•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Présidentielle Américaine : l’élection de Joe Biden fait réagir en Saskatchewan

Joe Biden en conférence de presse.

Le candidat démocrate Joe Biden a reçu les félicitations de la classe politique saskatchewanaise, samedi (Archives).

Photo : Getty Images / JIM WATSON

Étienne Ravary Ouellet
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le candidat démocrate Joe Biden a été déclaré vainqueur aux présidentielles Américaines. Son élection a provoqué des réactions jusqu’en Saskatchewan. Des citoyens américains se sont prononcés sur les résultats électoraux, alors que la classe politique de la province a réagi sur Internet à la suite de l’annonce.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, n’a pas tardé à féliciter le président désigné dans un message Twitter, samedi après-midi.

Le premier ministre récemment réélu dit avoir hâte de travailler avec la nouvelle administration afin de renforcer les relations commerciales entre la Saskatchewan et les États-Unis.

Le premier ministre avait dit, le jour du scrutin aux États-Unis, surveiller avec attention le dénouement des élections présidentielles, en disant que peu importe leur dénouement, il y aurait des avantages et des inconvénients pour la province, notamment en ce qui a trait à aux questions économiques.

Une présidence de Joe Biden pourrait signifier moins d'exportation de ressources fossiles, affirme Scott Moe. Mais Donald Trump a également mené la vie dure au secteur de l'acier dans le passé, avait-il dit mercredi.

Le chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan a aussi félicité Joe Biden et Kamala Harris sur Twitter, soulignant le travail effectué par leur équipe de campagne afin de créer un changement aux États-Unis.

Des citoyens réagissent à la victoire de Biden

Ben Dunning et Beau Sutton sont des Américains vivant à Saskatoon. Le premier est plutôt républicain, et le second se dit démocrate depuis une dizaine d’années.

Les deux ressortissants se disent soulagés que les élections américaines soient enfin terminées, bien que l’élection de l'ancien vice-président de Barack Obama à titre de président des États-Unis ne fasse pas l’unanimité.

Aux yeux de Ben Dunning, le leadership du nouveau président, dont l'investiture aura lieu le 20 janvier, est sa principale faiblesse à l’heure où les yeux se rivent sur une Amérique en crise sociale.

Je veux juste que les États-Unis se relèvent parce que les dernières années ont été dures. Je ne suis pas convaincu que la présidence de Joe Biden aspire à cela. J’espère simplement que c’est leur intention, explique Ben Dunning, un électeur républicain.

Beau Sutton, lui aussi de Saskatoon, explique que le pays sera entre de meilleures mains pour gérer la crise de la COVID-19, alors que le nombre de cas explose partout au pays.

J’espère qu’il va concrètement mettre en place quelque chose pour réduire la pandémie. Je pourrais aller voir mes parents et ils pourraient venir me visiter, la frontière pourrait rouvrir, explique-t-il, en espérant rapidement voir un changement politique dans son pays natal.

Pour l’électeur démocrate, si l’attente des derniers jours a été insoutenable, le soulagement vécu est bien réel.

« Le seul terme qui me vient en tête, c’est soulagement. Les quatre dernières années ont tellement été tendues, soudainement, tout va mieux. »

— Une citation de  Beau Sutton, citoyen américain.

Une province dans l’incertitude

La professeure émérite en sociologie Alison Hayford, de l'Université de Regina, avertit que l'élection de Joe Biden pourrait néanmoins apporter son lot de défis pour la province.

Elle cite notamment le désir du président désigné d'annuler la construction de l'oléoduc Keystone, un projet vu d’un bon oeil par le cabinet du premier ministre Scott Moe.

Le premier ministre avait par ailleurs exprimé son intérêt pour le projet, le lendemain du scrutin électoral aux États-Unis, rappelant que Keystone XL pourrait générer de nombreuses retombées économiques dans la province.

Alison Hayford souligne également qu’une administration américaine sous Joe Biden risque de signifier la venue d’un objectif visant à réduire la consommation américaine de combustibles fossiles, une situation qui pourrait se faire au désavantage de la province, alors que la taxe carbone se retrouve devant la Cour suprême du Canada.

Monsieur Biden est plus engagé envers les enjeux environnementaux et il se peut que Keystone soit, par exemple, annulé ou modifié. Ça reste à voir, parce qu'il y aura de la pression dans le parti démocrate pour que des politiques environnementales plus fortes [soient mises de l’avant], résume-t-elle.

C'est d'ailleurs un sentiment que partage le directeur général de la Chambre de commerce de Regina, John Hopkins, qui s'inquiète des répercussions de l'élection de Joe Biden sur les échanges commerciaux entre les deux pays.

De janvier à septembre 2020, la valeur totale des échanges économiques entre la Saskatchewan et les États-Unis s'élevait à 9,8 milliards de dollars, selon les chiffres du ministère du Commerce et du Développement des exportations de la Saskatchewan.

John Hopkins se réjouit cependant à l'idée d'un retour à un dialogue et à une diplomatie plus traditionnelle entre les deux pays.

Donald Trump était réputé être un intimidateur, comme partenaire. Je ne crois pas qu’il y ait de doute à ce sujet. Je m’attends à quelque chose de très différent, sans doute plus proche de ce que les deux pays ont connu comme relation sous [Barack] Obama, [Bill] Clinton et [Georges W.] Bush, ces dernières décennies, explique-t-il.

Avec des informations de Gregory Wilson

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !