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COVID-19 : Québec injecte 85 M$ pour aider les organismes communautaires

Des bénévoles trient des denrées.

La pandémie et les problèmes économiques qui en découlent entraînent une augmentation des gens souffrant d'insécurité alimentaire.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Non seulement les besoins ont explosé, mais les mesures sanitaires compliquent le travail des organismes communautaires, qui sont débordés depuis le début de la pandémie. Afin d’assurer leurs services pour les cinq prochaines années, Québec injecte donc 85 millions de dollars supplémentaires.

Au moment de notre passage dans un centre communautaire de Sainte-Foy, à Québec, une famille vient chercher des sacs de nourriture toutes les cinq minutes. L’organisme Ressource espace familles leur a donné rendez-vous pour réduire les contacts.

Avant la pandémie, environ 200 ménages demandaient de l’aide tous les mois. On en compte maintenant 10 fois plus sur la liste, soit près de 2000 familles. Soutenir autant de gens coûte une fortune, explique la directrice générale, Cindy-Lee McKenzie.

Ça a été exorbitant! Je vous dirais qu'on est passé d'une autosuffisance avec les denrées de Moisson Québec à devoir acheter nous-mêmes plusieurs milliers de dollars de denrées. En plus du matériel de protection, comme les masques, les gants et les visières. Quand on n’a pas de réserves ni d’assurance pérennité, c’est hyper compliqué pour nous, explique-t-elle.

Durant le confinement des premiers mois, l’organisme, qui subsiste principalement grâce à des dons, a dû payer un service de livraison pour que les sacs soient acheminés.

Selon Mme McKenzie, l’augmentation des besoins s’explique par des pertes d’emplois et l’arrivée d’immigrants qui n’ont jamais pu obtenir de visas de travail à cause de complications administratives liées à la pandémie.

Cette histoire est loin d’être unique, affirme la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF). Dans plusieurs cas, les employés ont dû prolonger leurs heures de travail. Plusieurs organismes ont maintenu leurs services en été, alors qu’ils ferment temporairement à cette période, indique Marie-Ève Brunet Kitchen, la directrice générale de la FQOCF.

Aider ceux qui aident les autres

Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe a déterminé 280 organismes communautaires œuvrant auprès des familles. Chacun d’entre eux recevra 130 000 $ par année durant cinq ans.

Je dirais que la pandémie, ça a renforcé l'opinion que j'avais d'eux. Ça a renforcé l'importance de leur service. On veut aider le monde qui aide le monde, soutient le ministre Lacombe.

C'était le bordel dans le financement parce qu'il n'y avait aucune récurrence, aucune stabilité, pas de prévisibilité. Maintenant, ils vont pouvoir embaucher quelqu'un en sachant que la personne pourra être encore à l'emploi dans deux, trois ou quatre ans.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Ressources espace familles a dû recruter une quinzaine de bénévoles pour le comptoir alimentaire qui ouvre souvent deux fois par semaine. Des services de halte-garderie, des cours d’éveil pour les tout-petits et de francisation pour les immigrants, sont aussi offerts.

Si les mesures sanitaires ont grandement augmenté leurs dépenses, il y avait également un sous-financement chronique qui amenait un défi colossal pour eux, selon Mme Brunet Kitchen, de la FQOCF.

Je perds constamment mes employés parce que je n'ai pas de pérennité à offrir. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, si je peux juste offrir des contrats de deux mois à un employé, je le perds, ajoute Cindy-Lee McKenzie de l'organisme Ressource espace familles.

Le nouveau financement, qu’elle voit comme un énorme cadeau, permettra à son équipe de mieux respirer… même à travers les masques et les visières qu’ils doivent désormais porter en tout temps.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

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