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La deuxième vague de COVID-19 fait déborder les hôpitaux d'Edmonton

Une femme avec un masque sort d'un hôpital.

La deuxième vague épuise le personnel et réduit le nombre de places, notamment à l'Hôpital Misericordia à Edmonton.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 ne cesse de grimper en Alberta, alors que la progression de la deuxième vague a atteint un plateau au Québec et en Ontario.

La situation est grave, selon la santé publique, et se traduit par un engorgement des hôpitaux, particulièrement à Edmonton.

La Dre Erika MacIntyre n'a pas besoin de voir les chiffres publiés par la province pour savoir que le nombre de cas de COVID-19 ne cesse de grimper.

J’ai juste à regarder les admissions, on le voit tous ici, raconte la pneumologue et intensiviste à l’hôpital Misericordia, dans l’ouest d’Edmonton.

Aux premières loges de la deuxième vague qui épuise le personnel et réduit le nombre de places dans les hôpitaux, la Dre MacIntyre a récemment cosigné une lettre ouverte à titre de vice-présidente de l’Association du personnel médical de la zone d’Edmonton. Elle y dénonce le manque d’infirmières et la dégradation rapide du système de santé sous le poids de la COVID-19.

Dans notre routine du matin, on demande combien de lits sont disponibles, combien de patients on peut admettre, quel genre de lits sont disponibles, combien de patients avec la COVID, combien de patients qui n’ont pas la COVID.

Dre Erika MacIntyre
La Dre Erika MacIntyre craint que les hôpitaux d'Edmonton ne puissent plus accueillir davantage de patients.

La Dre Erika MacIntyre craint que les hôpitaux d'Edmonton ne puissent plus accueillir davantage de patients.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Dans la capitale albertaine, 100 patients avec la COVID-19 sont hospitalisés. C'est là aussi que se trouve la majorité des 30 personnes aux soins intensifs dans la province.

La santé publique a lancé cette semaine un sérieux avertissement à l'ensemble de la population.

Dans sept à dix jours, le nombre d'hospitalisations va encore grimper. Ça veut dire que les soins pour les patients albertains qui n'ont pas la COVID vont aussi en subir les conséquences, indique la Dre Deena Hinshaw, médecin hygiéniste en chef de la province.

Edmonton, encore la zone la plus chaude

Le gouvernement albertain reconnaît que la marge de manœuvre dans les hôpitaux d'Edmonton est mince et exhorte du même coup ses citoyens à réduire leurs contacts sociaux pour soulager le réseau.

On doit s'assurer que tous ceux qui sont gravement malades dans cette province reçoivent les soins dont ils ont besoin, c'est notre engagement comme gouvernement, soutient le ministre de la Santé Tyler Shandro, ajoutant qu’il n’hésitera pas à dépenser davantage s’il le faut pour combattre la pandémie, même après l’annonce de la suppression de 11 000 postes dans le réseau de la santé.

Non seulement les hôpitaux débordent, mais huit d'entre eux sont en plus touchés par des éclosions.

Si bien que dans la capitale albertaine, 30 % des chirurgies non urgentes ont été reportées. La pandémie a désormais des répercussions sur l’ensemble des patients, qu’ils soient atteints de la COVID-19 ou non, rappelle la Dre MacIntyre.

On peut se retrouver avec des unités complètement fermées. Si vous fermez une unité, vous ne pouvez plus y admettre de patients. Même si des lits étaient disponibles, ils ne sont plus ouverts, illustre-t-elle.

Malgré les difficultés du système, la Dre MacIntyre demande aux gens malades de ne pas attendre avant de se présenter à l’hôpital.

Ne pas attendre peut faire la différence entre être admis aux soins généraux ou aux soins intensifs. Si vous venez à l’hôpital, il peut y avoir plus d’attente, mais tout le monde fera de son mieux pour vous soigner.

Dre Erika MacIntyre
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Jason Kenney demande la fin des rassemblements privés dans deux villes

Vers de nouvelles restrictions?

Pour le Dr Quentin Durand-Moreau, professeur adjoint à la faculté de médecine de l’Université de l’Alberta, la tendance actuelle est inquiétante.

Je ne suis pas extrêmement confiant, en tout cas à cette heure, et j'aimerais bien que les chiffres diminuent ainsi que le taux de reproduction effectif du virus, explique-t-il.

Ce spécialiste de la santé au travail ne voit pas comment la province parviendra à maîtriser la deuxième vague sans changer de stratégie et imposer davantage de restrictions.

Peut-être, aussi, renforcer le télétravail? [...] Le rendre obligatoire là où il est possible. Ça, c’est des mesures qui peuvent être mises en place, indique le médecin, qui préfère accorder une entrevue à distance, afin de donner l’exemple.

Le gouvernement albertain a d'abord réduit à 15 personnes la taille permise des rassemblements privés à Edmonton et Calgary, avant de carrément demander la fin de ces fêtes. Mais Jason Kenney persiste et signe, il n'est toujours pas question d'imposer des mesures plus strictes qui pourraient nuire à l'économie.

En attendant davantage de restrictions, la Dre Erika MacIntyre implore le public de respecter les mesures d’hygiène pour l’aider elle et ses collègues à faire leur travail.

Portez un masque, lavez-vous les mains, respectez la distanciation, s’il vous plaît!

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