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Soins aux aînés en résidence : « promesse électorale » ou engagement clair?

Une femme pousse la chaise roulante d'une personne âgée

Le gouvernement de Doug Ford n'a pas détaillé dans son budget dévoilé jeudi comment il compte augmenter le nombre d'heures de soins par jour par aîné.

Photo : Shutterstock

Dans son budget, le gouvernement de l’Ontario n’a ni précisé son plan ni spécifié la somme qu’il investira pour assurer quatre heures de soin par jour par résident dans les foyers de soin de longue durée d’ici l'année 2024-2025. La décision divise les associations du secteur de la santé, qui oscillent entre optimisme prudent et frustration.

Le gouvernement peut dire ce qu’il veut. Plus personne ne va le croire à moins qu’il y ait de l’argent dans le budget pour appuyer sa promesse. Ce n’est qu’une promesse électorale, rien de plus, lance sans détour Dre Doris Grinspun, directrice générale de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario.

Elle rappelle les engagements creux des prédécesseurs du gouvernement Ford. L’ex-chef libéral Dalton McGuinty avait promis 3,5 heures de soins par jours aux résidents en 2003. Plus récemment, Kathleen Wynne avait promis en 2017 quatre heures de soin d’ici 2022.

Dre Doris Grinspun soutient que son association revendique quatre heures de soin par résident depuis une décennie, et que la question fait consensus dans la province. Cela fait d’ailleurs partie des recommandations de la récente Commission d’enquête sur la COVID-19 dans les foyers de soins de longue durée.

« Que le gouvernement en fasse l’annonce en grande pompe lundi, puis ne mette pas un sou dans le budget pour la remplir, c’est fourbe, fallacieux, c’est une tragédie. »

— Une citation de  Doris Grinspun, directrice générale de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario
La présidente de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario, Doris Grinspun.

Doris Grinspun voudrait un engagement financier dès maintenant.

Photo : Radio-Canada

Optimisme prudent

De son côté, L’Association des soins de longue durée de l’Ontario (OLTCA) ne se formalise pas de la situation.

Nous ne sommes pas dans une position où nous pouvons répondre à l’exigence. On n’a pas assez de personnel, et donc on ne s’attendait pas à une somme précise dans le budget. Mais on est heureux de voir un engagement , explique la présidente Donna Duncan.

Elle affirme toutefois préférer l’action aux annonces..

Souvent on voit des objectifs merveilleux, mais le gouvernement ne réfléchit pas vraiment aux moyens d’y parvenir, soutient Donna Duncan. On doit s’assurer que ces fameuses annonces doivent pouvoir être mises en place de façon cohérente.

« Le secteur des soins de longue durée, en ce moment, c’est comme un jeu de Jenga. Le gouvernement ne cesse de placer de nouvelles pièces sur le dessus de la pile sous la forme d’annonce et de politiques, mais en fait, on devrait plutôt assembler un casse-tête. »

— Une citation de  Donna Duncan, présidente de l’Association des soins de longue durée de l’Ontario

Optimiste, mais prudente, elle dit être prête à travailler avec le gouvernement et ses partenaires afin de profiter des circonstances favorables entourant les récentes annonces pour le secteur des soins de longue durée.

2025, un objectif réaliste?

L’Association des préposés aux services de soutien à la personne de l’Ontario (OPSWA) remarque lui aussi une tendance similaire : si le terme préposé aux bénéficiaires n’apparaissait qu’une seule fois au précédent budget, il est maintenant omniprésent.

Mais pour offrir quatre heures de soins par résident par jour, il faut s’assurer d’avoir la main-d’œuvre nécessaire, rappelle Ian Da Silva, directeur des ressources humaines de l’association.

Or, selon lui, la province n’a pas la capacité de remplir cette promesse du jour au lendemain.

Il estime que pour que la promesse du gouvernement soit réalisable, il faut d’abord et avant tout rendre la profession de préposé aux bénéficiaires attrayante. Il martèle que le titre de préposés aux bénéficiaires doit être protégé afin de lui redonner ses lettres de noblesse.

« Quatre heures de soins par jour, c’est rassurant lorsqu’on a un être cher en foyer de soin de longue durée. Mais du point de vue des ressources humaines, c’est un objectif très ambitieux. »

— Une citation de  Ian Da Silva, directeur des ressources humaines de l’Association des préposés aux services de soutien à la personne de l’Ontario

Ainsi, il se dit heureux que le gouvernement ait pris un engagement avec une date limite raisonnable et des cibles claires.

Des aînés dans une résidence.

Ian Da Silva affirme qu'il faut valoriser davantage le travail des préposés.

Photo : Radio-Canada

L’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario tient un tout autre discours. Peut-on offrir 3,5 heures de soins aux résidents aujourd’hui? Oui. 4 heures? L’année prochaine, affirme Dr Doris Grinspun.

« Des centaines et des milliers de personnes âgées vont mourir d’ici 2024, alors que leur décès peut être prévenu. Le gouvernement a décidé d’ignorer la tragédie qui se déroule actuellement dans les centres de soins de longue durée. »

— Une citation de  Dre Doris Grinspun, directrice générale de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario

Elle rejoint toutefois les deux autres associations quant au besoin de rendre le secteur des foyers de soins de longue durée plus attrayant et plus digne.

Si les employés ont les ressources nécessaires pour offrir les soins que les aînés méritent, on va pouvoir attirer encore plus de main-d’œuvre , conclut-elle.

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