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Le boys club, de Martine Delvaux, remporte le Grand Prix du livre de Montréal

La femme pose à l'extérieur, cheveux bouclés au vent.

L'autrice et professeure Martine Delvaux

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Radio-Canada

L’essai féministe de la professeure Martine Delvaux Le boys club a mérité l’un des prix littéraires les plus attendus du Québec : celui du Grand Prix du livre de Montréal, remis de façon virtuelle lundi.

L’œuvre de Martine Delvaux a été sélectionnée parmi les 186 titres soumis par les maisons d’édition cette année. Le prix est accompagné d'une bourse de 15 000 $.

Je suis extrêmement heureuse et touchée qu’on m’accorde ce prix pour ce livre. [...] Je considère qu’on m’accorde le droit de continuer à suivre ma ligne. Je creuse ce sillon et je veux penser le monde d’un point de vue féministe. Ce prix me dit de continuer et de ne pas lâcher, a réagi Martine Delvaux en entrevue avec la chroniqueuse culturelle du 15-18, Catherine Richer.

L’autrice rappelle qu’elle a écrit ce livre entre les différentes vagues de dénonciations d’agressions sexuelles survenues dans le monde entier, notamment en Amérique du Nord.

En fait, ce qui me fait encore plus plaisir, c’est qu’au moment où je reçois ce prix, Trump est mis à la porte de la Maison-Blanche. C’est quand même fabuleux. Et il y a un chapitre de ce livre qui lui est consacré. [...] J’ai souvent dit que je n’avais pas eu envie d’écrire ce livre, mais que j’en avais senti la nécessité, voire l’obligation.

Martine Delvaux

D’ailleurs, pour Martine Delvaux, son livre est un outil de diagnostic qui permet de repérer la figure du boys' club dans toutes les sphères de la vie, privée ou professionnelle. J’ai eu beaucoup de témoignages de femmes qui ont parlé de boys' club dont elles ont fait l’expérience dans leur vie, et on continue à le dénoncer dans la sphère publique, donc ce livre continue à faire des petits. Et on voit, dans l’espace politique, des femmes qui font l’objet de haine différente. On n’accepte pas si facilement leur place en politique, dit-elle.

Un livre critiqué

La professeure de littérature rappelle qu’en publiant un tel livre, elle a également prêté flanc aux critiques, même si on peut considérer que le Québec est avant-gardiste en matière de féminisme. J’ai aussi été l’objet de haine. Et il reste un sexisme, une misogynie latente dont on est témoin quotidiennement, en particulier dans le milieu politique, souligne-t-elle.

Couverture de livre.

« Le boys club », de Martine Delvaux

Photo : Remue-Ménage

Martine Delvaux se défend bien d’avoir écrit un manifeste antihommes. Je m’intéresse à une figure, à une manière dont le pouvoir s’organise entre hommes et qu’ils se partagent certains éléments de pouvoir. J’ai été mal comprise, précise l'autrice.

Martine Delvaux croit qu’on ne prend pas la peine d’écouter le discours féministe et qu’on l’accuse trop rapidement de tous les maux : Dans les faits, ce n’est pas mérité, et il y a un profond malentendu.

L’autrice entend continuer à faire passer le message féministe par différents moyens. En ce moment, elle écrit un scénario de film qui a obtenu le financement de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) en août dernier. Le drame psychologique Le bonheur sera produit par Max Films.

Elle porte une blouse noire. Elle a les cheveux mi-longs et roux. Elle porte des lunettes à monture noire.

Martine Delvaux

Photo : Pamplemousse média / Catherine Forget

Parallèlement à tout cela, Martine Delvaux est inquiète des effets de la pandémie sur le monde, en particulier sur les femmes. J’ai l’impression qu’il y a eu une redomestication des femmes, qui s’est faite de manière insidieuse, dit-elle. J’espère qu’on va réussir à ne pas y succomber et que les préposées aux bénéficiaires seront mieux traitées et mieux reconnues.

Les finalistes au Grand prix du livre de Montréal étaient : Kaie Kellough, pour son recueil de nouvelles Dominoes at the Crossroads; Pierre Nepveu, pour son recueil de poésie L’espace caressé par ta voix; Patrick Nicol, pour son roman Les manifestations; et Pierre Samson, pour son roman Le mammouth.

Présidé par l’écrivain Michael Delisle, le jury était composé de l’écrivaine Marie-Célie Agnant, du libraire et gérant de la librairie Drawn & Quarterly Luke Langille, de la traductrice littéraire Karen Isabel Ocaña, du professeur et chercheur à l’Université d’Ottawa Pierrot Ross-Tremblay et de la poète Chloé Savoie-Bernard.

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