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Haut-Karabakh : l'Azerbaïdjan affirme avoir pris la ville stratégique de Choucha

Des manifestants en portent le drapeau azéri.

Des Azéris célèbrent la prise de la ville de Choucha à Bakou.

Photo : Getty Images / TOFIK BABAYEV

Agence France-Presse

L'Azerbaïdjan a affirmé dimanche que ses troupes avaient pris la ville de Choucha dans le Haut-Karabakh, l'Arménie démentant aussitôt, mais reconnaissant que les combats faisaient rage pour le contrôle de cette ville stratégique.

La capture de Choucha serait une victoire majeure pour l'Azerbaïdjan après six semaines de combats dans le Haut-Karabakh, une région azerbaïdjanaise à majorité arménienne qui a fait sécession dans les années 1990.

Choucha, érigée au sommet d'une montagne faisant office de forteresse naturelle, est située à seulement 15 kilomètres de la capitale du Haut-Karabakh, Stepanakert, et sur la principale route reliant la république autoproclamée à l'Arménie, son principal soutien.

La ville est aussi un symbole pour les Azerbaïdjanais, qui la considèrent comme un de leurs centres culturels majeurs.

Un soldat tient un fusil mitrailleur.

Depuis trois décennies, l'Arménie et l'Azerbaïdjan sont engagés dans un conflit sur la province montagneuse du Karabakh, peuplée d'Arméniens, qui s'est séparée de Bakou dans la guerre des années 1990 et qui a fait 30 000 morts.

Photo : Getty Images / KAREN MINASYAN

Ces derniers jours, les deux camps ont fait état de violents combats autour de Choucha, alors que l'Azerbaïdjan a conquis, notamment au sud, d'importantes portions du territoire du Haut-Karabakh.

Avec une fierté et une joie très grandes, je vous informe que la ville de Choucha a été libérée, a déclaré le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, lors d'une allocution télévisée à la nation.

Le 8 novembre entrera dans l'histoire du peuple azerbaïdjanais comme le jour où nous sommes revenus à Choucha, a-t-il ajouté. Notre marche de libération continue et nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la libération complète de tous les territoires occupés, a-t-il ajouté.

L'Arménie a démenti les affirmations du président Aliev, un responsable du ministère de la Défense, Artsroun Hovhannissian, assurant que le combat continue pour la ville.

Pendant la nuit, des combats féroces ont éclaté dans les environs de Choucha, avait affirmé auparavant une porte-parole du ministère arménien de la Défense, Chouchan Stepanian, le gouvernement arménien assurant de son côté que la prise de Choucha était un rêve illusoire irréalisable pour l'Azerbaïdjan.

En dépit de lourds dégâts, la cité forteresse résiste aux coups de l'adversaire.

Le gouvernement arménien

À Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, de nombreux habitants sont sortis dans les rues à l'annonce de M. Aliev pour célébrer la capture de la ville. Les klaxons résonnaient dans la capitale, de nombreux Azerbaïdjanais juchés sur les fenêtres de leurs voitures brandissant le drapeau du pays.

L'annonce a également été saluée par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui soutient l'Azerbaïdjan. La libération de Choucha est aussi un signe que la libération des autres territoires occupés est proche, a-t-il déclaré dans un discours télévisé, ajoutant que la joie de l'Azerbaïdjan est notre joie.

Un homme répare des câbles électriques endommagés à côté d'une maison détruite.

Une maison détruite dans la ville historique de Choucha près de Stepanakert, la capitale de la province contestée du Haut-Karabakh.

Photo : Getty Images / KAREN MINASYAN

Les combats opposent depuis fin septembre les soldats azerbaïdjanais et les séparatistes soutenus par l'Arménie pour le contrôle du Haut-Karabakh, reconnu par la communauté internationale comme faisant partie de l'Azerbaïdjan, mais qui échappe à son contrôle depuis 1994 et la fin d'une guerre ayant fait 30 000 morts.

Ces nouveaux combats sont les plus violents depuis : ils ont fait plus de 1250 morts, mais le nombre de victimes est probablement beaucoup plus élevé, l'Azerbaïdjan notamment ne communiquant pas ses pertes militaires.

Plusieurs tentatives de cessez-le-feu sous l'égide de Moscou, Paris et Washington – trois capitales formant le Groupe de Minsk de l'OSCE, chargé depuis 1994 de trouver une issue au conflit – ont volé en éclat sitôt entrées en vigueur.

Les combats sont en outre observés de près par deux puissances régionales majeures, la Russie qui est liée à une alliance militaire avec l'Arménie et la Turquie qui soutient fermement Bakou, étant même accusée d'avoir envoyé des mercenaires proturcs de Syrie se battre aux côtés des troupes azerbaïdjanaises.

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