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Joe Biden est élu président des États-Unis

De retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a continué d'évoquer des « fraudes », promettant de contester les résultats.

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Joe Biden serre le poing en signe de victoire.

Le reportage de Sylvain Desjardins

Photo : Getty Images / Win McNamee

Radio-Canada

Après quatre jours de suspense, le démocrate Joe Biden a été donné grand vainqueur de la présidentielle américaine. L'ancien vice-président de Barack Obama a franchi le seuil magique des 270 grands électeurs samedi grâce à sa victoire en Pennsylvanie

Amérique, je suis honoré que vous m'ayez choisi pour diriger notre grand pays, a-t-il déclaré sur Twitter.

Joseph Robinette Biden Jr., qui aura 78 ans ce mois-ci, devient le président le plus âgé à accéder à la Maison-Blanche, un rêve auquel il accède après trois essais. C’est un message d’unité qu’il a lancé sur Twitter pour souligner sa victoire.

Le travail qui nous attend sera difficile, mais je vous promets ceci : je serai un président pour tous les Américains – que vous ayez voté pour moi ou non. Je garderai la foi que vous avez placée en moi.

Joe Biden, président élu des États-Unis

La participation record de 66 % est, selon lui, une nouvelle preuve que la démocratie bat avec ferveur au cœur de l'Amérique, et ce malgré des obstacles sans précédent.

Nous sommes les États-Unis d'Amérique. Il n'y a rien que nous ne puissions faire, si nous le faisons ensemble, a assuré Joe Biden, qui s'est adressé aux Américains samedi en soirée.

Dans un concert de klaxons, d'acclamations et de cris, une foule en liesse a afflué dans le centre de Washington, aux abords de la Maison-Blanche, pour célébrer la victoire du démocrate Joe Biden. Des rassemblements spontanés de partisans masqués ont rapidement émergé aux quatre coins des États-Unis, de Philadelphie à New York, en passant par Atlanta.

Une foule en liesse à New York.

Des New-Yorkais célèbrent la victoire de Joe Biden à Times Square.

Photo : afp/afp via getty images / Kena Betancur

La Pennsylvanie, qui compte pour 20 grands électeurs, était cruciale pour une éventuelle réélection de Donald Trump. Joe Biden en a pris la tête dans la journée de vendredi, attisant les réactions de plus en plus virulentes de son rival républicain.

Il a par la suite remporté le Nevada, samedi, en milieu d'après-midi, avec 49,9 % des voix contre 47,92 % pour Donald Trump.

Samedi soir, Joe Biden était crédité de 279 grands électeurs, tandis que Donald Trump en cumulait 214. Même si ce dernier venait à rafler les quatre États qui ne sont toujours pas attribués, il n'obtiendrait que 259 grands électeurs, un score inférieur aux 270 nécessaires pour décrocher les clefs de la Maison-Blanche.

Où en est le dépouillement dans quelques États-clés

En Georgie : 49,45 % des voix pour Joe Biden, 49,30 % pour Donald Trump

En Caroline du Nord : 49,96 % des voix pour Donald Trump, 48,58 % pour Joe Biden

En Arizona : 49,57 % des voix pour Joe Biden, 48,93 % pour Donald Trump

Une victoire historique

Ancienne procureure et fille d'immigrés, Kamala Harris devient donc la première femme noire élue vice-présidente aux États-Unis.

La colistière démocrate a déclaré sur Twitter : Dans cette élection, il s'agit de beaucoup plus que de Joe Biden ou moi-même. Il s'agit de l'âme de l'Amérique et de notre détermination à nous battre pour elle. Nous avons beaucoup de travail devant nous. Mettons-nous au travail.

Kamala Harris devant les micros, lors d'un événement de campagne en Pennsylvanie la veille des élections.

Kamala Harris est la première femme à être élue vice-présidente des États-Unis.

Photo : Getty Images / Mark Makela

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, estime que l’élection de Joe Biden marque le début d’une nouvelle période d’espoir pour les femmes aux États-Unis. Le président élu Biden a un mandat fort, a-t-elle affirmé.

Hillary Clinton a tenu à souligner le caractère historique de cette victoire électorale : [C'est] une répudiation de Trump, et une nouvelle page pour l'Amérique. Merci à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet. En avant, ensemble, a-t-elle partagé sur les réseaux sociaux.

Barack Obama a également salué la victoire historique de Joe Biden.

Nous avons de la chance que Joe ait ce qu'il faut pour être président et se comporte déjà comme tel. Car lorsqu'il entrera à la Maison-Blanche en janvier, il sera confronté à une série de défis extraordinaires qu'aucun nouveau président n'a jamais connus : une pandémie qui fait rage, une économie et un système judiciaire inégalitaires, une démocratie en danger et un climat en péril, a dit le premier président noir des États-Unis dans un communiqué.

Les États-Unis ont par ailleurs recensé plus 132 000 nouveaux cas de COVID-19 vendredi, un pic record depuis le début de la pandémie. Samedi, le pays était en bonne voie de comptabiliser un nombre similaire de nouvelles infections.

Trump continue d'évoquer des fraudes

Donald Trump est rentré samedi après-midi à la Maison-Blanche après une matinée de golf, quelques heures après l'annonce de sa défaite face à Joe Biden.

Le président américain a auparavant passé un peu plus de quatre heures dans son club de Sterling, en Virginie.

À son retour, fidèle à ses habitudes, M. Trump a dénoncé de mauvaises choses qui sont arrivées aux observateurs du camp républicain lors du décompte des bulletins de vote, sans préciser quoi ni dans quel État. Une affirmation rapidement signalée par Twitter comme étant contestée.

Donald Trump regarde vers la caméra.

Donald Trump retourne à la Maison-Blanche quelques heures après que plusieurs médias américains eurent annoncé la victoire de Joe Biden.

Photo : Reuters / CARLOS BARRIA

Rappelons que plus de 70 millions d'électeurs ont voté pour M. Trump, tandis que Joe Biden est gratifié de plus de 74 millions de votes. Le président sortant juge que les bulletins de vote en sa faveur sont légaux, par opposition à ceux de son rival, qui seraient selon lui frauduleux.

Le camp Trump conteste vivement la victoire démocrate et promet de défendre sa cause devant les tribunaux.

Donald Trump répète avoir remporté les élections, après l'avoir déjà proclamé mardi en réclamant une intervention de la Cour suprême. Il multiplie depuis les attaques de fraude électorale.

Dans plusieurs salves de messages virulents aussitôt censurés par le réseau social, il a visé sans ménagement le déroulement du scrutin en Pennsylvanie, alléguant un manque de transparence de certains bureaux de vote.

Le fait est que cette élection est loin d'être terminée, a-t-il déclaré samedi par communiqué.

Les républicains divisés

Rudy Giuliani, l'avocat officiel de M. Trump, a annoncé qu’il déposerait de nouvelles poursuites judiciaires dès lundi. Des observateurs témoignent avoir été privés de leur droit d'inspecter chacun des bulletins de vote postal, selon l’avocat.

Donald Trump est seulement le troisième président depuis la Deuxième Guerre mondiale à perdre sa réélection. Le dernier président sortant à ne pas remporter un second mandat était George H. W. Bush, vaincu par le démocrate Bill Clinton en 1992.

Rudy Giuliani, le doigt levé.

L'avocat et ancien maire de New York Rudy Giuliani, le 7 novembre 2020, à Philadelphie (Pennsylvanie).

Photo : Reuters / Eduardo Munoz

Les membres du Parti républicain se sont pour la plupart faits discrets après l'annonce de la victoire des démocrates.

Sans surprise, le gouverneur de la Floride, Jeb Bush, et le sénateur de l'Utah, Mitt Romney, qui sont tous deux très critiques à l'égard de Donald Trump depuis 2016, ont reconnu la victoire de Joe Biden et Kamala Harris sur Twitter.

Le premier a assuré qu'il allait prier pour le succès de Joe Biden dans ses fonctions de président, tandis que le deuxième a souligné qu’il connaît M. Biden et Mme Harris comme des personnes de bonne volonté et de caractère admirable.

Le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, a aussi salué la victoire démocrate, s'adressant directement à Joe Biden : je sais que vous tiendrez votre promesse et serez le président de tous les Américains.

D'autres, comme l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich ou le représentant de l'Ohio Jim Jordan, ont cependant pris le parti de M. Trump, dénonçant l'establishment ou questionnant l'intégrité de l'élection.

Certains, comme le sénateur de la Floride Marco Rubio ou l'ex-gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee, ont dénoncé le fait que les partisans de Joe Biden se rassemblent en temps de pandémie, eux qui ont abondamment dénoncé les rassemblements républicains pendant la campagne.

Les démocrates estiment quant à eux que les plaintes de certains républicains sont sans fondement, mais ces recours pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l'homologation des résultats. Donald Trump restera président jusqu'au 20 janvier, jour traditionnel de la prestation de serment.

Le taux de participation, qui aurait atteint un niveau sans précédent aux États-Unis, et l'ampleur réelle de la victoire de Joe Biden ne seront connus qu'à la fin du dépouillement de tous les bulletins de vote et de la publication des résultats officiels.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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