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Manque de personnel allégué au foyer de soins Maples durant l’éclosion de COVID-19

Deux ambulanciers arrivent à l'entrée du foyer de soins Maples, à Winnipeg.

Les ambulanciers paramédicaux arrivent au foyer de soins de longue durée Maples samedi soir. La nuit précédente, quatre ambulances ont été appelées pour aider une douzaine de résidents. Trois d'entre eux ont été emmenés à l'hôpital, et deux sont morts.

Photo : Walther Bernal/CBC

Radio-Canada

Le foyer de soins Maples à Winnipeg manquait de personnel vendredi lors d'une flambée de cas graves de COVID-19, soutient le Syndicat représentant les aides-soignants. Ce soir-là, plusieurs ambulances et paramédicaux ont été appelés pour s'occuper d'une douzaine de résidents.

Lors d'une conférence de presse durant la fin de semaine, les responsables de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) et l'entreprise gestionnaire de l’établissement, Revera, ont toutefois déclaré que Maples avait son plein personnel de sept infirmières en poste ce soir-là, et que 13 des 15 aides-soignants étaient également en service, lorsque les appels à l'aide d'urgence sont arrivés.

La coordinatrice des soins de santé du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Shannon McAteer, conteste cette affirmation. 

Elle affirme que les membres du syndicat ont indiqué qu'il n'y avait que sept aides-soignants lorsque les ambulanciers paramédicaux sont arrivés. 

Le personnel est très contrarié, a déclaré Mme McAteer. Revera n'est pas franc et n'est pas honnête au sujet des chiffres.

Le vice-président de Revera, Jason Chester, a expliqué qu'il y avait également 15 employés généraux pour soutenir les aides-soignants, 12 membres du personnel de sécurité et 3 cadres cette nuit-là, comme aides supplémentaires pendant l'éclosion. 

L'Ordre des infirmières du Manitoba a annoncé qu’elle enquêtait.

Une femme porte un masque pour se protéger de la pandémie.

« Même si Maples était doté d'un personnel de base, il est clair que cela est insuffisant pour fournir le niveau de soins que les résidents méritent en cette période de grand besoin », affirme Darlene Jackson de l'Ordre des infirmières du Manitoba.

Photo : Walther Bernal/CBC

Malgré ce que l'ORSW et Revera affirment, nous avons des doutes sur le fait que Maples avait son effectif complet d'infirmières travaillant le soir du 6 novembre, a déclaré la présidente de l’Ordre des infirmières du Manitoba (MNU), Darlene Jackson, dans un courriel adressé à CBC News.

Une infirmière, que CBC/Radio-Canada ne nomme pas parce qu'elle craint des représailles, a mentionné que le foyer manquait de personnel pour aider les résidents les deux jours de la fin de semaine, après les événements de vendredi.

Elle affirme que le système est en panne et que les résidents paient pour le manque de personnel.

Ce sont des êtres humains et ils sont traités comme des animaux domestiques, et personne ne réagit, a ajouté l'infirmière.

Vendredi soir, plus de 50 employés étaient présents pour 169 résidents, dont 7 infirmières, 13 aides-soignants, 15 ouvriers généraux pour soutenir les aides-soignants, 12 agents de sécurité, 3 cadres et du personnel régional, a déclaré dans un courriel le porte-parole de Revera, Larry Roberts.

Nous complétons notre personnel permanent avec du personnel d'agence pour couvrir les absences liées à l'auto-isolement et aux restrictions de la COVID-19, a-t-il souligné.

M. Roberts a également mentionné que le personnel infirmier avait bien fait d'appeler les ambulances vendredi soir. Il dit que le personnel avait recensé 10 résidents refusant la nutrition ou l'hydratation, ce qui est un signe potentiel de déclin rapide dû à la COVID-19.

Trois résidents ont été transportés à l'hôpital, et trois ont reçu une thérapie liquidienne par voie intraveineuse dans le foyer de soins Maples.

Une pratique qui laisse entendre un manque de soins

Le directeur de la gériatrie à l'Hôpital Mount Sinai de Toronto, Samir Sinha, qui suit de près la crise des foyers de soins au Manitoba, explique que les résidents reçoivent généralement des intraveineuses pour déshydratation parce qu'il n'y a pas assez de personnel pour hydrater les résidents ou que leur famille ne peut le faire.

Un médecin porte une blouse blanche et une cravate et s'adresse à une autre personne.

Selon le Dr Samir Sinha, le moment est venu pour l'ORSW d'engager davantage de personnes pour aider les résidents du foyer de soins Maples.

Photo : CBC

L'ORSW dispose de personnes qui peuvent agir dès demain pour s'assurer que ces familles et le personnel bénéficient du soutien nécessaire.

Une citation de :Samir Sinha, directeur de la gériatrie à l'Hôpital Mount Sinai de Toronto

Ce spectacle d'horreur se déroule dans des provinces comme l'Ontario et le Québec, où nous avons vu plusieurs foyers s'effondrer et nous avons vu comment ces choses peuvent se détériorer assez rapidement, déplore-t-il.

Les foyers de soins personnels du Manitoba ont été sous-financés, tout comme leurs homologues de l'ensemble du pays, ajoute-t-il. 

Bien que le ministre de la Santé ait dit : ''Nous avons compris'', il m'apparaît évident que Winnipeg et le Manitoba n'ont pas tiré les leçons apprises dans le reste du pays afin d'être prêts à faire face à ce type d'éclosions.

Avec les informations de Joanne Levasseur

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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