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Une députée fédérale quitte le caucus libéral après avoir embauché sa sœur

Yasmin Ratansi à la Chambre des communes.

La députée Yasmin Ratansi représentait la circonscription de Don Valley-Est pour les libéraux depuis 2015.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

La députée libérale de Don Valley-Est, à Toronto, Yasmin Ratansi, démissionne du caucus de Justin Trudeau, après avoir admis qu'elle avait donné un emploi à sa sœur. Selon CBC, la pratique durait depuis des années.

Dans une déclaration publiée sur Facebook, lundi soir, la députée fédérale reconnaît avoir « commis une erreur » en embauchant sa sœur à son bureau de circonscription et en la payant avec des fonds publics.

Elle ajoute avoir informé le premier ministre et le président de la Chambre des communes de sa décision.

Mme Ratansi a offert ses excuses aux citoyens de sa circonscription et affirme vouloir continuer à siéger comme indépendante.

Cette affaire a été soumise au Commissariat aux conflits d'intérêts et à l'éthique. Yasmin Ratansi dit attendre les recommandations qui seront formulées.

Mme Ratansi représente Don Valley-Est aux Communes de façon continue depuis 2015. Elle avait été élue pour la première fois à Ottawa en 2004, mais avait été défaite en 2011, avant de regagner le siège quatre ans plus tard.

Un faux nom

La démission de Mme Ratansi du caucus libéral a été annoncée un peu plus de 30 heures après que CBC eut demandé à son bureau de réagir à des allégations selon lesquelles sa sœur utilisait un prête-nom et que la députée avait demandé à son personnel de dissimuler le lien de parenté.

Selon six ex-employés de la députée interrogée par CBC, sa sœur Zeenat Khatri travaillait comme adjointe de circonscription au bureau de Mme Ratansi depuis plusieurs années. Elle l'aurait employée de 2005 à 2011 avant de la réembaucher en 2017.

Avant 2012, les règles parlementaires empêchaient un député d'embaucher un membre de sa famille immédiate, comme son conjoint ou ses enfants, mais pas un frère ou une sœur. Le règlement a toutefois été modifié en 2012 pour inclure les frères et sœurs.

À partir de 2017, Mme Ratansi aurait demandé à des employés d'appeler sa sœur Jenny plutôt que Zeenat, selon les sources anonymes de CBC. CBC et Radio-Canada ont accepté de protéger leur identité, parce qu'ils craignent des répercussions négatives pour leur carrière.

Mme Kathri était d'ailleurs identifiée sous le nom de Jenny sur une carte professionnelle vue par CBC News.

Selon plusieurs ex-employés, Zeenat Kathri se réfugiait dans une petite pièce à l'écart lorsque des membres du public entraient dans le bureau de circonscription afin d'éviter d'être reconnue.

Le fait qu'elle ait embauché sa sœur en violation des règles... ce n'est pas bien, ce n'est pas éthique et c'est un mépris flagrant des règles, dit un ex-employé.

Certains anciens employés racontent à CBC qu'ils étaient au courant, mais ne dénonçaient pas la députée par crainte de perdre leur emploi. D'autres affirment qu'ils n'ont jamais su que les deux femmes étaient sœurs.

Pour sa part, le whip en chef du gouvernement libéral, Mark Holland, admet que c'est « un jour très difficile ». Nous essayons d'avoir un système et des procédures rigoureuses en place, mais dans ce cas-ci, ça n'a pas été détecté et il reviendra au commissaire à l'éthique de déterminer quelles sont les mesures de restitution appropriées, dit-il.

Une ambiance de travail tendue

Certains anciens employés de Mme Ratansi ont aussi affirmé à CBC News qu'elle était une patronne agressive qui émettait des commentaires offensants. On l'accuse d'y avoir créé un environnement toxique et verbalement abusif. Ces anciens membres du personnel affirment que Mme Ratansi a maltraité certains employés en criant, en insultant leur apparence et en ridiculisant publiquement leur travail. C'était comme marcher sur des œufs chaque jour, a déclaré un ancien employé. Tu entrais au travail en sachant qu'elle allait crier… Qu'elle allait tomber sur quelqu'un et tu espérais t'en tirer ce jour-là. CBC News a accepté de protéger l'identité des sources, qui disent craindre de nuire à leur carrière et des représailles de la part de Mme Ratansi elle-même. Plusieurs sources ont déclaré que, lorsque des électeurs des communautés sud-asiatiques appelaient au sujet de cas d'immigration, Mme Ratansi disait au personnel d'arrêter de travailler sur certains de leurs dossiers parce qu'elle estimait que les personnes impliquées n'étaient pas dignes de confiance ou avaient suggéré qu'elles avaient menti en raison de leur appartenance ethnique.

Mme Ratansi n'a pas répondu à la demande de commentaires de CBC News soumise dimanche, malgré des demandes répétées.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC News

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