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« C'est le temps pour l'Amérique de guérir », affirme Joe Biden

Joe Biden parle derrière un lutrin.

Le président élu Joe Biden prononce son discours de victoire, le 7 novembre 2020.

Photo : Reuters / Jim Bourg

Dans son tout premier discours aux Américains depuis l'annonce de sa victoire, dans la matinée, le démocrate Joe Biden a lancé un appel à l'unité, à l'image du plaidoyer rassembleur qu'il a porté tout au long de sa campagne et qui contraste avec celui du président qu'il a défait.

Si son prédécesseur disait vouloir rendre sa grandeur à l'Amérique, Joe Biden a affirmé qu'il fallait maintenant restaurer l'âme du pays, faisant écho au message livré lorsqu'il s'était lancé dans la course à l'investiture démocrate, en avril 2019.

De New York à San Francisco en passant par Philadelphie, Washington et Atlanta, la victoire du tandem démocrate, annoncée samedi vers 11 h 30, avait rapidement été accueillie par des célébrations spontanées dans plusieurs villes du pays.

Mais celui qui sera le 46e président des États-Unis a, lui, évité tout triomphalisme, incitant les Américains à s'unir et à croire en leurs possibilités devant des centaines de partisans rassemblés à Wilmington, son fief du Delaware.

Appelé à gouverner dès janvier un pays divisé, il a d'ailleurs tendu la main aux partisans du président Donald Trump – qui n'a pas encore reconnu la victoire de M. Biden : Je comprends votre déception. Mais, maintenant, donnons-nous une chance. Il est temps de mettre de côté la rhétorique enflammée, d'apaiser le climat, de se voir de nouveau, de s'écouter de nouveau.

Pour avancer, nous devons cesser de traiter nos adversaires comme nos ennemis.

Une citation de :Joe Biden, président désigné des États-Unis

Je m’engage à être un président qui ne divisera pas, mais qui unira, qui ne verra pas des États rouges et des États bleus, mais seulement les États-Unis, a-t-il promis, répétant un message qu'il a souvent martelé au cours des dernières semaines.

Je suis un fier démocrate, mais je vais gouverner comme un Américain, a-t-il ajouté, incitant les élus démocrates et les républicains à collaborer et promettant de travailler pour tous les Américains, même pour ceux qui n'avaient pas voté pour lui.

Pendant la campagne, les démocrates les plus progressistes ont reproché à celui qui a été sénateur pendant trois décennies un idéalisme d'une bipartisanerie maintenant révolue, encore plus depuis l'ère Trump, mais aussi celle du leader de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, qui a fermé la porte à toute collaboration avec les démocrates.

Évoquant l'atmosphère qui a défini les quatre dernières années, le politicien démocrate a plaidé pour faire taire les pulsions les plus sombres afin que le meilleur en nous l'emporte.

Ce soir, le monde entier regarde l'Amérique, et je crois que lorsque nous sommes au sommet de notre forme, l'Amérique est un phare pour le monde. Nous ne dirigerons pas seulement par l'exemple de notre puissance, mais par la puissance de notre exemple.

Une citation de :Joe Biden

Remerciant sa famille, ceux qui l'ont élu ainsi que les travailleurs qui ont été en première ligne pendant la pandémie, il a reconnu l'appui important de la communauté afro-américaine, qui a sauvé sa campagne moribonde pendant les primaires démocrates et l'a assurée de son appui.

Des défis colossaux

Parlant de victoire nette, mais disant accepter le résultat avec humilité, Joe Biden, qui briguait la présidence pour la troisième fois en un peu plus de 30 ans, a rappelé qu'il avait recueilli un appui record de 74 millions d'Américains.

Numéro deux d'une administration qui, il y a huit ans, avait hérité d'un pays en guerre et en crise économique, Joe Biden prendra les rênes d'une administration confrontée à des défis titanesques : diriger un pays profondément divisé, à l'économie fragilisée et aux prises avec une terrible pandémie, des enjeux auxquels il a d'ailleurs promis de s'attaquer.

Il a entre autres annoncé la création d'un groupe de travail formé de scientifiques pour tracer un plan d'action prêt à mettre en œuvre dès son investiture, en janvier prochain.

Il a aussi inscrit au cœur de ses priorités le combat contre les changements climatiques, l'amélioration de l'accès aux soins de santé et la lutte contre le racisme systémique, un problème souvent mis en exergue cette année par la mort de plusieurs Afro-Américains tués par des policiers blancs.

Deuxième catholique élu à la tête des États-Unis, l'homme à la vie marquée par les tragédies a évoqué la foi qui l'a aidé à traverser ses épreuves, se montrant solidaire des proches des quelque 240 000 victimes américaines de la COVID-19.

Joe Biden a perdu sa femme et sa fille dans un accident automobile dans les années 1970, puis son fils, mort d’un cancer, il y a quelques années.

Le candidat démocrate avait déjà livré de brèves allocutions après l'élection pour exhorter le peuple américain à la patience et au calme dans l'attente des résultats électoraux qui ont tardé pendant trois jours et demi.

La nouvelle de son élection est tombée 48 ans, jour pour jour, après son élection comme sénateur du Delaware. Ironiquement, celui qui, à 29 ans, était alors le plus jeune élu du Sénat de l’époque, deviendra à 78 ans, en janvier, au premier jour de son mandat, le président le plus âgé qu’auront jamais eu les États-Unis.

Kamala Harris, le visage d'une autre Amérique

Kamala Harris est tout sourire derrière un lutrin sur une scène.

Symbole de la volonté du successeur de Donald Trump à tourner la page et à panser les blessures, Joe Biden avait à ses côtés celle qu'il a choisie comme colistière, qui a livré à son sujet l'une des attaques les plus efficaces et les plus mémorables de la saison des débats démocrates.

Le politicien, qui a été le second du premier président noir, Barack Obama, a déclaré avoir l'honneur de travailler avec celle qui fera une vice-présidente fantastique, soulignant qu'elle écrivait l'histoire.

Fille d'immigrants, Kamala Harris, première femme, première Noire et première personne aux origines asiatiques à accéder à la vice-présidence, a pris la parole peu de temps avant M. Biden, insistant sur l'audace qu'il avait eue de choisir quelqu'un qui ferait voler en éclats un plafond de verre.

Elle a aussi exprimé sa reconnaissance à sa mère, maintenant décédée, avec qui elle a déjà vécu à Montréal. Quand elle est arrivée d'Inde à 19 ans, elle n'avait sans doute pas imaginé ce moment. Mais elle croyait si profondément en l'Amérique, où un tel moment est possible, a-t-elle insisté.

Tout de blanc vêtue, en hommage aux suffragettes, elle a rendu hommage « aux générations de femmes, noires, asiatiques, blanches, latines, autochtones qui, tout au long de l'histoire de notre nation, ont pavé la voie à cette soirée, remerciant les femmes afro-américaines trop souvent négligées et les électrices qui continuaient à se battre pour leur droit fondamental à voter et à être entendues.

La sénatrice de la Californie, âgée de 56 ans, a souligné le précédent que marquait son élection comme bras droit du prochain président, estimant que son exemple montrait aux enfants qu'il était possible de rêver avec ambition.

Je suis peut-être la première femme à occuper ce poste, mais je ne serai pas la dernière, car chaque petite fille qui regarde ce soir voit que ce pays est plein de possibilités.

Une citation de :Kamala Harris

Évoquant une nouvelle journée pour l'Amérique, elle a aussi remercié les électeurs, qui ont répondu présents alors que la démocratie était sur le bulletin de vote.

Nous, le peuple, avons le pouvoir de bâtir un avenir meilleur, a-t-elle déclaré.

Vous avez choisi l'espoir, l'unité, la décence, la science et, oui, vous avez choisi la vérité. Vous avez choisi Joe Biden comme prochain président des États-Unis.

Une citation de :Kamala Harris, vice-présidente élue des États-Unis

Le président Donald Trump, lui, n'a toujours pas livré le traditionnel discours de concession et s'est même tourné vers Twitter dans la journée pour s'autoproclamer vainqueur. Son équipe de campagne entend poursuivre sa bataille devant les tribunaux pour contester l'issue du vote.

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