•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Poutine annonce un « cessez-le-feu total » entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan

Plus tôt en journée, un hélicoptère russe a été abattu par l’Azerbaïdjan.

Le président russe Vladimir Poutine.

Depuis le début du conflit, Moscou n'a cessé d'insister sur la nécessité d'une trêve, comme la quasi-totalité de la communauté internationale.

Photo : Getty Images / MIKHAIL KLIMENTYEV

Agence France-Presse

Le président russe a confirmé un accord entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan de « cessez-le-feu » total des combats pour la région du Haut-Karabakh en vigueur depuis 21 h GMT lundi, un accord semblant consacrer une victoire militaire azerbaïdjanaise.

Peu après l'annonce, une foule de milliers de manifestants en colère s'est rassemblée aux abords du siège du gouvernement arménien, des centaines d'entre eux pénétrant dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de conseil des ministres, selon un journaliste de l'AFP présent sur place.

Le 9 novembre, le président de l'Azerbaïdjan [Ilham] Aliev, le premier ministre de l'Arménie [Nikol] Pachinian et le président de la Fédération de Russie ont signé une déclaration annonçant un cessez-le-feu total et la fin de toutes les actions militaires dans la zone du conflit du Haut-Karabakh à partir de minuit le 10 novembre, heure de Moscou, a déclaré Vladimir Poutine, selon une déclaration diffusée dans la nuit de lundi à mardi aux médias.

Selon lui, les belligérants gardent au terme de cet accord les positions qu'ils occupent.

La Russie est en train de déployer près de 2000 soldats de la paix pour assurer le respect du texte, qui prévoit notamment que l'Azerbaïdjan reprenne le contrôle de plusieurs districts qui lui échappaient, et le maintien d'un corridor terrestre reliant les territoires encore sous contrôle séparatiste et l'Arménie.

Le ministère russe de la Défense a détaillé aux agences russes le déploiement de 1960 hommes et 90 blindés.

Une capitulation?

Dans un communiqué diffusé dans la nuit de lundi à mardi sur sa page Facebook, M. Pachinian avait indiqué un peu plus tôt avoir signé une déclaration avec les présidents de Russie et d'Azerbaïdjan sur la fin de la guerre au Karabakh.

Le premier ministre de l'Arménie a qualifié cette initiative d'incroyablement douloureuse pour [lui] et pour [son] peuple.

J'ai pris cette décision [de signer un accord de cessation des hostilités] après une analyse en profondeur de la situation militaire, a dit M. Pachinian sur Facebook, en référence aux avancées azerbaïdjanaises des six dernières semaines.

Selon lui, l'accord est la meilleure des solutions dans la situation actuelle.

De son côté, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a estimé que l'accord de fin des hostilités au Haut-Karabakh était une capitulation de l'Arménie après six semaines de combats.

Nous avons forcé [le premier ministre arménien Nikol Pachinian] à signer le document, cela revient à une capitulation, j'avais dit qu'on chasserait [les Arméniens] de nos terres comme des chiens, et nous l'avons fait.

Une citation de :Ilham Aliev, président de l'Azerbaïdjan

Un conflit de 30 ans

Depuis la fin septembre, les combats les plus sanglants depuis près de 30 ans opposent les séparatistes arméniens du Haut-Karabakh et l'armée azerbaïdjanaise.

L'Azerbaïdjan veut reprendre le contrôle de cette province qui a fait sécession, devenant de facto indépendante, au début des années 1990 à l'issue d'une guerre qui a fait plus de 30 000 morts.

Peuplé aujourd'hui quasi exclusivement d'Arméniens, ce territoire était rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, mais est considéré par les deux pays comme une partie intégrante de leur histoire.

L'annonce d'un accord de fin des hostilités intervient alors que les forces azerbaïdjanaises affirmaient avoir pris Choucha, ville stratégique à 15 kilomètres de la capitale séparatiste Stepanakert et située sur l'artère vitale reliant la république autoproclamée à son parrain arménien. La chute de cette localité était considérée comme un tournant de la guerre.

Un hélicoptère russe abattu

Un hélicoptère militaire survole un désert.

Un hélicoptère de combat russe Mi-24 déployé en Syrie en 2017.

Photo : afp via getty images / AFP Contributor

Avant cette annonce, l'Azerbaïdjan avait abattu par erreur un hélicoptère militaire russe au-dessus de l'Arménie.

L'hélicoptère Mi-24 a été abattu, tuant deux membres d'équipage et en blessant un troisième, alors qu'il survolait une zone proche du territoire azerbaïdjanais.

La diplomatie azerbaïdjanaise a admis que les forces armées, craignant des provocations de la partie arménienne en plein conflit au Haut-Karabakh, ont ouvert le feu. Elle a aussi évoqué une mauvaise visibilité pour expliquer l'accident qui a eu lieu à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, mais loin de la zone des affrontements.

La partie azerbaïdjanaise présente ses excuses à la partie russe à la suite de cet accident tragique, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !