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Reconnaître les territoires non cédés pour faire avancer la réconciliation

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Le drapeau mi'kmaq, blanc avec une croix rouge, une étoile et un croissant de lune rouge.

Le drapeau mi'kmaq flotte en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Rob Short

Radio-Canada

« Nous tenons d’abord à souligner que les terres sur lesquelles nous sommes rassemblés font partie du territoire traditionnel non cédé des Micmacs. » Vous avez peut-être déjà entendu ce genre de déclaration. C’est de plus en plus courant au Nouveau-Brunswick et ailleurs au pays, avant des cérémonies ou des événements officiels. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement?

Le député du Parti vert dans la circonscription de Kent Nord, Kevin Arseneau, a pris l’habitude de reconnaître les territoires non cédés avant de prendre la parole publiquement.

Kevin Arseneau, candidat dans la circonscription de Kent-Nord.

Kevin Arseneau, député dans la circonscription de Kent-Nord.

Photo : Radio-Canada

La reconnaissance du passé colonial du Canada est la première étape avant qu’on puisse arriver à une réelle réconciliation, croit-il.

Des universités, des organismes culturels, mais aussi des élus municipaux, provinciaux et fédéraux, utilisent leur tribune pour réaffirmer le rôle des Premières Nations dans l’histoire du pays.

Passer de la parole aux actes

La cheffe de la communauté malécite de Madawaska, Patricia Bernard, salue et encourage le geste. Elle pense que la popularité de ce type de déclaration est un legs de la Commission de vérité et réconciliation. Mais Patricia Bernard voudrait que ces paroles se traduisent en actions.

C’est une bonne chose, mais nous, les chefs Wolastoqey, avons besoin d’une reconnaissance juridique.

Patricia Bernard, cheffe de la communauté malécite de Madawaska

Récemment, six des huit communautés de la Première Nation Wolastoqey, ont entamé une poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Ils réclament la reconnaissance de presque la moitié du territoire de la province.

Les territoires couverts par les traités de paix et d'amitié signés avec la Couronne entre 1725 et 1778.

Les territoires couverts par les traités de paix et d'amitié signés avec la Couronne entre 1725 et 1778.

Photo : Radio-Canada

Cette démarche ne vise pas à déloger qui que ce soit, mais à encourager les consultations avec les Premières Nations, notamment en ce qui concerne les projets d’exploitation des ressources naturelles ou les droits relatifs à la pêche et à la chasse de subsistance.

Une valeur symbolique

Pour l’historien Maurice Basque, les déclarations publiques sur les territoires non cédés permettent de se rappeler la valeur des traités.

Avec les Autochtones, c’est comme si [les traités] étaient un détail. Comme si c’était juste des bouts de papier finalement, alors qu’un traité, c’est un traité, explique M. Basque.

L'historien Maurice Basque prend une photo lors d'un passage en studio.

Maurice Basque, historien et professeur à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Patricia Bernard rappelle qu’au Canada, plusieurs territoires n’ont jamais été cédés par les Premières Nations.

Dans les Maritimes, des traités de paix et d'amitié ont été signés avec la Couronne britannique entre 1725 et 1778, mais ces derniers ne prévoyaient aucune cession de territoire, souligne la cheffe.

Malgré tout, la reconnaissance de la présence autochtone est un pas en avant selon Michèle Audette, adjointe au vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes et conseillère principale à la réconciliation et à l'éducation autochtone à l’Université Laval. Elle croit que les déclarations sur la territorialité sont importantes pour éduquer la population.

Dans l’histoire, on a été complètement tassés et là on ramène de façon protocolaire et amicale ou polie, qu’on n’aurait pas dû faire ça. Pour moi, c’est précieux, pense Mme Audette.

Avec les informations de Marie-Ève Brassard

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