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Dans trois semaines, « ils vont tous être morts nos patients »

La situation s'aggrave de jour en jour au CHSLD Saint-Eusèbe, à Joliette. Depuis une semaine, environ 125 résidents et employés ont contracté le coronavirus, ce qui fait craindre le pire.

Un préposé aide une femme âgée en marchette.

Une infirmière du CHSLD Saint-Eusèbe, à Joliette, où fait rage une éclosion de COVID, craint un autre drame.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« L'action, il faut qu'elle se fasse là, pas dans trois semaines. Ils vont tous être morts nos patients, puis il va y avoir encore plus de personnel qui va tomber. »

Moi, je suis déjà fatiguée, et ça fait une semaine que je suis là...

La gorge nouée, les larmes aux yeux, une infirmière du centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Saint-Eusèbe a l’impression de jouer dans un mauvais film. Une deuxième fois.

Très inquiète, elle a tenu à témoigner de l’éclosion qui se propage entre les murs de cet établissement de la région de Lanaudière, mais de manière anonyme, par peur de représailles.

Elle redoute surtout un autre drame en CHSLD, comme ceux qui se sont déroulés au printemps.

L'éclosion fait rage depuis une semaine au CHSLD Saint-Eusèbe. Dimanche, on recensait 49 employés et plus de 70 résidents qui ont contracté la COVID-19. C'est donc la moitié des patients de l'établissement qui sont maintenant atteints.

Ça mériterait une enquête publique, lance Stéphane Cormier, président du Syndicat interprofessionnel de la santé de Lanaudière.

« Avec ce qu'on a appris en première vague, ce n'est pas normal qu'on ait la moitié du CHSLD qui est positif à la COVID en deuxième vague. »

— Une citation de  Stéphane Cormier, président de la FIQ Lanaudière
Une femme âgée en chaise roulante, au loin, vue de dos.

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau

Photo : Associated Press / Jean-Francois Badias

Selon l'infirmière qui a bien voulu témoigner, le problème majeur demeure le manque de personnel. Ils essaient de contrôler, mais c'est comme un gros bateau qui est en train de couler parce qu'on n'a pas assez de monde, dit-elle.

Les employés se retrouvent ainsi devant des choix difficiles : prodiguer des soins à des résidents vulnérables et risquer de les contaminer ou s'isoler par prévention, sachant que le manque de personnel privera les résidents de soins de base.

Ils ont une toilette partielle. Il n’y a plus de grand bain. On les fait manger. On ne les lève même pas parce qu'on n'a pas le temps, explique-t-elle.

Il y a peu d'éclosions dans les CHSLD, soutient Dubé

En entrevue au Téléjournal avec Pascale Nadeau, le ministre de la Santé Christian Dubé a assuré avoir déjà agi pour remédier à la situation. On a dépêché des équipes sur place pour leur donner un coup de main, a-t-il indiqué.

C’est une situation très, très difficile, a reconnu M. Dubé, estimant que la contagion communautaire dans la région est responsable de cette éclosion. Une fois que ça rentre, ça se répand très, très rapidement.

Et on le voit aujourd’hui. Saint-Eusèbe, c’est un bel exemple de ça, malheureusement.

« On n’a pas beaucoup de CHSLD comme ça où on a ce genre de problème. On en a quand même 400 [dans la province], et il y en a 5 ou 6 où il y a eu ce genre d’incident très malheureux. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé

Devant l'augmentation du nombre de cas dans plusieurs régions, le ministre a fait parvenir dimanche une lettre à tous les PDG des établissements de santé pour rappeler l'importance de respecter les mesures de protection et de prévention.

Du côté du CISSS de Lanaudière, on assure qu'une équipe de prévention des infections est présente à Saint-Eusèbe.

Mais le syndicat se questionne pour sa part sur la vétusté du bâtiment. Est-ce qu’il y a un lien avec la ventilation? Nous, on se questionne beaucoup, dit le président Stéphane Cormier.

Surtout que l'Agence de la santé publique du Canada vient de reconnaître que la transmission par aérosols fait partie des risques de propagation.

Le besoin, ce n'est pas vraiment d'avoir un masque N95, c'est juste d'assurer une ventilation adéquate, une aération adéquate des salles et ça peut être aussi simplement en ouvrant les fenêtres, a commenté la Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

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