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93 % des comtés les plus touchés par la COVID-19 ont voté pour Trump

Une femme montre un bout de papier à une électrice à travers une barrière de protection translucide.

La COVID-19 a non seulement compliqué la tâche des travailleurs d'élection, elle a aussi influencé les électeurs, constate l'Associated Press.

Photo : Reuters / Jonathan Drake

Radio-Canada

Un examen approfondi des résultats électoraux aux États-Unis montre que le président sortant, Donald Trump, a profité d'un énorme soutien dans les endroits où le coronavirus est le plus actif.

Une analyse de l'Associated Press (AP) révèle que 93 % des 376 comtés qui comptent le plus grand nombre de nouveaux cas par habitant ont voté pour le candidat républicain, un taux largement supérieur à celui des zones moins durement touchées.

La plupart étaient des comtés ruraux du Montana, du Dakota, du Nebraska, du Kansas, de l'Iowa et du Wisconsin – des endroits où l'adhésion aux mesures sanitaires comme la distanciation sociale et le port du couvre-visage est plus faible.

Une femme âgée se cache le nez et la bouche avec son polar en déposant son bulletin de vote dans une boîte postale prévue à cet effet.

Dans un contexte de pandémie, le vote par correspondance a été particulièrement populaire cette année aux États-Unis.

Photo : Reuters / Rick Bowmer

Ce constat fait réfléchir les responsables de santé publique, qui espèrent pouvoir recadrer leurs messages et apaiser le ressentiment d'une partie de la population maintenant que les élections sont terminées.

Les responsables de la santé publique doivent prendre du recul, écouter et comprendre les personnes [qui ne se conforment pas aux mesures sanitaires], estime le Dr Marcus Plescia, de l'Association des responsables de santé publique des États et des territoires américains.

Je pense qu'il y a maintenant des chances que la situation soit moins explosive, juge-t-il. Selon lui, il est envisageable de croire qu'un message renouvelé en matière de santé publique puisse convaincre les Américains de l'importance de faire reculer le coronavirus pour faire en sorte que les hôpitaux ne soient pas submergés pendant l'hiver.

Les élections de mardi se sont déroulées au moment où l'on assiste à une explosion du nombre de cas de COVID-19 et d'hospitalisations aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Le coronavirus a infecté en moyenne près de 90 000 Américains par jour dans la dernière semaine.

Un sondage national mené auprès de 110 000 électeurs par le NORC de l'Université de Chicago pour le compte de l'AP, baptisé « VoteCast », montre par ailleurs que les électeurs démocrates républicains ne s'entendent pas pour dire si la pandémie est maîtrisée ou non.

Quelque 36 % des électeurs de Donald Trump ont décrit la pandémie comme étant « complètement » ou « presque entièrement » maîtrisée, et 47 % ont dit qu'elle était « quelque peu » maîtrisée, tandis que 82 % des électeurs de Joe Biden ont déclaré que la pandémie n'était « pas du tout » maîtrisée.

Toujours selon le sondage, environ la moitié des électeurs de Donald Trump ont désigné « l'économie et l'emploi » comme étant le principal problème auquel les États-Unis sont confrontés – une réponse deux fois plus populaire que « la pandémie ».

À l'inverse, environ 60 % des électeurs de Joe Biden ont dit croire que la COVID-19 était le défi le plus important du pays à l'heure actuelle.

Des pistes de solution pour unifier les Américains

Depuis le début de la pandémie, au moins 74 responsables de santé publique ont quitté leurs fonctions dans 31 États différents, soit parce qu'ils ont démissionné, ont pris leur retraite ou ont été congédiés, selon une analyse de l'AP et de l'organisme Kaiser Health News.

Les élections étant terminées, la hausse des hospitalisations et l'arrivée du temps froid laissent entrevoir un moment pivot, selon Sema Sgaier, directrice générale de la Fondation Surgo, un OSBL basé à Washington qui participe au développement d'un outil permettant d'estimer les besoins des États en matière de vaccins.

Nous devons vraiment nous ressaisir. Et quand je dis "nous", je veux dire "collectivement".

Une citation de :Sema Sgaier, directrice générale de la Fondation Surgo

Selon Mme Sgaier, trouver un terrain d'entente serait plus facile si un ou plusieurs des vaccins développés en ce moment se révélait assez sûrs et efficaces pour obtenir l'approbation du gouvernement américain. Un vaccin nous permettrait de tout redémarrer, estime-t-elle.

Le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Anthony Fauci, pourrait lui aussi offrir une façon d'unifier les Américains. Selon l'enquête VoteCast, 73 % des Américains approuvent sa façon de gérer la pandémie, soit 90 % des démocrates et 53 % des républicains.

Avec les informations de Associated Press

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