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Kamala Harris, vice-présidente élue, brise les barrières

Kamala Harris devant les micros, lors d'un événement de campagne en Pennsylvanie la veille des élections.

Kamala Harris est la première femme à être élue vice-présidente des États-Unis.

Photo : Getty Images / Mark Makela

Reuters

Kamala Harris est entrée dans l'histoire samedi en devenant la première femme, la première afro-américaine et la première Américaine d'origine asiatique élue à la vice-présidence des États-Unis après l'annonce de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle.

Âgée de 56 ans, Kamala Harris est largement considérée comme une candidate évidente à l'investiture du Parti démocrate en 2024 si Joe Biden, qui aura 78 ans lors de leur investiture le 20 janvier, décide de ne pas briguer un second mandat. Elle ne s'est pas exprimée publiquement sur ces spéculations.

L'institut Edison Research et les principales chaînes de télévision américaines ont annoncé samedi la victoire du ticket Biden-Harris, sur la base de résultats définitifs non officiels, alors même que le président républicain sortant Donald Trump a juré de mener bataille devant les tribunaux.

Kamala Harris a démontré sa capacité à briser les plafonds de verre. Élue sénatrice de Californie en 2016, elle a d'abord été la première femme à occuper le poste de procureure du district de San Francisco, puis la première femme de couleur à être élue procureure générale de Californie.

Son expérience en justice pénale pourrait aider la future administration Biden à s'attaquer aux problèmes d'égalité raciale et de maintien de l'ordre après les vastes manifestations qui ont secoué le pays cette année. Elle devrait être l'une des principales conseillères en matière de nominations judiciaires.

Une manifestante tient une pancarte à l’effigie de Kamala Harris.

Une sympathisante démocrate tient une pancarte à l’effigie de Kamala Harris à Washington après que Joe Biden a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle de 2020.

Photo : AFP / EVA HAMBACH

Harris, dont la mère et le père ont émigré respectivement d'Inde et de Jamaïque, avait pour objectif de devenir la première femme présidente des États-Unis lorsqu'elle a concouru face à Joe Biden et d'autres candidats pour l'investiture du Parti démocrate cette année.

Elle a abandonné la course en décembre dernier après une campagne mise à mal par ses avis hésitants sur le système d'assurance maladie et son indécision quant à assumer son passé de procureure.

Joe Biden a quant à lui passé outre certains mots durs de Kamala Harris à son encontre pendant la campagne pour la désigner en août comme sa colistière. Elle s'est alors révélée comme une personnalité précieuse et raffinée, attirant particulièrement les femmes, les progressistes et les électeurs de couleur, tous essentiels aux espoirs électoraux des démocrates.

Une joueuse d’équipe

Kamala Harris, qui a développé un réseau de collecte de fonds approfondi dans le cadre de ses campagnes pour le Sénat et pour l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de cette année, a joué un rôle déterminant dans la collecte de financements record de la campagne Biden au cours des derniers mois.

Sa nomination comme colistière a aussi déclenché un élan d'enthousiasme dans la base démocrate et parmi les donateurs du parti.

Harris est celle qui a toujours fait le plus sens en tant que colistière de Biden pour sa capacité à l'aider à unifier la coalition démocrate au-delà des lignes raciales et générationnelles et parce qu'elle a pu stimuler l'enthousiasme de la base.

Joel Payne, stratège démocrate qui a travaillé pour Hillary Clinton lors de la campagne 2016

Les accusations de progressistes selon lesquelles Kamala Harris n'a pas fait assez pour enquêter sur les fusillades de la police et les cas de condamnations injustifiées alors qu'elle était procureure générale de Californie ont contribué à affaiblir sa propre candidature à la présidentielle, mais ont peu refait surface lorsqu'elle est devenue colistière de Joe Biden.

Elle s'est souvent défendue en affirmant, comme elle l'a fait en public l'année dernière, qu'elle avait travaillé toute sa carrière pour réformer le système de justice pénale en sachant qu'il est profondément imparfait et qu'il a besoin d'être réparé.

Donald Trump et ses équipes de campagne ont pour leur part cherché à dépeindre Kamala Harris comme un outil de la gauche démocrate qui exercerait le pouvoir et l'influence dans les coulisses d'une présidence de Joe Biden.

Avant la nomination de Harris, plusieurs assistants de Biden déclaraient que la sénatrice avait su dissiper les inquiétudes dans l'entourage de l'ancien vice-président sur son caractère potentiellement trop ambitieux pour qu'elle soit une partenaire de confiance.

Kamala Harris s'est de fait révélée une joueuse d'équipe, faisant profil bas et organisant des événements politiques virtuels et en personne qui ont parfois attiré peu de couverture médiatique, tout en parlant souvent de ce que Joe Biden ferait pour le pays s'il était élu et en offrant de vibrants plaidoyers contre Donald Trump.

Joe et moi avons été élevés d'une manière très similaire, a-t-elle dit à propos de Joe Biden lors du débat entre colistiers le mois dernier face au vice-président républicain Mike Pence. Nous avons été élevés avec des valeurs liées au travail acharné, à la valeur et à la dignité du service public et à l'importance de lutter pour la dignité de tous.

Une double mission

Kamala Harris a jonglé entre son rôle de colistière et ses fonctions de sénatrice. Tirant parti de son passé de procureure, elle a joué le rôle d'une contre-interrogatrice habile de la juge de la Cour suprême Amy Coney Barrett lors de l'audience de confirmation de celle-ci, intégrant au passage dans ses questions le message de campagne de Joe Biden sur les soins de santé et le changement climatique.

En tant que seule femme noire au Sénat, Kamala Harris a en outre été cette année une voix de premier plan sur les thèmes de la justice raciale et de la réforme de la police après la mort de George Floyd en mai lors de son interpellation à Minneapolis. Elle a défilé avec des manifestants dans les rues de Washington et conquis certains sceptiques libéraux.

Gros plan sur Kamala Harris prenant la parole devant le Sénat.

La sénatrice Kamala Harris au Sénat, en 2018.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Prié de dire le mois dernier, lors d'un entretien dans l'émission télévisée 60 Minutes sur CBS, pourquoi il pensait que Kamala Harris serait prête à accéder à la présidence si quelque chose lui arrivait, étant donné son âge, Joe Biden a évoqué cinq raisons.

Numéro un, ses valeurs. Numéro deux, elle est intelligente comme un diable, et numéro trois, elle a une colonne vertébrale comme une baguette. Numéro quatre, elle a vraiment des principes. Et numéro cinq, elle a une expérience significative.

Kamala Harris est mariée à l'avocat Douglas Emhoff, qui a fait partie de la campagne électorale et dont les deux enfants d'un précédent mariage appellent leur belle-mère Momala.

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