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Se souvenir des vétérans autochtones

Des militaires autochtones posent en rang dans leur uniformes.

La participation des Autochtones aux deux guerres mondiales est une page d'histoire méconnue des Canadiens.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Saviez-vous que le cri avait été utilisé comme langage codé durant la Seconde Guerre mondiale? Nos archives rappellent la contribution souvent oubliée des militaires autochtones lors des deux guerres mondiales.

La participation autochtone au sein des troupes canadiennes est une réalité peu connue de l'ensemble de la population.

On estime qu’environ 10 000 membres des Premières Nations – exemptés de la conscription – se sont portés volontaires pour combattre aux côtés des Canadiens.

Au cours des différentes guerres menées par le Canada, des soldats autochtones ont servi comme tireurs d’élite et éclaireurs, mais aussi en tant que transmetteurs de codes.

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Téléjournal Alberta, 17 juillet 2015

Au Téléjournal Alberta du 14 juillet 2015, la journaliste Josée St-Onge revenait sur la contribution particulière des Cris de l’Alberta et de la Saskatchewan.

Durant la Seconde Guerre mondiale, des soldats autochtones comme Charles Checker Tomkins communiquaient en cri dans leurs messages radio à d’autres bases militaires.

La langue crie étant très complexe à décoder, ils pouvaient transmettre de l’information confidentielle aux Alliés sans craindre qu’elle soit interceptée par l’ennemi.

Le code de guerre en cri n’a jamais été brisé et le héros de guerre Charles Checker Tomkins n’a révélé la nature de son rôle que quelques années avant sa mort, en 2003.

Au moment du reportage, la documentariste Alexandra Lazarowich réalise un court-métrage pour illustrer le parcours de ce soldat originaire de Grouard, dans le nord de l’Alberta.

Son documentaire Cree Code Talkers vise à faire voyager cette page d’histoire méconnue.

Des souvenirs teintés d’amertume

Au printemps 1997, le Musée des arts de Moose Jaw inaugurait une exposition commémorant les faits d'armes des Autochtones qui se sont battus outre-mer.

Le journaliste Jean Sawyer recueillait à cette occasion quelques témoignages de vétérans autochtones. Des témoignages empreints d’un sentiment de solidarité et de fierté, mais aussi d’amertume.

Son reportage diffusé à l’émission Le Point du 28 mai 1997 dresse l'histoire de la participation des membres des Premières Nations lors des deux guerres mondiales, de la guerre de Corée et d’autres conflits armés.

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Le Point, 28 mai 1997

Même si les traités signés avec la Couronne britannique stipulent que les Autochtones ne sont pas obligés de se battre pour les Blancs, plusieurs décident de s'enrôler pour aller défendre leur nouveau pays contre les Allemands, souligne le journaliste Jean Sawyer.

Dans les tranchées, les soldats autochtones combattaient d’égal à égal avec les soldats blancs.

Il n'y avait pas de discrimination. Nous avions les mêmes possibilités de promotion, souligne un vétéran autochtone, qui dénonce toutefois le manque de reconnaissance du gouvernement canadien par la suite.

Car, à leur retour au Canada, les combattants des Premières Nations étaient renvoyés dans leurs réserves sans aucune forme de compensation.

Les vétérans autochtones n’ont pas eu accès à tous les programmes offerts aux anciens combattants, tels que l’octroi de terres de la Couronne et des prêts à taux préférentiel.

À moins de renoncer à leur statut d’Indien, ils ne pouvaient de fait acheter une terre hors de leur réserve ni la quitter sans permis.

Depuis la fin de ces grands conflits, les anciens combattants des Premières Nations attendent des excuses du gouvernement fédéral pour les mauvais traitements qu'ils ont subis, conclut le journaliste dans ce reportage en 1997.

Ce n’est qu’en 2003 – soit près de vingt ans après le rapport sénatorial dénonçant leur situation – que les vétérans autochtones obtiendront des excuses publiques et des indemnisations du gouvernement du Canada.

Des langues à préserver

C’est une statistique alarmante. Si aucune mesure n'est adoptée, seulement 3 langues autochtones sur 70 vont survivre au Canada.

L'animatrice Céline Galipeau
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Téléjournal, 30 janvier 2019

En 2019, le gouvernement canadien adoptait la Loi sur les langues autochtones (C-91).

Un outil pour préserver la culture autochtone, mais aussi pour reconnaître son importance dans l'histoire canadienne, notamment lors de la Seconde Guerre mondiale

C’est ce que souligne la journaliste Madeleine Blais-Morin dans ce reportage au Téléjournal du 30 janvier 2019.

La journaliste s’entretient avec le vétéran autochtone Louis Levi Oakes qui a utilisé sa langue maternelle, le mohawk, pour traduire des messages de l’armée américaine.

En 2019, il reste moins de 2500 locuteurs de cette langue autochtone au pays.

La fille de Louis Levi Oakes n’a d’ailleurs pas pu pratiquer la langue mohawk, car elle était punie physiquement si elle la parlait en classe.

La Loi sur les langues autochtones vise à corriger les torts du passé, mais aussi à les faire connaître.

Le député fédéral Marc Miller, interviewé dans ce reportage, a ainsi prononcé aux Communes un premier discours en mohawk, et il s’efforce de faire parvenir à nos oreilles des histoires comme celles de la famille Oakes.

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