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Trump en cour pour bloquer la certification des résultats en Pennsylvanie

Fox News a coupé court à la conférence de presse du camp Trump lundi, prétextant ne pas vouloir être la courroie de transmission d'« accusations explosives » lancées sans preuve quant à l'intégrité de l'élection.

Kayleigh McEnany, à l'avant-plan, devant des drapeaux américains et derrière une affiche disant « Trump-Pence, Rendons à l'Amérique sa grandeur », entourée de Ronna McDaniel à sa gauche et de Matthew Morgan à droite, s'adresse aux journalistes.

La porte-parole de la Maison-Blanche, à l'avant-plan, agit aussi comme conseillère de la campagne Trump, une pratique inhabituelle.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

Refusant de concéder la victoire, le camp Trump s'est de nouveau tourné vers les tribunaux, cette fois pour réclamer entre autres une injonction visant à empêcher la Pennsylvanie de certifier les résultats qui ont fait de Joe Biden le gagnant de l'État, et donc de l'élection.

Dans une requête d'une centaine de pages, ses avocats dénoncent un système à deux vitesses entre les électeurs ayant voté en personne, majoritairement républicains, et les électeurs qui ont voté par la poste, en très grand nombre démocrates.

L'instauration du système de vote par correspondance est selon eux illégal et manque de transparence et de vérifiabilité. Il viole en outre la Constitution parce qu'il prévoit davantage de supervision pour le vote en personne, arguent-ils.

Plusieurs États, dont la Pennsylvanie, ont instauré le vote postal ou l'ont élargi dans la foulée de la pandémie.

Les responsables chargés de garantir l'intégrité des élections en Pennsylvanie, ont si mal géré le processus électoral que personne – ni les électeurs, ni la campagne du président Trump – ne peut croire que les droits les plus sacrés et les plus fondamentaux que leur confère la Constitution des États-Unis sont protégés.

Extrait de la poursuite

Au cours d'une conférence de presse consacrée à l'annonce de cette nouvelle poursuite, la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, qui parlait à titre de conseillère de la campagne Trump – un double rôle inhabituel –, a accusé les démocrates d'être ouverts à la fraude électorale.

Nous voulons que tous les votes légaux soient comptés et que tous les votes illégaux soient rejetés, a-t-elle déclaré, faisant écho aux allégations lancées sans preuve par le président, qui associe le comptage des bulletins de vote postal à des fraudes massives.

Fox News coupe abruptement la diffusion de la conférence de presse

Fait digne de mention, le réseau Fox News a immédiatement interrompu la conférence de presse du camp Trump. Woh, wô, wô! a réagi Neil Cavuto, je pense que nous devons être très clairs. Elle accuse l'autre partie de se réjouir de la fraude et d'être ouverte aux votes illégaux. À moins qu'elle puisse étayer ses dires, je ne peux pas, en toute conscience, continuer à vous montrer cela.

Le chef d'antenne a expliqué que le réseau ne pouvait pas se faire la courroie de transmission de telles accusations explosives si aucune preuve n'était présentée. Ironiquement, les commentateurs qui règnent sur les ondes de Fox News en fin de soirée relaient pourtant ces mêmes allégations en les présentant comme vraies.

En soirée, le procureur général de la Pennsylvanie, Josh Shapiro, un démocrate, s'est fait rassurant sur Twitter. Il ne s'agit que d'une nouvelle tentative de l'équipe de la campagne de Donald Trump pour rejeter les votes légaux, a-t-il écrit, ajoutant que son équipe s'y attendait.

Dormez bien. Nous protégerons les lois de notre Commonwealth et la volonté du peuple.

Josh Shapiro, procureur général de la Pennsylvanie

Cette poursuite s'ajoute à celles déjà intentées contre la Pennsylvanie, mais aussi d'autres États, soit le Michigan, la Georgie et le Nevada.

De façon générale, les requêtes des républicains ont pour objectif de faire cesser le dépouillement ou contestent la façon dont il se déroule.

Si les recours de M. Trump ne sont pas épuisés, ses arguments n'ont pour l'instant pas convaincu les tribunaux. En Georgie et dans le Michigan, les juges ont déjà débouté les plaignants.

Ce que sa campagne associe à un vaste mouvement de fraude est en fait la suite du dépouillement des urnes, un processus habituel que les États ne terminent jamais le soir même de l'élection. Aucune irrégularité majeure n'a été rapportée.

Les médias américains ont annoncé la victoire de Joe Biden samedi matin, immédiatement après avoir projeté sa victoire en Pennsylvanie, qui avec ses 20 grands électeurs, a fait basculer le Collège électoral dans son camp, quatre jours après l'élection.

En 2016, les médias avaient annoncé, en pleine nuit, la victoire de Donald Trump, même si la course était serrée dans une poignée d'États.

Barr donne le feu vert à des enquêtes

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Bill Barr gesticule assis à une table.

Le point sur les contestations judiciaires du scrutin aux États-Unis

Photo : Getty Images / Pool

Le procureur général de la Justice, Bill Barr, un des alliés les plus fidèles du président Trump, a par ailleurs autorisé les procureurs fédéraux à ouvrir, avant la certification des résultats par les États, d'éventuelles enquêtes sur des allégations d'irrégularités claires et apparemment crédibles qui pourraient potentiellement avoir un impact sur le résultat d'une élection fédérale dans un État.

Rien ici ne doit être considéré comme une indication que le département a conclu que les irrégularités de vote ont eu un impact sur le résultat de toute élection, précise-t-il toutefois dans un mémorandum obtenu en premier par l'Associated Press.

Si les allégations sérieuses doivent être traitées avec beaucoup de soin, les réclamations spéculatives, fantaisistes ou farfelues ne doivent pas servir de base à l'ouverture d'enquêtes fédérales, a-t-il prévenu.

Pour que les poursuites modifient les résultats électoraux, le camp Trump devrait réussir à invalider des dizaines de milliers de voix non pas dans un seul État, mais dans quatre ou cinq d'entre eux pour franchir le seuil des 270 grands électeurs nécessaire à la présidence.

Les États ont jusqu'au 8 décembre pour résoudre les litiges électoraux, ce qui inclut à la fois les nouveaux dépouillements et les contestations judiciaires. En vertu de la Constitution, les membres du Collège électoral se réuniront le 14 décembre pour finaliser les résultats.

McConnell appuie la croisade judiciaire de Trump

Si le président désigné Joe Biden leur a tendu la main dans sa première allocution depuis sa victoire, samedi, les républicains du Congrès, dont le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, persistent, sauf exception, dans leur refus de reconnaître son élection.

Alors qu'une poignée d'élus républicains a félicité le candidat démocrate pour sa victoire, le ténor de la formation au Congrès a défendu la décision du président sortant de contester devant les tribunaux l'élection de son rival démocrate.

Portrait de Mitch McConnell.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, le 9 novembre 2020

Photo : Reuters

Les résultats sont préliminaires, a-t-il soutenu lorsqu'il a pris la parole dans l'enceinte du Sénat, lundi, après s'être pourtant réjoui des victoires des élus républicains des deux Chambres.

Examiner les allégations d'irrégularités et peser ses options juridiques est 100 % dans ses droits, a-t-il affirmé.

Que ceux qui viennent de passer quatre ans à refuser la validité de la dernière élection ne fassent pas de sermon sur la façon dont le président devrait immédiatement, accepter allègrement les résultats préliminaires des élections, a ajouté le sénateur du Kentucky.

Si elle avait visiblement eu de la difficulté à accepter la défaite, la démocrate Hillary Clinton avait concédé la victoire au lendemain de l'annonce par les médias, tombée dans la nuit, appelant ses partisans à donner une chance à Donald Trump.

Les dirigeants républicains doivent condamner sans équivoque la rhétorique du président et s'employer à assurer le transfert pacifique du pouvoir, a de son côté plaidé le leader de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer.

Depuis l'annonce de la victoire de Joe Biden, samedi matin, plusieurs républicains, dont des candidats pressentis à l'investiture républicaine en 2024, ont accrédité la thèse du président, même si Donald Trump n'a pas avancé de preuves pour étayer ses accusations. D'autres ont préféré se garder de commenter ou se sont bornés à affirmer qu'il fallait compter tous les votes légaux.

Au sein du camp républicain au Sénat, seuls Mitt Romney (Utah), Lisa Murkowski (Alaska) et Ben Sasse (Nebraska), auxquels s'est jointe lundi la sénatrice du Maine Susan Collins, ont publiquement félicité Joe Biden pour sa victoire.

À la Chambre, un représentant républicain de l'Illinois, Adam Kinzinger, a condamné vivement la propagation de désinformation qui a été démentie. Ça devient insensé, a-t-il écrit sur Twitter.

Les contestations judiciaires et l'attitude des républicains n'empêchent pas le président désigné d'amorcer son travail lié à la transition. Pendant la journée, Joe Biden a par exemple annoncé la mise en place d'un « comité consultatif », composé de scientifiques et d'experts en santé publique, pour tenter de juguler la pandémie de COVID-19.

Avec les informations de Reuters, et Washington Post

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