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Le désarroi des personnes âgées pendant la pandémie

Une main jeune est posée sur une main plus âgée.

Les chercheurs de la Polytechnique de la Saskatchewan ont interrogé les participants à leur étude au printemps. Plusieurs sont confrontés à des problèmes de solitude, d'anxiété et de mauvaise humeur.

Photo : Donna Carreiro/CBC

Radio-Canada

Au printemps, des chercheurs de la Polytechnique de la Saskatchewan ont interrogé plusieurs fois 40 résidents de la province âgés de 60 ans et plus pour connaître leur ressenti par rapport à l'isolement qu'ils vivent en ces temps de crise sanitaire.

Selon les résultats, certains s'en sortent bien, mais beaucoup souffrent de la solitude. Ils disent éprouver de l'anxiété et un sentiment de déprime à cause du changement de routine, du manque d'exercice. Ne plus recevoir la visite de leurs proches les pèse.

Les gens se sentent piégés, comme en prison, et c’est une période très difficile pour eux, a déclaré la responsable de l'étude, Heather Nelson, à l'émission matinale de CBC Saskatchewan The Morning Edition.

De son côté, Sandra Svoboda raconte que sa mère, placée dans une maison de retraite et qui souffre de la maladie d’Alzheimer, a connu un déclin significatif depuis la mise en place des protocoles pour combattre la COVID-19.

Avant que les visites ne soient limitées et la distanciation physique imposée, sa mère était active, avenante avec les autres et peu agitée. Plus maintenant.

Je crois vraiment que cet isolement social a touché les personnes âgées de manière disproportionnée, confie-t-elle.

Sandra Svoboda constate que depuis qu'elle peut à nouveau emmener sa mère à ses rendez-vous et aller la voir dans sa chambre, son comportement et son moral se sont améliorés.

Mme Svoboda ajoute que si elle pouvait faire venir d'autres membres de la famille à la maison de retraite, cela ferait une différence.

Une approche pluridisciplinaire du protocole

Actuellement en Saskatchewan, les visiteurs sont acceptés dans un centre de soins uniquement si leurs proches sont en fin de vie, s'ils ont subi une importante opération, ou s'ils sont traités aux soins intensifs ou en pédiatrie.

Avant d’entrer, ils doivent remplir un questionnaire. Leur température est vérifiée. Ils ont aussi l'obligation de se laver les mains à leur arrivée et avant de partir, ainsi que de porter un masque.

Mme Svoboda comprend l'importance de prendre des mesures pour freiner la propagation du coronavirus, mais elle pense que leurs effets négatifs sur la santé mentale devaient être pris en considération.

Priver ma mère de ses relations sociales lui a généré des dommages psychologiques et physiques.

Elle aimerait que les personnes âgées dans des foyers puissent être suivies par des psychiatres et des physiothérapeutes.

Beaucoup souhaitent mourir

Selon la psychiatre gériatrique Dre Lilian Thorpe, basée à Saskatoon, cette réalité touche de nombreuses personnes dans les maisons de soins.

Certains meurent sans avoir vu aucun membre de leur famille pendant des mois. À cause de l’isolement social, beaucoup de gens souhaitent mourir parce que la vie est terrible et qu'elle ne s'améliore pas.

Une citation de :Dre Lilian Thorpe, psychiatre gériatrique à Saskatoon,

Rester occupé, rester connecté

Les chercheurs de la Polytechnique de la Saskatchewan qui ont mené leur étude au printemps dispensent des conseils aux personnes âgées pour les aider à préserver leur santé physique et mentale : faire régulièrement de l'exercice, avoir des loisirs, communiquer avec des amis, utiliser la famille comme soutien moral, s'astreindre à une routine et demander de l'aide si nécessaire.

Beaucoup de personnes s'adonnent à des passe-temps qu'elles ne faisaient pas avant la pandémie et se sont ouvertes aux nouvelles technologies en organisant des réunions virtuelles, observe Heather Nelson.

Toutefois, l'hiver risque d'apporter son lot de défis supplémentaires et d'accentuer la sensation d'isolement, prédit-elle.

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