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Des suggestions de livres québécois à dévorer sans modération

Un livre sur une table de lecture.

Que lire dans les prochains mois? Voici des suggestions de livres québécois à dévorer sans modération.

Photo : Radio-Canada / Pascal Michaud

Radio-Canada

Si la pandémie a été un véritable coup de massue dans nos vies, nombreux sont ceux qui, ces derniers mois, ont trouvé refuge dans les livres. Dans le cadre du Salon du livre de Rimouski, qui se tient en version minimaliste cette année, Laurence Gallant, Julie Tremblay et Nadia Ross vous font part de leurs lectures québécoises récentes les plus inspirantes, histoire d’ajouter un peu de lumière en vue de ce long hiver qui nous guette.

Ténèbre, de Paul Kawczack (La Peuplade)

Ténèbre nous fait voyager au Congo, à la fin du 19e siècle, aux côtés de Pierre Claes, un géomètre belge qui a pour mission de cartographier les terres sauvages au nom des colons, ce qui ne s’avèrera pas une mince tâche. Dans son périple, il croise des êtres et des animaux dangereux et il contracte la malaria, mais sa rencontre la plus marquante sera celle d’un maître tatoueur, qui dessine sur les corps des tracés bien précis… avant de les découper en morceaux. Alors qu’il était venu tracer le destin de l’Afrique, c’est plutôt le sien que Pierre Claes rencontrera. Ce qui lui permettra de s’épanouir sera bien loin de ce qu’il avait envisagé au départ. (JT)

Le livre dans une librairie.

Ténèbre, de Paul Kawczack

Photo : Radio-Canada

Les retranchées, de Fanny Britt (Atelier 10)

S’il y a une écrivaine que je suis avec enthousiasme depuis quelques années, c’est Fanny Britt. Avec Les retranchées, récente suite de son essai Les tranchées, elle explore embûches et moments de grâce de la maternité, un concept qui pour elle demeure ambigu, complexe et multiple. C’est un véritable plaisir que d’avoir accès à son regard à la fois lucide, sensible et drôle sur des enjeux qui habitent bien des femmes contemporaines, tiraillées entre leurs vies professionnelle, familiale et amoureuse. Et j’ai également bien hâte de lire son dernier roman, Faire les sucres, qui vient tout juste de paraître. (LG)

Couverture du livre.

Les retranchées, de Fanny Britt

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Ta mort à moi, de David Goudreault (Stanké)

La première fois que j’ai vu David Goudreault en spectacle, j’ai tout de suite su que j’allais aimer le lire... J’ai en effet adoré la trilogie de La bête, alors il allait de soi que je lise Ta mort à moi dès sa sortie, et je n’ai pas été déçue. Goudreault nous raconte l’histoire d’une poétesse talentueuse et incomprise au passé trouble à travers le regard d’un biographe passionné par son œuvre. Le tout dans un futur proche, ponctué de retours dans un passé, lui aussi pas très lointain, mais déformé avec élégance... (NR)

David Goudreault qui signe un livre devant une grande affiche de son livre.

David Goudreault lors du lancement de son nouveau livre, Ta mort à moi (archives).

Photo : Radio-Canada / Anik Moulin

Les boucliers humains, Danny Plourde (Poètes de brousse)

les cormorans plongent se tordent le cou contre la houle    celle qui rouspète celle qui invective l’horizon   sourires souffrants grandes marées brunes    tes cuisses gyrophares

Cet extrait démontre bien le flot de paroles et la puissance des images du poète Danny Plourde. J’ai retrouvé dans son quatrième recueil toute la fougue qui l’habitait déjà dans Calme aurore (du napalm plein l’œil) (L’Hexagone), pour lequel il a remporté le prix Émile-Nelligan. Les boucliers humains nous fait plonger dans la nature, du Québec à l’Extrême-Orient, tout en faisant état des réflexions universelles d’un homme qui a peur que la peur devienne [son] alibi et qui se questionne sur sa raison d’être au monde, sur ce qu’il doit transmettre aux autres et à ses enfants. Comme Danny Plourde l’écrit lui-même, ses poèmes sont comme des galets lancés/à la gueule affamée/des vagues, on y trouve pourtant plein de lumière et d’images apaisantes qui se révèlent au fil des pages, comme sorties d’un écrin. (JT)

Couverture du livre de Danny Plourde

Danny Plourde publie son quatrième recueil de poésie aux éditions Poètes de brousse.

Photo : Radio-Canada

Shuni, de Naomi Fontaine (Mémoire d’encrier)

Dans une lettre adressée à une amie blanche qui revient travailler à Uashat, Naomi Fontaine raconte sa communauté, ses heurts, mais surtout ses joies, et convoque des personnages porteurs de mémoire, de fierté, et d’une profonde humanité. Shuni m’a fait tomber sous le charme de cette voix qui laisse entendre des échos entre les peuples, ceux qui cohabitent parfois sans se comprendre. Peut-être que ce livre vous offrira, comme à moi, quelques clés de lecture pour apprécier, encore davantage, le premier roman de Naomi Fontaine, Kuessipan(LG)

Page couverture du dernier roman (à gauche) de Naomi Fontaine (à droite).

Naomi Fontaine vient de publier Shuni, aux éditions Mémoire d'encrier.

Photo : Mémoire d'encrier / © Nuit blanche-LLeblanc

Méduse, de Martine Desjardins (Alto)

Le dernier roman de Martine Desjardins raconte l’histoire d’une fillette aux yeux qui évoquent à la fois l’horreur et le danger à son entourage. Rejetée par sa famille, elle est recueillie dans une institution où d’autres fillettes, difformes comme elle, doivent se soumettre aux jeux cruels des hommes qui financent le refuge. Méduse découvre toutefois, peu à peu, le pouvoir de ses yeux... C’est le retour du balancier et son ambiance qui rendent ce roman si intéressant. On nage entre surréalisme, histoire baroque et quête féministe. À la fin, on voudrait presque avoir les yeux de Méduse! (NR)

Couverture du livre.

Méduse, de Martine Desjardins

Photo : Alto

Mustafa, de Marie-Louise Gay (Dominique et compagnie)

Comment expliquer aux enfants ce que vivent les réfugiés qui débarquent au pays? Marie-Louise Gay le fait magnifiquement dans l’album Mustafa, qui raconte l’histoire d’un petit garçon qui a voyagé très longtemps avant d’arriver dans son nouveau pays. Les images et le texte parlent du pays d’avant, des craintes et des découvertes de Mustafa dans son nouvel univers et, surtout, de sa rencontre avec la fille-au-chat, qui sera sa porte d’entrée pour l’apprivoiser. (JT)

Photo du livre montrant un petit garçon couché dans le gazon.

L'album jeunesse de Marie-Louise Gay aborde les thèmes de l'immigration et de l'intégration.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

La mariée de corail, de Roxanne Bouchard (Libre expression)

J’avais besoin d’évasion et d’intrigue, et La mariée de corail est tombé à point nommé entre mes mains, en même temps que le premier de la série d’enquêtes signées Roxanne Bouchard, Nous étions le sel de la mer. Vous serez servis en personnages attachants, en histoires de pêche tortueuses et en air salin, sans trop tomber dans le folklore ou les clichés qui collent à la Gaspésie. Dans cet univers où une enquête policière tente d’élucider la mort d’une femme survenue en mer, le bonheur d’y être plongé demeure, du début à la fin. (LG)

Le livre est appuyé contre un morceau de bois sur une étendue de roches près d'un cours d'eau.

L'enquêteur Joaquin Moralès reprend du service dans ce nouveau titre de Roxanne Bouchard.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

Faire la morale aux robots, de Martin Gilbert (Atelier 10)

Voilà un essai très d’actualité, puisque l’intelligence artificielle fait déjà partie de notre quotidien, dans nos téléphones, dans nos voitures... Et elle sera bientôt partout. Il faut donc se demander si cette intelligence a une morale. Comment le robot prend-il des décisions? Sur quelles bases devrait-il faire ses choix? C’est à toutes ces questions que Martin Gilbert nous invite à réfléchir en exposant les différentes théories philosophiques sur l'éthique et les enjeux qu’elles soulèvent. Un petit livre qui fait réfléchir sur l’éthique des algorithmes et sur notre propre code de valeurs. (NR)

Le livre sur un piano.

Faire la morale aux robots, de Martin Gilbert

Photo : Radio-Canada / Nadia Ross

Mademoiselle Samedi soir, de Heather O'Neill (Alto)

J’ai tout lu d’Heather O’Neill. Ses livres mettent souvent en scène de jeunes personnages paumés et un peu fous, des humains attachants qui naviguent comme ils peuvent dans l’existence, souvent maladroitement. Dans Mademoiselle Samedi soir, l’autrice nous fait découvrir deux jumeaux, Nouschka et Nicolas, et la relation trouble qui les unit. Avec le référendum de 1995 en toile de fond, on découvrira comment chacun fait ce qu’il peut pour prendre possession de sa vie. (JT)

Couverture du nouveau livre Mademoiselle Samedi soir de la romancière Heather O'Neill avec une jeune femme qui porte un chat dans les bras

Mademoiselle Samedi soir, de Heather O'Neill

Photo : site web des Editions Alto

C'est comme ça que je disparais, de Mirion Malle (Pow Pow)

Cette bande dessinée arrive dans cette année de chamboulements comme une douceur à s’offrir sans modération. Elle passe pourtant par une traversée dans les dédales de la dépression, illustrée de magnifique façon par Mirion Malle, avec une plume affirmée et ancrée dans le réel. Et si, ces jours-ci, on aurait peut-être tendance à fuir les potentielles lourdeurs, on plonge sans regret dans l’univers de la jeune autrice d’origine française, qui a le pouvoir certain de venir nous chercher dans nos retranchements et d’y apporter quelque lumière, sans même qu’on ne s’en soit douté. (LG)

Couverture de C'est comme ça que je disparais.

La BD de Mirion Malle fait également écho, à sa manière, au mouvement #MoiAussi.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

La conquête du béluga, de Maryse Goudreau (Escuminac)

Maryse Goudreau est une artiste en arts visuels qui s’intéresse depuis plusieurs années aux bélugas. Dans ce petit livre d’art, édité par les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, elle a rassemblé les transcriptions de débats de la Chambre des communes du Canada traitant du béluga entre 1876 et 2019. Ces petites scènes viennent témoigner de l’histoire de notre perception collective du mammifère marin, mais aussi de notre façon de voir la nature en général. (NR)

La conquête du beluga, de Maryse Goudreau

Des photos d’une maman béluga en train de nourrir son bébé sont également encartées dans le petit livre.

Photo : Radio-Canada / Nadia Ross

La terre, de Sylvie Drapeau (Leméac)

Si la fougue et la profondeur de la comédienne Sylvie Drapeau vous ont déjà fait vibrer au théâtre, vous les retrouverez intactes dans sa tétralogie, dont La terre est le quatrième opus, après Le fleuve, Le ciel et L’enfer. Dans ces quatre ouvrages, Sylvie Drapeau y parle du clan, une famille tissée serrée qui grandit sur les berges de la Côte-Nord, et qui sera traversée, au fil du temps, de grands et de petits drames. Que ce soit pour apprivoiser le deuil d'un enfant, le départ vers la grande ville ou la détresse d'un proche qui glisse vers la folie, Sylvie Drapeau tisse les émotions comme de la dentelle et on la suit, tout au long, décrire la complexité de l'âme humaine. (JT)

Elle porte une robe-tunique rouge.

La comédienne et écrivaine Sylvie Drapeau

Photo : La production est encore jeune inc. / Karine Dufour

Le garçon au visage disparu, de Larry Tremblay et Pierre Lecrenier (La Bagnole)

Quiconque a fréquenté la voix incomparable de l’écrivain et dramaturge Larry Tremblay la reconnaîtra ici, dans cette bande dessinée qui prend forme dans l’inconfort de l’adolescence. Elle raconte sous forme allégorique comment la douleur d’un événement tragique mène parfois à un enfermement qui semble insurmontable, sans issue. Si la conclusion de cette histoire surprend par son caractère expéditif, la collaboration de l’écrivain et dramaturge avec le bédéiste Pierre Lecrenier, qui nous offre de superbes et efficaces illustrations, fait du Garçon au visage disparu un objet magnétique et agréable à côtoyer. (LG)

La couverture de la BD.

Le garçon au visage disparu, de Larry Tremblay et Pierre Lecrenier

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

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