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Nouvelles frictions entre Québec et Ottawa sur le racisme systémique

Québec dénonce l'attitude du gouvernement Trudeau de vouloir imposer une politique nationale de lutte contre le racisme systémique. Ottawa s'insurge.

François Legault discute avec Nadine Girault en marchant dans un couloir de l'Assemblée nationale.

Nadine Girault a décliné une invitation du fédéral pour parler de la lutte contre le racisme systémique. Le gouvernement Legault refuse l'idée d'une politique nationale sur ce sujet.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La ministre québécoise de l'Immigration, Nadine Girault, a décidé de ne pas participer à une rencontre fédérale cette semaine visant à évoquer les droits de la personne au Canada.

Cette rencontre, virtuelle, se tient jusqu'à mardi et rassemble notamment des ministres fédéraux et provinciaux, mais aussi des représentants des territoires.

Cependant, selon le bureau du premier ministre François Legault, l'issue de cet événement politique serait déjà scellée et un communiqué devrait être publié pour évoquer une politique nationale de lutte contre le racisme systémique.

Québec, qui refuse de reconnaître ce terme, contrairement à Justin Trudeau, refuse ainsi de se voir imposer un tel plan national. Ce n'est pas de leurs affaires, glisse-t-on dans l'entourage de François Legault.

À la place de la ministre Girault, un haut fonctionnaire a ainsi été mandaté pour représenter la province, ajoute-t-on, en précisant que le Québec diffusera son propre communiqué.

Le Québec agit de manière autonome sur son territoire et à l’international, particulièrement en matière de défense des droits de la personne.

Flore Bouchon, porte-parole de Nadine Girault

Québec souligne que l'Alberta et la Saskatchewan ont elles aussi décidé d'être observatrices à cette conférence.

Archi faux, réplique Ottawa

Le gouvernement de Justin Trudeau s'insurge contre les justifications évoquées par l'équipe de François Legault. C'est archi faux, clame le ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, l'un des trois ministres fédéraux présents à cette conférence, qui se tient pour la première fois depuis 2017.

En entrevue à Radio-Canada, ce dernier ne mâche pas ses mots. Il n'est pas question d'une politique, d'un standard national. On a une conversation sur le racisme systémique, explique-t-il.

C'est un partage, un échange des meilleures pratiques, pour voir comment on peut travailler ensemble, reprend le ministre montréalais.

C'est faux de dire qu'on veut imposer quoi que ce soit. Je ne sais pas où le premier ministre Legault est allé chercher ça.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien

Québec fait des choses aussi, Québec a des défis, assure Steven Guilbeault. Personne n'est arrivé là en disant : "Nous, on a tout compris du racisme systémique et on a tout réglé ça". Je trouve ça décevant qu'on ne puisse pas avoir une conversation avec eux là-dessus.

Amnistie internationale a de son côté fermement dénoncé l'attitude du gouvernement Legault.

Dans un communiqué de presse, l'organisme déplore qu’à cause de son déni du racisme systémique, le gouvernement du Québec se retire complètement de cette rencontre qui représente une occasion unique pour l’ensemble des ministres responsables des droits [de la personne] au Canada de se concerter et d’agir, comme si aucun des enjeux n’avait de réelle importance pour le Québec, pas même les droits des peuples autochtones.

C’est vraiment gênant, voire honteux, a mentionné France-Isabelle Langlois, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone.

Avec la collaboration de Sébastien Bovet et Micheline Laflamme

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