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COVID-19 : comment les entreprises et les écoles se préparent-elles à l’hiver?

Un homme tient un thermomètre au laser

Brian Castillo vérifie la température d'un client devant le centre d'entraînement qu'il gère au centre-ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Jared Thomas/CBC News

CBC News

Par un vendredi ensoleillé d'octobre, le club de remise en forme 9Round, situé au centre-ville de Toronto, était plein à capacité.

Des clients masqués donnaient des coups de pied et des coups de poing à neuf postes d'entraînement individuels de boxe, espacés de plus de deux mètres. Les postes sont nettoyés avec un désinfectant après chaque utilisation. Les clients qui arrivaient étaient priés d'attendre dehors jusqu'à ce qu'une station se libère et qu'un employé puisse les désinfecter.

En tant que propriétaire d'entreprise, il est dans notre intérêt de faire tout en notre pouvoir [pour la sécurité de nos clients], a déclaré Brian Castillo, qui dirige le centre d’entraînement. Nos moyens de subsistance [en dépendent].

Le mode de propagation

Les experts s’entendent : la COVID-19 pourrait se propager plus facilement à l'intérieur, en particulier dans les endroits où les gens chantent, crient ou font de l'exercice.

Les scientifiques ont d'abord cru que le virus se propageait principalement par de lourdes gouttelettes provenant d'un éternuement ou d'une toux, qui tombent rapidement au sol, mais des recherches plus récentes montrent que la transmission par voie aérienne existe également.

Selon Dre Caroline Duchaine, chercheuse en bioaérosols de l'Université Laval, dans les espaces intérieurs, la ventilation doit être considérée comme une partie importante des [mesures] de contrôle des infections.

Le portrait d'une femme

Dre Caroline Duchaine, de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel/CBC News

La Dre Duchaine et son équipe à Québec ont prélevé des échantillons d'air dans les chambres d'hôpital de patients atteints de la COVID-19 afin d'étudier comment le coronavirus se propage dans l'air. Dans les espaces mal ventilés, les particules virales peuvent s'accumuler dans l'environnement de la personne infectée et pourraient potentiellement infecter quelqu'un d'autre, même au-delà d'une distance de 2 mètres.

Elle a ajouté qu'il y a de plus en plus de preuves qui indiquent que les grandes épidémies et les événements de grande ampleur qui se sont produits jusqu'à présent se sont produits à l'intérieur dans des espaces mal ventilés.

La Dre Duchaine faisait partie d'un groupe international de 239 scientifiques qui ont écrit à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en juillet, exhortant l'agence à reconnaître que le virus peut se propager par l'air. Depuis lors, l'OMS et les Centres américains de contrôle des maladies (CDC) ont reconnu que la transmission de la COVID-19 par voie aérienne est possible.

Cette semaine, l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) a fait de même.

Avant même la mise à jour, les directives officielles de l'ASPC encourageaient les gens à éviter les environnements mal ventilés.

Des investissements importants

Les inquiétudes concernant la transmission aérienne de la COVID-19 sont présentes dans l'esprit de M. Castillo depuis des mois. Lorsque des études ont montré comment le virus pouvait se propager dans des espaces mal ventilés, le gérant a modernisé son système de climatisation et a fait ajouter un filtre UVA pour aider à purifier l'air à l'intérieur du centre. Ces changements lui ont coûté plusieurs centaines de dollars, dit-il.

Je préfère aller plus loin et m'assurer que nous faisons les choses correctement, plutôt que de me sentir trop confiant et de me relâcher un peu, dit-il.

Les écoles, où les interactions à l'intérieur des espaces clos sont nécessaires, ont passé des mois à essayer de résoudre les problèmes de qualité de l'air intérieur.

Michael's College School, une école privée de garçons à Toronto, a pris des précautions telles que des masques, des mesures de dépistage, de la distanciation physique et de nouvelles stations de lavage des mains. Elle a également mis à jour son système de ventilation.

Nous avons ajouté des filtres HEPA ainsi que des unités de lumière ultraviolette qui ont été ajoutées à chaque salle de classe et espace de travail dans le bâtiment, a déclaré le directeur James McKinnon.

D'après ce que je comprends, le taux d'élimination des bactéries et des virus, y compris la COVID-19, est de 99 %. La norme est donc assez élevée, a-t-il ajouté.

M. McKinnon n'a pas fourni le coût total de la mise à niveau, mais a déclaré que les mesures étaient nécessaires dans l'environnement actuel.

Nous savons combien il est important d'essayer de garder les écoles ouvertes. Nous ferons donc tout notre possible pour que cela se produise, a-t-il déclaré.

Le Conseil des écoles publiques de Toronto a reçu 6,9 millions de dollars de la province pour améliorer la qualité de l'air dans ses écoles cette année. Pour certaines installations plus anciennes sans système de ventilation mécanique pouvant être mis à jour, le conseil s'est tourné vers des systèmes de purification de l'air, comme les filtres HEPA, en complément.

En octobre, des centaines d'unités de purification de l'air ont été données à la commission et distribuées à 37 écoles plus anciennes dans les communautés les plus exposées au risque de propagation du COVID-19.

Maximiser la ventilation

Les lignes directrices actualisées du Canada en matière de santé publique suggèrent aux gens de maximiser la ventilation en s'assurant que les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) sont en bon état de fonctionnement.

Selon le consultant en ventilation Matt MacAvelia, d'Advantage Airtech à Pickering, il existe plusieurs mesures que les gestionnaires de bâtiments peuvent prendre.

Le portrait d'un homme

Matt MacAvelia, de la compagnie Advantage Airtech de Pickering, en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Ousama Farag/CBC News

Il ajoute que la qualité de l'air intérieur était déjà un problème avant la pandémie. Mais avec tout ce qui se passe, j'ai l'impression que la situation est en train de changer.

Il affirme avoir reçu plusieurs appels de la part de gestionnaires d’immeubles. Bien qu'il y ait beaucoup d'intérêt, M. MacAvelia a déclaré que les entreprises avec lesquelles il s'est entretenu hésitent parfois à entreprendre de grandes rénovations.

En attendant, selon la Dre Duchaine, il existe une solution simple pour les bâtiments mal ventilés qui ne peuvent pas facilement être rénovés. Comme l'Agence de santé publique du Canada, elle suggère aux gestionnaires de bâtiments d'envisager d'ouvrir certaines fenêtres, même en hiver, lorsque c'est possible.

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