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Des équipes d'intervention autochtones pour remplacer la police en situation de crise

des colombes volent dans les airs devant un immeuble à Toronto et des gens

L'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario (UES) estime qu'il n'y a aucun motif raisonnable pour accuser les policiers présents lors de l'intervention durant laquelle est morte Regis Korchinski-Paquet, en mai dernier, à Toronto. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC

Des équipes d’intervention dirigées par des Autochtones pour des Autochtones en situation de crise remplaceront celles de police dans le cadre d’un nouveau projet pilote à Scarborough, dans l’est de Toronto.

Mis en œuvre par les Services autochtones à l'enfance et la famille, ce programme se déroulera dans le quartier Kingston et Galloway Roads avec le soutien de la police de Toronto et des groupes de santé communautaires.

Lorsqu'un membre de notre communauté voit un agent en uniforme, il se produit un impact intergénérationnel et cette réaction traumatisante peut vraiment changer la façon dont se déroule l'interaction, explique Jeffrey Schiffer, directeur général de l'organisme à l'origine du projet pilote.

Le passé demeure douloureux entre les peuples autochtones et les services de police. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) reconduisait les élèves des pensionnats vers leurs établissements lorsqu'ils s'en échappaient et devaient même les arracher à leurs parents.

Même si le processus de réconciliation est en cours, il prend du temps et l'impact intergénérationnel demeure, rappelle M. Schiffer.

Mais après des mois de manifestations pour le définancement de la police et des recommandations sur les façons de la réformer, il était temps d'aller de l'avant et de proposer quelque chose de concret, selon lui.

On sait que les personnes noires et autochtones sont surreprésentées parmi les gens tués par la police, dit-il.

un homme portant des lunettes, cheveux roux

Jeffrey Schiffer, Services autochtones à l'enfance et la famille

Photo : Radio-Canada / Joe Fiorino/CBC

Il s'agira d'avoir des cliniciens formés à la culture et aux traumatismes propres à ces communautés, capables de répondre 24 h sur 24 en situation de crise de santé mentale, de violences domestiques et d'autres différends qui ne demandent pas la présence de la police.

Jeffrey Schiffer, directeur Services autochtones à l'enfance et la famille

Nous reconnaissons que, dans certaines circonstances, la participation de la police est nécessaire et, le cas échéant, nous aurons alors un mécanisme pour l'informer et la faire participer, ajoute-t-il.

Son organisme soumettra ce mois-ci un rapport sur le projet pilote à la ville pour approbation et proposition de financement par tous les paliers de gouvernements.

Les équipes d'intervention de crise pourraient donc être prêtes d'ici le printemps 2021.

Erick Laming, étudiant au doctorat en criminologie à l'Université de Toronto, a fait des recherches sur le recours à la force par la police, en particulier lorsque des Autochtones ou des Noirs sont impliqués.

Il explique que des premiers répondants non armés et qui ne sont pas en uniforme pourraient être en mesure de désamorcer certaines situations qui tournent souvent mal avec la police.

Ces personnes seraient mieux capables de comprendre, ont souvent plus de patience face à un grand nombre de problèmes différents, dit-il.

Un jeune homme avec une barbe brune sourit

Erick Laming, étudiant au doctorat en criminologie, Université de Toronto

Photo : (Erick Laming)

Surtout, si les intervenants sont en civil et non armés, cela peut avoir un effet calmant. Ils sont perçus comme quelqu'un qui est là pour aider, pour écouter et non pour juger, incarcérer et mener devant la justice.

Erick Laming, étudiant au doctorat en criminologie, Université de Toronto

Des populations surreprésentées

En juillet, une étude réalisée par CBC montrait qu'entre 2000 et juin 2020, les Autochtones représentaient 16 % des personnes tuées lors d'interventions policières, alors qu'ils ne comptent que pour un peu plus de 4 % de la population canadienne.

L'étude indiquait également que 68 % des personnes tuées par la police souffraient de problèmes de santé mentale ou de dépendance à la drogue.

Dans un courriel adressé à CBC News, la porte-parole du Service de police de Toronto, Meaghan Gray, dit que son service soutient activement ce projet pilote. Dans des circonstances appropriées, une réponse communautaire peut non seulement permettre à la police d'être là où le public en a vraiment besoin, mais aussi permettre d'obtenir de meilleurs résultats pour toutes les communautés, peut-on y lire.

Le projet est en développement et c'est la division 43 du Service de police qui aidera si elle est appelée à soutenir les équipes d'intervention autochtones.

Étant donné tous les appels pour la réaffectation des fonds de la police aux organismes communautaires, c'est le moment idéal pour un partenariat comme celui-ci d'envisager de nouveaux moyens de fournir des services de santé mentale, aux victimes et de sécurité communautaire, conclut-elle.

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