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COVID-19 :  Habillez chaudement vos enfants pour l'école cet hiver

L'ouverture des fenêtres dans certaines classes représente une méthode utilisée en l'absence de ventilation mécanique dans les écoles.

La façade de l'école primaire Earl Beatty où se trouve l'entrée principale.

L'école primaire Earl Beatty du Conseil scolaire public anglais de Toronto.

Photo : Evan Mitsui/CBC

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des élèves pourraient devoir s’emmitoufler cet hiver pour limiter la propagation du coronavirus en classe. Alors que des centres de services scolaires demandent déjà aux jeunes d’apporter des survêtements pour ne pas avoir froid, des voix s'élèvent pour une stratégie de ventilation plus efficace que l'ouverture des fenêtres dans les écoles.

Malgré les temps froids, les mêmes recommandations de ventilation continuent de s’appliquer dans les écoles, confirme Véronique Gingras, conseillère en communication au Centre de services scolaire de la Capitale, à Québec.

Résultat : pendant le jour, les enseignants doivent ouvrir les fenêtres, même par temps froid, le plus souvent possible.

Le Centre de services scolaire de la Capitale prévoit déjà demander aux élèves d’apporter et porter au besoin un survêtement pour plus de confort.

Au Centre de services scolaire des Découvreurs, on précise que pendant les périodes de classe, lorsque la température extérieure le permet, [il faut] ouvrir quelque peu une ou des fenêtres, à plus ou moins 5 centimètres, notamment.

L'ouverture des fenêtres par temps froid est problématique, particulièrement durant la pandémie, car la ventilation devient essentielle pour limiter la propagation de la COVID-19, souligne le Parti libéral du Québec.

Je suis allé dans les écoles, témoigne la porte-parole en matière d’éducation au Parti libéral du Québec, Marwah Rizqy.

« Au mois d’octobre, il y a eu une journée où il a fait un petit peu plus froid, on avoisinait les zéro degré. On ouvre évidemment les fenêtres et les enfants avaient déjà froid. Imaginez à moins 20 degrés en plein mois de janvier. »

— Une citation de  Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent

Pour les écoles ventilées mécaniquement [qui n'ont donc pas à ouvrir les fenêtres en hiver], la programmation sera ajustée afin de maximiser l’apport d’air frais, indique la porte-parole du CS de la Capitale, Véronique Gingras.

Plusieurs de nos écoles, comme la majorité des écoles primaires au Québec, ne sont pas ventilées mécaniquement, nuance toutefois Marc Lalancette, conseiller en communication pour le CS des Découvreurs.

Stratégie efficace demandée

L’ouverture des fenêtres ne doit pas être la solution privilégiée par le gouvernement, estime la Fédération des syndicats de l'enseignement.

Il y a énormément d’écoles qui ont été construites dans les années 1970 et des classes n’ont même pas de fenêtre, déplore la présidente de la Fédération, Josée Scalabrini.

Dans une lettre envoyée au ministre de l’Éducation le 21 octobre, la Fédération demande au gouvernement de systématiser rapidement l’implantation de mesure d’aération et de ventilation dans toutes les écoles du Québec et d’assumer les coûts qui lui sont associés, afin d’échanger l’air cinq fois par heure.

Josée Scalabrini, en studio

Josée Scalabrini, présidente de la FSE-CSQ

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Pour éviter d’avoir comme seule solution l’ouverture des fenêtres dans certaines écoles, le gouvernement a annoncé une aide de plus de 20 millions de dollars pour l'entretien régulier des systèmes de ventilation.

Efficaces, les systèmes portatifs?

C’est primordial de ventiler au maximum des classes étant données la quantité d’élèves par classe, croit le docteur en physique des aérosols, Pierre Picard.

Le but ultime, selon lui, serait d’atteindre six changements d’air à l'heure dans toutes les classes du Québec.

Les aérosols produits par un étudiant atteint de la COVID-19 sont similaires à la fumée d’un fumeur. Il faut donc l’éliminer complètement de la pièce pour éviter la propagation du coronavirus.

Une bouche de ventilation, devant des fenêtres, à l'école secondaire Marguerite-De Lajemmerais, à Montréal.

Des espaces publics clos mieux ventilés pourraient-ils nous aider à contrer la propagation du coronavirus, notamment dans les salles de classe ou dans les CHSLD?

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour ce faire, il faudrait donc fort probablement plus qu’un appareil portable pour atteindre la cible, selon lui, particulièrement dans les classes où il n’y a pas de fenêtre.

On ne peut pas garantir que ce serait suffisant, croit le Dr Picard. Plus il y en a, meilleur c’est, ajoute-t-il, précisant que la présence ne serait-ce que d'un seul filtre à air portatif est mieux que rien.

Groupe d'experts

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a indiqué mardi avoir mis sur pied un comité d'experts qui se penche strictement sur la ventilation.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Christian Dubé était aussi présent lors de la conférence de presse qui s'est tenue à Montréal.

Photo : Ivanoh Demers

On va se pencher là-dessus, autant pour les écoles que pour les établissements, confirme le ministre.

« S’il faut agir, on va agir rapidement. Si on a besoin d’avoir des purificateurs d’air, de prendre des mesures temporaires qui vont sûrement être dispendieuses, c’est pour ça que j’ai demandé une mise à jour avec un comité d’experts pour être capable de regarder la ventilation pas uniquement dans les écoles, mais dans les différents établissements.  »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé

Je m’attends que cette expertise-là va nous donner un rapport très rapidement, ajoute le ministre.

Inventaire réclamé

Le Parti libéral du Québec demande à ce qu’un inventaire des besoins des écoles soit mené rapidement par le gouvernement Legault.

Je ne comprends pas que le ministre [Roberge] n’a pas fait l’état des lieux de l’ensemble des écoles pour vérifier là où on en a vraiment besoin et commencer à faire des commandes de ces filtreurs d’air portables, croit Marwah Rizqy.

Avec la collaboration de Camille Simard

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