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Des infirmières dénoncent « des conditions de travail inhumaines » en Outaouais

Les infirmières marchent sur la piste cyclable à proximité de l'hôpital, pancartes et drapeaux en mains.

Des dizaines d'infirmières ont manifesté devant l'Hôpital de Gatineau, vendredi.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Obligées de travailler à temps complet depuis jeudi, des dizaines d'infirmières de l'Outaouais se sont rassemblées devant l'Hôpital de Gatineau, vendredi, pour dénoncer leurs conditions de travail qu'elles qualifient d'inhumaines.

Nous sommes ici pour dénoncer le traitement sauvage du CISSSO envers ses professionnelles en soins. Depuis 24 h, le CISSSO a pris la décision de les forcer comme des esclaves à travailler à temps complet, a déclaré le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO), Patrick Guay.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais a annoncé le recours à l'arrêté ministériel 2020 - 007 pour combler des besoins de personnel plus tôt cette semaine. L'employeur explique qu'il n'avait pas d'autres choix étant donné l'urgence des besoins causés par la COVID-19 dans la région.

Pour nous on ne comprend pas. Il n'y a pas eu assez d'explications, pas assez de recherche pour faire autrement en amont, estime Loudia Ghars, une infirmière clinicienne au CISSS de l'Outaouais.

L'employeur va pouvoir dire : ''tu rentres à 7 h ce matin, tu rentres à 8 h demain, tu vas rentrer de soir ou de nuit''. Ça va être au gré du bon vouloir de l'employeur. Ce n'est pas comme ça qu'on doit traiter des professionnelles en soins, martèle M. Guay.

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Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO).

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Environ 400 infirmières et de 150 à 200 préposés aux bénéficiaires sont touchés par cette décision.

Les gens qui choisissent le temps partiel, bien souvent, c'est parce qu'ils ont de bonnes raisons. Les forcer à travailler, c'est nier leurs besoins.

Loudia Ghars, infirmière clinicienne au CISSS de l'Outaouais

Je trouve ça vraiment épouvantable. On m'a dit que je dois travailler une journée de plus par semaine même si je suis encore aux études. On travaille à temps partiel pour concilier le travail et la famille, mais on se fait enlever nos droits, déplore pour sa part Alexandra Desbiens, une infirmière de l'urgence de Hull.

C'est une profession majoritairement de femmes et beaucoup de mes collègues sont monoparentales. Elles ont leurs enfants une semaine sur deux, donc elles ont besoin d'être à temps partiel, ajoute Caroline Dufour, l'assistante infirmière-chef à l'Hôpital de Gatineau.

Des départs anticipés vers l'Ontario?

À la suite de la détérioration de leurs conditions de travail, plusieurs infirmières songeraient à quitter le système de santé en Outaouais pour aller travailler en Ontario. Selon Patrick Guay, une infirmière a déjà quitté et cinq autres sont actuellement en voie d'être embauchées.

Juste ce matin sur Facebook, j'avais des annonces de l'Hôpital Montfort et de l'Hôpital général d'Ottawa, donc si elles apparaissent sur le mien, elles doivent apparaître sur ceux des professionnelles en soins de l'Outaouais aussi, souligne le président du SPSO.

C'est sûr que j'y pense, j'ai déjà mon permis parce que j'avais fait mes études en Ontario, reconnaît Mme Dufour.

La jeune femme en entrevue devant un hôpital.

L’assistante infirmière-chef à l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, Caroline Dufour, évoque une situation particulièrement difficile (archives).

Photo : Radio-Canada

Les infirmières s'inquiètent surtout de ne pas savoir jusqu'à quand le temps complet avec des horaires atypiques leur sera imposé. La qualité des soins qui seront offerts aux patients est également une préoccupation selon plusieurs d'entre-elles.

On voit les cas rentrer et on a l'impression que ça va être probablement pour longtemps. C'est stressant, on ne sait pas où on s'en va pour cet hiver et on est déjà dans la deuxième vague. Si ça devient pire, si on est toutes à temps plein, fatiguées, ça va être des épuisements professionnels, des accidents et des démissions probablement aussi, avance l'assistante infirmière-chef à l'Hôpital de Gatineau.

On est des humains comme tout le monde. Ultimement, on souhaite soigner les patients de façon adéquate et sécuritaire, mais ce n'est plus le cas actuellement, conclut pour sa part Alexandra Desbiens, infirmière de l'urgence de Hull.

Le CISSS de l'Outaouais n'a pas indiqué quelles seront les éventuelles conséquences pour ceux et celles qui refuseraient de travailler à temps complet. Le directeur par intérim des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques, Robert Giard, a précisé qu'il ne souhaite pas devoir en arriver là.

Avec les informations de Christian Milette

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