rencontré le comité consultatif composé de scientifiques et d'experts en santé publique qu'il a mis sur pied en vue de l'aider à mettre en œuvre, dès janvier, un plan pour tenter de juguler la pandémie de COVID-19.

Le refus de la GSA n'en nuit pas moins à une passation des pouvoirs fluide et efficace. Ce processus permet notamment au président désigné et à son équipe de prendre connaissance des dossiers des différents départements et agences fédérales, et d'informations confidentielles essentielles au bon fonctionnement de la prochaine administration. C'est aussi ce qui permettrait à Joe Biden d'avoir accès aux informations de la communauté du renseignement.

Soutenu par ses alliés républicains du Congrès, le président Trump refuse de reconnaître le verdict des urnes, brandissant des fraudes massives qu'il n'a pas prouvées.

Son équipe de campagne a multiplié les recours judiciaires. Dans sa dernière requête en date, déposée lundi, elle réclame une injonction visant à empêcher la Pennsylvanie de certifier les résultats qui ont fait de Joe Biden le gagnant de l'État, et donc de l'élection.

Lorsque son équipe s'est présentée devant les caméras pour détailler la poursuite, le réseau Fox News a coupé court à la conférence de presse, affirmant ne pas vouloir être la courroie de transmission d'accusations explosives lancées sans preuve quant à l'intégrité de l'élection.

Dans un rapport préliminaire, une équipe d'observateurs de l'Organisation des États américains (OEA) invitée par l'administration Trump a vanté la conduite des élections et critiqué le président sortant pour avoir fait des allégations sans fondement liant les résultats à une fraude électorale.

Pompeo parle d'une « transition » vers un « deuxième » mandat Trump

Peu avant la conférence de presse du président désigné, le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a éludé les questions sur une éventuelle collaboration entre le département d'État et l'équipe Biden pour une transition du pouvoir – et sur les risques pour la sécurité nationale si elle tardait –, laissant entendre, en souriant, que cela ne serait pas nécessaire.

Il y aura une transition en douceur vers un deuxième mandat d'une administration Trump. Nous sommes prêts. Le monde regarde ce qui se passe.

Mike Pompeo, secrétaire d'État
Mike Pompeo, regardant les journalistes, la bouche entrouverte

Le secrétaire d'État, Mike Pompeo, s'est adressé mardi aux journalistes.

Photo : Reuters / Jacquelyn Martin

Le département d’État continuera à être fonctionnel aujourd’hui [...] et le 20 janvier, une minute après midi, moment de l'investiture du président, a assuré celui qui est l'image des États-Unis à l'étranger.

Je reçois des appels de partout dans le monde. Ces gens qui regardent nos élections, ils comprennent qu’il y a un processus légal, ils comprennent que ce processus prend du temps, a-t-il soutenu, malgré les félicitations de la communauté internationale adressées à Joe Biden, du Canada à la Nouvelle-Zélande en passant par l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

Selon le Washington Post, l'échange avec les journalistes a été par moments tendu, Mike Pompeo dénonçant même la question ridicule d'un journaliste portant sur l'incidence, à l'étranger, du refus du président Trump de reconnaître l'élection.

Cela ne diminue en rien la légitimité des efforts déployés par les Américains ailleurs dans le monde pour empêcher l'intimidation des électeurs et garantir des élections libres et équitables, a-t-il soutenu.

Même les alliés du président Trump, comme les premiers ministres israélien et indien ainsi que le roi et le prince héritier de l'Arabie saoudite, ont félicité le président désigné, Joe Biden.

Selon une agence de presse japonaise, un ministre japonais a évoqué, sur Twitter, une dictature, avant de supprimer son message.

Les dirigeants de la Russie, de la Chine, de la Corée du Nord et du Brésil, quant à eux, n'ont pas encore réagi.

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