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Le groupe Facebook pro-Trump Stop the Steal, fermé par le réseau social

Une partisane de Donald Trump manifeste à Philadelphie avec une pancarte indiquant que le vote est fermé le 3 novembre

Une partisane de Donald Trump manifeste à Philadelphie avec une pancarte indiquant que le vote prend fin le 3 novembre

Photo : Reuters / MARK MAKELA

Agence France-Presse

Stop the Steal (arrêtez le vol), un groupe Facebook qui comptait quelque 350 000 membres et un mot-clic devenu viral en 48 heures, a propagé rapidement la théorie sans fondement selon laquelle les démocrates voudraient « voler l'élection » présidentielle au moyen de fraudes électorales massives.

La fausse rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre depuis le 3 novembre, quand le président a relancé l'idée d'une tentative démocrate de voler l'élection sur son compte Twitter de quelque 88 millions d’abonnements.

La thèse a immédiatement été reprise par des leaders d’opinion de son camp, dont son fils Donald Trump Jr., très présent sur les réseaux sociaux (6 millions d’abonnements sur Twitter), Elizabeth Harrington, porte-parole du parti républicain, et des porte-voix moins connus, comme Chris Barron.

Le mot d'ordre, déjà utilisé par les républicains lors des législatives de 2018, déclenche rapidement des appels à des actions concrètes.

Les États-clés ciblés

La page Facebook Stop The Steal, qui comptait quelque 350 000 membres jeudi, énumérait une série d'événements  surtout des manifestations dans les États-clés où le suspense entourant le nom du vainqueur persiste, de la Georgie au Nevada en passant par la Pennsylvanie. Des rassemblements qui se sont effectivement multipliés partout aux États-Unis depuis mercredi.

Ces appels à passer à l'acte  accompagnés parfois d'allusions violentes, notamment avec le mot-clic #civilwar (guerre civile)  ont poussé les gens qui soutiennent Joe Biden et la société civile à tirer la sonnette d'alarme et à appeler Facebook à fermer cette page, ce qui a finalement été fait jeudi en milieu de journée.

Étant donné les mesures exceptionnelles que nous prenons pendant cette période de tensions, nous avons retiré le groupe Stop the Steal, qui organisait des événements dans le monde réel.

Un porte-parole du groupe californien à l'Agence France-Presse

Ce groupe était constitué autour de la délégitimation du processus électoral et nous avons vu de préoccupants appels à la violence de la part de membres du groupe, a ajouté le porte-parole.

Les pro-Trump se mobilisent

Les partisans et partisanes du président ont, sans surprise, immédiatement crié à la censure, dénonçant la disparition de cette page lancée par le groupe pro-Trump Women for America First (Les femmes pour l'Amérique d'abord).

Facebook a fermé la page Stop the Steal, qui comptait 365 000 membres : les réseaux sociaux traitent-ils de la même façon Black Lives Matter? lançait notamment Chris Barron, dans un message retweeté par Donald Trump Jr.

Pour Emily Dreyfuss, du Shorenstein Center spécialisé dans l'observation des médias, Stop the Steal s'est avéré plus efficace, car l'expression réduit la question complexe du collège électoral et du dépouillement à un message simple et orienté.

Comme un précédent mot d'ordre trumpiste, #BidenCrimeFamily, qui accusait Joe Biden et sa famille d'activités criminelles aussi diverses qu’infondées, Stop The Steal est une campagne de manipulation des médias bien organisée, dont l'impulsion est venue de l’influence de responsables du camp Trump plutôt que de la base, selon ses analyses.

D’autres vagues attendues

Personne ne s'attend à ce que la fermeture de la page Facebook sonne la fin de cette campagne.

L'expression Stop the Steal était toujours abondamment utilisée jeudi soir sur Twitter, et servait aussi de slogan dans des manifestations filmées et diffusées en direct, explique Renee DiResta, chercheuse au Stanford Internet Observatory, qui suit la désinformation en ligne.

Cela pose de vrais défis aux plateformes, même si elles luttent beaucoup plus agressivement contre la désinformation qu'en 2016, dit-elle.

La campagne Stop the Steal est alimentée par de nombreuses théories farfelues, qui enflamment les réseaux depuis mardi, comme celle du #Sharpiegate, en référence aux stylos américains de la marque Sharpie.

À en croire les internautes qui la propagent, l'utilisation de ces stylos-feutres  très courants aux États-Unis  pour remplir les bulletins de vote suffirait à les rendre illisibles par les machines de comptage et donc à les invalider.

Lancée dans un comté de l'Arizona, la thèse  très vite démentie par les responsables de l'État  s'est rapidement propagée au point que des manifestations ont été organisées mercredi soir devant le bureau des élections de ce comté pour exiger un recomptage.

Contre la désinformation, les faits ont souvent peu de poids : une fois à l'air libre, les idées, même infondées, s'impriment souvent dans les esprits et entachent de soupçons les personnes ou les processus démocratiques concernés.

Ces théories risquent donc de continuer à prospérer après l'élection, selon Alex Stamos, directeur du Stanford Internet Observatory, et de se répandre comme les théories conspirationnistes de QAnon, mouvance d'extrême droite qui présente Donald Trump comme menant une guerre secrète contre les élites mondiales, truffées de pédophiles satanistes.

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