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COVID-19 : quatre questions sur le vaccin de Pfizer

Une dame masquée passe devant le logo de l'entreprise.

L'action de Pfizer a gagné plus de 7 % le jour de l'annonce des résultats préliminaires de son candidat vaccin.

Photo : Reuters / Carlo Allegri

Radio-Canada

Si le milieu scientifique a globalement salué l’annonce de l’efficacité à 90 % du candidat vaccin des entreprises Pfizer et BionNTech, plusieurs de ses membres invitent à la prudence. Voici ce que l’on sait pour l’instant, et quelles zones d'ombres nécessitent encore des éclaircissements.

1. Les résultats sont-ils bons?

Une efficacité à 90 % c'est très, très bon. C'est ce qu’on recherche dans un vaccin, explique la docteure Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au CHUM, en rappelant que le vaccin contre la rougeole, par exemple, est efficace à environ 95 %.

On avait peur de devoir se contenter d’un vaccin [...] efficace à 50 %. Ça aurait été quand même correct, mais ça aurait pris beaucoup plus de temps pour endiguer l’épidémie, a-t-elle ajouté.

Elle précise, tout comme Nicolas Brousseau, médecin à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qu’il faut rester prudent.

Ce ne sont pas des données publiées dans un journal et révisées par des pairs, c’est simplement un communiqué de presse. Il y a encore plusieurs inconnues.

Nicolas Brousseau, médecin à l'INSPQ

En entrevue à l’émission Le 15-18, le Dr Brousseau souligne qu’on saura dans le prochain mois le degré d’efficacité par tranche d’âge, ainsi que la durée de la protection, puisque les résultats préliminaires dévoilés aujourd’hui le sont pour des patients volontaires qui ont été vaccinés il y a seulement deux mois.

2. Quand va-t-on commencer à être vacciné?

On s’attend à ce que ça arrive normalement dans les trois premiers mois de 2021, a déclaré lundi le premier ministre canadien, Justin Trudeau, au sujet du vaccin. Évidemment, on va commencer avec des populations prioritaires, mais on devrait en avoir de plus en plus au fil des mois, a-t-il ajouté.

Pfizer et son partenaire se disent capables de produire jusqu'à 50 millions de doses de vaccins dans le monde en 2020 et jusqu'à 1,3 milliard de doses en 2021.

Ils se sont déjà engagés à fournir un minimum de 20 millions de doses au Canada. Cela permettrait, une fois le vaccin homologué par Santé Canada, d'immuniser 10 millions de personnes, puisque la vaccination comprend deux doses.

Reste à voir où le Canada se situe dans la liste d’attente des clients.

Le meilleur des scénarios [pour une vaccination de masse], ce serait la fin de l’hiver, le début du printemps, si le vaccin répond aux critères de [l'agence de régulation américaine] Food and Drug Administration. Je penche plus pour le mois de mai, compte tenu de toute la logistique nécessaire.

Nathalie Grandvaux, directrice du Laboratoire de recherche sur la réponse de l’hôte aux infections virales au Centre de recherche du CHUM
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Un vaccin bientôt ?

3. Et les autres vaccins?

Plus d’une demi-douzaine de candidats vaccins sont actuellement dans la troisième et dernière phase de tests, dont celui de Moderna qui utilise la même méthode. Si on peut avoir trois ou quatre autres vaccins rapidement, ça augmenterait le nombre de doses disponibles pour les gens, mentionne le Dr Nicolas Brousseau de l'INSPQ.

Les sept vaccins commandés par le Canada auprès de différentes entreprises couvrent une gamme très large en termes d’approches vaccinales et c’est ce qu’il fallait, note de son côté le Dr Gary Kobinger, directeur du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval.

À long terme, les vaccins les moins coûteux, les plus stables et ayant le moins d’effets secondaires vont être probablement sélectionnés, a-t-il ajouté en entrevue à En direct avec Patrice Roy.

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Vaccin contre la COVID-19 : entrevue avec Gary Kobinger

4. La vaccination sera-t-elle longue et compliquée?

Bien sûr, le personnel soignant et les populations à risque seront privilégiés, mais lors de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), on était arrivés à vacciner la moitié de la population en moins de neuf mois, mentionne le Dr Nicolas Brousseau. Néanmoins, dans le cas de la grippe A (H1N1), une seule dose était nécessaire.

Quant au fait que le candidat vaccin de Pfizer nécessite d’être gardé à -70°C, le Dr Gary Kobinger mentionne que cela compliquera un peu la logistique. Le vaccin pour l’Ebola a été donné avec succès à des centaines de milliers de personnes en pleine brousse grâce à l’ajout de congélateurs, souligne-t-il.

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