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Avis partagés sur le succès du programme Explore NB

Un phare décoré aux couleurs acadiennes au coucher du soleil.

Grande-Anse, dans la Péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick.

Photo : Getty Images / Vladone

Radio-Canada

Le programme d'incitation aux voyages du Nouveau-Brunswick Explore NB semble avoir produit des résultats inégaux à l’échelle de la province. Pour le gouvernement, ce programme est un succès, mais des hôteliers affirment qu’il n’a eu aucune incidence sur leur achalandage.

Le gouvernement de Blaine Higgs a mis sur pied cet été un programme pour encourager les Néo-Brunswickois à passer leurs vacances dans leur province.

Ce programme comprenait notamment un remboursement pour les dépenses de vacances faites dans la province entre le 15 juillet et le 30 septembre.

Les demandes soumises ont atteint plus de 17,4 millions de dollars. Les vacanciers pouvaient soumettre une demande de remboursement pour leurs dépenses admissibles jusqu'à 1000$. Ils peuvent recevoir un remboursement de 20 % de ces dépenses, soit un maximum de 200 $.

Le gouvernement doit encore étudier si ces réclamations sont admissibles avant de rembourser les gens d’ici les 12 prochaines semaines, mais il estime qu’elles démontrent que le programme a connu beaucoup de succès.

Certains hôteliers déçus

Si les chiffres sont importants, la mesure a-t-elle réellement aidé l’industrie touristique ou seulement fait plaisir aux vacanciers? D’une région à l’autre, la réponse diffère.

Dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, les touristes proviennent à 85 % du Québec et de l’Ontario, explique Mylène Roy, coordonnatrice des ressources humaines et des opérations au groupe hôtelier Cyr Admin à Edmundston.

Une femme accorde une entrevue au micro devant la porte de l'hôtel Best Western Plus à Edmundston.

Mylène Roy, coordonnatrice des ressources humaines et des opérations pour le Groupe Cyr (archives).

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Malheureusement, dans notre région, ce n’est pas un impact qu’on a ressenti. Je crois que les gens en ont profité pour visiter les autres régions du Nouveau-Brunswick ou de l’Atlantique, indique-t-elle.

Même son de cloche chez une hôtelière de Petit-Rocher, dans le nord-est de la province. Dans cette région côtière du Nouveau-Brunswick, ce sont les festivals qui vont vivre l’économie. Le village de Petit-Rocher accueille normalement d’importants événements culturels, comme le Festival des rameurs et le Festival Blues d'la Baie.

Quand il y a des animations qui sont mises en place, oui, ça incite les gens à bouger. Mais là tout est bloqué. Cet été, il n’y a pas eu de festival. Donc même avec le 20 %, ça n’a pas dynamisé le tourisme provincial. Je pense que les gens sont plus sortis pour aller dans les autres provinces atlantiques, avance Cécile Beuzeville Miserez, propriétaire de l'Auberge d’Anjou-Cocooning Café à Petit-Rocher.

Cécile Miserez-Beuzeville, co-propriétaire de l'Auberge d’Anjou Cocooning Café

Au mois d’août, l’Auberge d’Anjou-Cocooning Café à Petit-Rocher a connu une baisse des réservations de 70 % par rapport à l’année 2019 (archives).

Photo : Radio-Canada

Gérald Normandeau, président de l'Association des hôteliers du Grand Moncton et directeur général du Crowne Plaza, pense que le programme a tout de même été bénéfique.

Je pense que tous les hôteliers à la grandeur de la province, incluant le Grand Moncton, ont appuyé le programme. On a pensé que c’était un bon programme pour essayer d’inciter les personnes au Nouveau-Brunswick de rester dans leur région pendant l’été. Et malgré qu’on n’a pas été très achalandés, on pense que ça l’a aidé, indique-t-il.

Un homme en entrevue par webcam.

Gérald Normandeau, président de l'Association des hôteliers du Grand Moncton, en juillet 2020.

Photo : Radio-Canada

Un hiver qui s’annonce tranquille

Le gouvernement a l'intention d'annoncer une deuxième phase du programme incitatif pour la saison hivernale.

En hiver dans le Grand Moncton, jusqu’à 75 % de la clientèle provient de l’extérieur de la bulle atlantique.

On a une grosse clientèle qui vient du Québec et de l’Ontario en hiver, avec les tournois sportifs et les événements de conférence des gens d’affaires, explique le président l'Association des hôteliers du Grand Moncton.

Pour renflouer les coffres, on espère plutôt attirer les résidents des autres provinces atlantiques et non seulement du Nouveau-Brunswick.

Nous ce qu’on aimerait voir du côté hôtelier, c’est le même programme, mais étendu à tous les résidents de la bulle atlantique, dit Gérald Normandeau à Moncton.

Mais pour Mylène Roy à Edmundston, même cette solution lui paraît insuffisante.

Si on a de la neige cet hiver, ça peut aider. Il y a des gens de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard qui circulent sur nos sentiers de motoneige, mais encore là, ce n’est pas assez, dit-elle.

Enseigne du centre de ski désert en automne.

Le Centre plein air Mont Farlagne en octobre 2020, entre deux saisons de ski et de snowboard.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Pour nous, la seule chose qui peut nous permettre d’avoir un achalandage à nouveau, c’est l'ouverture des frontières. Je comprends qu’on est dans une deuxième vague de cas. La province et la région ont très bien fait jusqu'à présent. Je pense que les gens sont habitués au port du masque et au lavage des mains. À un moment donné, il va falloir que les frontières ouvrent pour qu’il y ait un impact au niveau de l’hôtellerie.

Par ailleurs, les hôteliers insistent sur le fait qu’ils sont capables d’accueillir des clients de manière sécuritaire, en respectant des protocoles de nettoyages renforcés.

D’après les informations de Marie-Ève Brassard

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