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Le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Photo : Radio-Canada / John Naïs

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement du Québec a annoncé lundi après-midi que l’Estrie passera en zone rouge le jeudi 12 novembre. La forte augmentation des cas des derniers jours a poussé les autorités à mettre en place des mesures plus strictes pour limiter la propagation de la COVID-19.

L’Estrie avait été épargnée au cours des dernières semaines. Alors que toutes les régions avoisinantes étaient désormais rouges, l’Estrie était demeurée dans la zone orange depuis la fin septembre.

C’est notamment le nombre de cas élevé pendant plusieurs jours et dans tous les secteurs de l’Estrie qui a justifié cette décision, comme l’explique le Dr Alain Poirier, directeur de la santé publique en Estrie. Les cas ont parfois frôlé le double du seuil de la zone rouge, établi à une cinquantaine de cas par jour pour l’Estrie. 

La soixantaine de lieux d’éclosion ainsi que la proportion de personnes atteintes de la maladie lors du dépistage, avoisinant parfois les 7%-8%, ont aussi contribué au passage au rouge. 

Certains auraient aimé que la région soit sous-divisée en différentes zones de couleurs, selon le nombre de cas dans chacun des secteurs. Le Dr Poirier a toutefois rapporté que les régions qui avaient procédé de cette façon se sont finalement retrouvées entièrement dans la zone rouge. 

De nouvelles règles en vigueur

En passant en zone rouge, les Estriens devront mettre fin aux rassemblements intérieurs. Les personnes vivant seules auront toutefois le droit de recevoir une seule personne, préférablement toujours la même, chez elles.

Le passage au seuil d’alerte maximale forcera aussi la fermeture des salles à manger des restaurants. Les restaurateurs pourront maintenir leur service de plats à emporter, de livraison et de commandes au volant.

Les salles d'entraînement devront fermer leurs portes et les sports organisés devront aussi cesser leurs activités.

Pour ce qui est des écoles, toutes les activités parascolaires ainsi que les sorties seront suspendues, autant pour les écoles primaires que secondaires.

Les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire ne se rendront en classe qu’un jour sur deux. Le reste des activités pédagogiques se fera à la maison, de façon virtuelle.

À noter que les mesures concernant le milieu scolaire et sportif n'entreront en vigueur que le vendredi 13 novembre.

Des propriétaires déçus, mais peu surpris

Ce changement de couleur a de quoi décevoir les propriétaires de salles de sport et de restaurants qui avaient mis en place de nombreuses mesures pour répondre aux exigences de la santé publique.

C’est décevant. On pensait qu’on allait être épargné, ça allait bien dans les dernières semaines, se désole le copropriétaire du ProGym de Sherbrooke, Raphaël Jolicoeur. On prend ça difficilement, on a mis beaucoup d’efforts pour pas que ça ferme.

Le propriétaire soutient que ses clients sont prudents et qu’aucune éclosion n’a eu lieu dans les salles de sport. Il ne peut qu’anticiper les impacts financiers majeurs que cette deuxième fermeture aura sur sa salle d'entraînement.

Même son de cloche au resto-bar chez Stanley. Toutefois, pour le propriétaire Luc Laplante, cette annonce n’est pas étonnante : Je m’y attendais. On avait beaucoup de clients de l’extérieur qui descendaient.

« On va se revirer de bord et on va trouver une solution. On va vivre avec, on n’a pas le choix. »

— Une citation de  Luc Laplante, propriétaire resto-bar Chez Stanley

Puisqu’il prévoyait le passage en zone rouge, le restaurateur a préparé le coup. Ses services de mets à emporter et de livraison sont prêts à répondre à la demande. Le restaurateur espère que les commandes seront assez nombreuses pour éviter la mise à pied de membres de son personnel.

Malgré tout, Luc Laplante tente d’être optimiste. Il profitera de cette fermeture de la salle à manger pour procéder à des rénovations.

Les arts durement touchés

Pour le domaine des arts et spectacles, ce passage en zone rouge ne se fera pas sans heurts.

La présidente du Conseil de la culture de l’Estrie, Sylvie L. Bergeron, croit que les mesures sanitaires auront surtout un impact sur les artistes autonomes et les travailleurs culturels autonomes, qui sont dans une craque.

Bien que les organismes culturels soient bien soutenus, Sylvie L. Bergeron constate que les activités seront ralenties et qu’elles seront plus complexes à organiser. C’était déjà compliqué, ça va l’être davantage!, lance-t-elle.

La présidente considère que c’est l’après-COVID qui est particulièrement difficile pour le domaine culturel puisqu’il faut tenir le coup jusque là.

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