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Analyse

« Télétravailleurs » salariés, commencez à penser à vos impôts

Un homme au téléphone devant son ordinateur.

Pour les employés salariés en télétravail, de nombreuses dépenses seront déductibles d'impôts pour l'année 2020.

Photo : iStock

Vous êtes des milliers d’employés salariés à vous être improvisé un bureau à votre domicile depuis le début de la pandémie. Les agences de revenu du Canada et du Québec vous donnent droit à des déductions mais, à moins de deux mois de la fin de l’année, il vous faut maintenant réunir les preuves de vos dépenses déductibles.

Il est désormais acquis pour la plupart d’entre vous que vous avez passé plus de 50 % de votre temps de travail à la maison pendant l’année, et ce, avec l’accord tacite de votre employeur. Cette condition importante pour obtenir un maximum de déductions est donc remplie.

Votre employeur devra néanmoins remplir pour vous deux formulaires pour indiquer au gouvernement que vous travaillez à domicile et dire quelles étaient vos dépenses : T2200 au fédéral et TP-64.3 au provincial. La tâche s’annonce fastidieuse pour nombre d’entreprises. Malgré les circonstances exceptionnelles, les agences de revenu tardent à dévoiler leurs nouvelles modalités pour l’année d’imposition 2020. L’analyse est toujours en cours, indique-t-on.

D’ici là, que pourriez-vous songer à déduire? La spécialiste de l’impôt chez H&R Block Josée Cabral fait d’abord remarquer que la chose la plus importante est de communiquer avec son employeur pour s’assurer d’avoir droit à la dépense et que cette dépense doit être raisonnable.

On doit avoir la preuve à l’appui en cas de vérification fiscale.

Une citation de :Josée Cabral, spécialiste de l’impôt, H&R Block

Selon les dépenses d’emploi admissibles en 2019, il vous serait possible de déduire les fournitures de bureau comme la papeterie, les crayons et les cartouches d’encre, ainsi que de petits frais d’entretien résidentiels associés à votre travail.

Les dépenses en capital comme un bureau, une chaise ou un ordinateur ne peuvent être déduites pour le moment. La comptable professionnelle agréée Luce Morin ne serait toutefois pas surprise que cette règle soit modifiée vu le contexte actuel. Gardez tous vos reçus, dit-elle, et apportez-les à votre comptable à la fin de l’année. [...] On fera le tri.

Vous pourriez aussi déduire vos factures d’électricité et de chauffage et, si vous êtes locataire, votre loyer. Attention : il vous faudra ici sortir votre ruban à mesurer et déterminer la valeur de ces frais par rapport au pourcentage de la pièce utilisée pour votre travail sur l’ensemble de votre domicile. Mme Morin explique que deux pourcentages s’appliquent si vous travaillez dans une pièce commune telle qu’une cuisine. Par exemple, nous prendrons les 25 % de la pièce que nous devrons multiplier par 75 % du temps occupé pour le travail.

Quant à l’accès au réseau Internet et au téléphone cellulaire personnel, il s’agirait d’établir un pourcentage d’utilisation destinée à votre travail. Notons ici qu’Ottawa n’acceptait pas les frais d’Internet comme dépense déductible en 2019, contrairement à Québec. En effet, les deux paliers de gouvernement ne voient pas toujours les choses du même œil. À suivre pour 2020.

Attention aux dépenses remboursées par l’employeur

Lorsque votre employeur vous rembourse vos dépenses, vous ne pouvez pas, bien entendu, les déduire de vos revenus. Il s’agira d’un avantage non imposable jusqu’à concurrence de 500 $. Le remboursement de mobilier de bureau et de matériel informatique peuvent se qualifier pour cet avantage en 2020.

Vous vous dites sans doute que la procédure est somme toute complexe et que les déductions possibles demeurent limitées. Il y a une logique, nuance Luce Morin. Les ministères veulent éviter que les gens en profitent pour s’aménager une pièce de bureau alors qu’ils n’en avaient pas.

Ce sont tout de même des centaines de dollars que vous pourriez récupérer si vous vous attelez à la tâche. Les locataires en seront les plus grands bénéficiaires.

Scénario fictif

Voici un cas fictif de locataire ayant un revenu moyen, en télétravail pendant les neuf derniers mois de l’année sans autres besoins qu’un ordinateur fourni par son employeur, et qui utilise le quart de son appartement et la moitié de sa consommation d’Internet pour le travail :

600 $ de loyer x 9 mois x 25 % = 1350,00 $

+ 70 $ d’électricité x 9 mois x 25 % = 157,50 $

+ 75 $ d’Internet* x 9 mois x 50 % = 337,50 $

= 1845,00 $ x 37 % (taux d’impôt marginal combiné)

= 682,65 $ de moins d’impôts à payer ou de remboursement

*En supposant que l’Agence du revenu du Canada acceptera pour 2020, compte tenu de la dépendance du télétravail à l’Internet, la déduction pour les frais mensuels d’accès à l’Internet résidentiel.

Un défi pour les créateurs de logiciels d’impôts

De plus en plus de contribuables ont recours à des logiciels pour produire leur déclaration de revenus. Tout de suite, on s’est dit : ça va devenir compliqué rapidement avec les prestations et les dépenses à la maison, qui sont vraiment réglementées, admet la responsable nationale de la conformité et de la fiscalité chez Intuit Canada, Julie Thibodeau. L’entreprise est derrière les logiciels TurboTax et TurboImpôt, utilisés par plus de cinq millions de Canadiens.

Mme Thibodeau précise que les dépenses d’emploi comportent des zones grises et que les questions seront sans aucun doute nombreuses. Il sera important de se renseigner, souligne-t-elle. Nous sommes en train d’évaluer quelles seront les questions fréquemment posées. Les logiciels proposent normalement, moyennant supplément, une consultation avec un expert pour poser ses questions et réviser sa déclaration de revenus.

D’ici à ce que le fisc nous appelle à faire notre devoir, rappelle Mme Thibodeau, on devrait toujours conserver le plus d’informations possible au fur et à mesure qu’on les reçoit.

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