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« Nous allons gagner avec une majorité claire »

Joe Biden derrière un lutrin.

Alors qu'il s'approche de plus en plus de la Maison-Blanche, Joe Biden a lancé un appel à l'unité.

Photo : AP / Carolyn Kaster

Radio-Canada

Plus de trois jours après l'élection présidentielle, le gagnant n'est toujours pas déclaré, mais le candidat démocrate Joe Biden estime « qu'il va l'emporter avec une majorité claire ».

Optimiste, il s'est adressé aux Américains vendredi soir pour leur dire qu’il est certain de gagner l'élection présidentielle.

Je n'ai pas de déclaration finale, signifiant de prime abord qu’il n’allait pas se déclarer vainqueur avant la finalisation du dépouillement des votes.

Dans sa courte allocution, il a appelé les Américains à se rassembler pour surmonter la colère, alors qu'il est proche de remporter la présidence face à Donald Trump, qui a dénoncé un scrutin volé.

Nous sommes en avance partout, a-t-il dit en énumérant les États dans lesquels il est en avance comme la Georgie, le Nevada ou la Pennsylvanie, en soulignant que depuis les dernières 24 heures, l'écart ne cessait de se creuser avec son adversaire Donald Trump.

Il a également déclaré être sur la bonne voie pour atteindre le nombre de 300 grands électeurs du collège électoral.

Il a martelé qu’il allait gagner cette élection avec une majorité claire.

Pour renforcer son propos, M. Biden s’est appuyé sur le chiffre de 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui et sa colistière, soit quatre millions de voix de plus que pour Donald Trump.

Le peuple a parlé.

Une citation de :Joe Biden

Joe Biden a également insisté sur la nécessité de terminer le dépouillement. Chaque vote dépouillé représente une personne, a-t-il rappelé.

Adoptant un ton présidentiel, il a ajouté que les électeurs lui ont donné un mandat clair pour agir contre la COVID-19, l’économie, les changements climatiques et le racisme systémique.

Il a annoncé que lui et sa colistière Kamala Harris ont déjà commencé à rencontrer des responsables.

Le premier jour, nous allons mettre en place notre plan contre la pandémie et pour la relance, a-t-il assuré.

Proche de la Maison-Blanche

Le démocrate semble se rapprocher d'heure en heure de la Maison-Blanche, notamment grâce à la Pennsylvanie, un État qui lui permettrait de franchir le seuil des 270 grands électeurs et où son avance ne cesse d'augmenter.

Après avoir devancé le président Trump en Pennsylvanie et en Georgie, le candidat démocrate a même accru l'écart pendant la journée de vendredi, en plus de doubler son avance au Nevada et de la maintenir en Arizona.

Vers 22 h, M. Biden recueillait 49,6 % des suffrages, contre 49,2 % pour M. Trump, devançant ce dernier par près de 27 000 voix.

96 % des bulletins ayant été dépouillés, Joe Biden semble bien placé pour remporter l'État dans lequel il est né et qui avait tourné le dos aux démocrates en 2016. Sans cet État, Donald Trump, à la traîne dans le nombre de grands électeurs, ne peut tout simplement plus espérer remporter un second mandat à la tête du pays.

L'avance du président sortant, qui excédait les 600 000 votes le soir du scrutin, s'est évaporée en raison des bulletins postaux dépouillés dans les régions urbaines de Philadelphie et de Pittsburgh, largement favorables à M. Biden.

Les votes par correspondance ont pour l'instant favorisé le candidat démocrate par une marge de 76 % à 23 %, selon le New York Times. L'écart n'est pas surprenant, puisque les données montraient que les électeurs démocrates sont bien plus nombreux à avoir adopté ce mode de vote que les républicains.

Une femme noire portant un chandail anti-Trump célèbre l'avance de Biden en Pennsylvanie, au milieu d'autres manifestants opposés au président.

Des partisans de Joe Biden enthousiastes après avoir appris qu'il devance désormais Donald Trump en Pennsylvanie.

Photo : Reuters / MARK MAKELA

Il reste encore des dizaines de milliers de bulletins de vote à comptabiliser avant que ne soit officiellement déterminé qui recevra les 20 grands électeurs de l’État. Les responsables à Philadelphie ont indiqué que le dépouillement pourrait encore prendre quelques jours.

Il reste notamment à compter les voix exprimées par les militaires.

Les retards, dans cet État et ailleurs, s'expliquent notamment par le temps de traitement plus long des bulletins postaux. Contrairement à d'autres États, l'Assemblée législative de la Pennsylvanie, à majorité républicaine, a refusé d'amorcer le processus avant mardi dernier.

Il reste entre autres à compter des bulletins de militaires basés à l'étranger, des bulletins envoyés d'outre-mer ou d'autres, dits provisionnels. Pour ces derniers, les électeurs ont la possibilité de venir rectifier des problèmes techniques si leur vote n'a pas pu être compté, en raison, par exemple, d'une signature manquante ou d'une identité qui n'a pas pu été confirmée.

Dans la soirée, la Cour suprême a par ailleurs ordonné à la Pennsylvanie de séparer les bulletins de vote arrivés par la poste après le 3 novembre de ceux arrivés avant le jour du vote en attendant que soit tranché le sort des bulletins de vote portant le cachet de la poste du 3 novembre, mais arrivés après.

L'État le prévoyait pourtant déjà, mais les républicains doutent que cela respecté dans tous les comtés. Le camp républicain a ajouté ce recours judiciaire à ceux, nombreux, lancés jusqu'à présent, se tournant cette fois, pour la première fois depuis l'élection, vers la Cour suprême.

En 2016, le magnat de l'immobilier et vedette de téléréalité avait créé la surprise en remportant la Pennsylvanie par un peu plus de 44 000 voix devant Hillary Clinton.

Cette victoire, combinée à celles, tout aussi serrées et inattendues, au Wisconsin et au Michigan, lui avait donné les clefs de la Maison-Blanche. M. Biden a réussi à ramener ces deux États dans le giron démocrate, selon les projections des médias américains.

Quand l'élection sera terminée, le président Trump sera réélu, a commenté plus tôt l'avocat principal de la campagne de M. Trump, Matt Morgan, alléguant des irrégularités en Pennsylvanie, en Georgie et au Nevada.

Biden aussi en avance en Georgie, en Arizona et au Nevada

Une travailleuse d'un bureau électoral étudie un bulletin de vote postal.

Une employée du bureau électoral du comté de Fulton, à Atlanta, dépouille un bulletin de vote le 5 novembre 2020.

Photo : Reuters / BRANDON BELL

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le candidat démocrate a aussi damé le pion à Donald Trump en Georgie, où il mène après le dépouillement de plus de 99 % des bulletins. Il recueille 49,4 % des votes comptabilisés, contre 49,3 % pour son adversaire.

Il s’agit là aussi d’un renversement majeur de situation. Jeudi matin, Biden accusait un retard de 30 000 voix sur son rival républicain, qui a remporté ce bastion républicain par cinq points de pourcentage en 2016.

Prévisible, la tendance se dessinait depuis plusieurs heures déjà, puisque les votes postaux qui restent à comptabiliser proviennent essentiellement de zones urbaines très favorables aux démocrates, comme celles d’Atlanta.

Si elle se confirmait, M. Biden raflerait les 16 grands électeurs de la Georgie et deviendrait le premier démocrate à remporter l'État depuis Bill Clinton en 1992.

Le secrétaire d'État de la Georgie, Brad Raffensperger, a déjà fait savoir qu'un recomptage aurait lieu dans l'État. Les républicains en ont déjà demandé un au Wisconsin.

En Arizona (11 grands électeurs), Joe Biden mène par environ près de 30 000 voix, selon les derniers résultats disponibles, mais l'écart avec son adversaire républicain s'est réduit en cours de journée. Joe Biden obtient ainsi 49,6 % des votes comptabilisés, contre 48,6 % pour son rival, avec 95 % des bulletins dépouillés. Il en reste plusieurs dizaines de milliers à comptabiliser.

Au Nevada, le candidat démocrate récolte 49,8 % des votes, contre 48 % pour Donald Trump, avec 93 % du dépouillement effectué. Son avance sur M. Trump est de plus de 22 600 voix, mais plus de 100 000 bulletins n’ont pas encore été comptabilisés, sans compter ceux qui ont été transmis par la poste avant la fermeture des bureaux de vote et qui arriveront avant mardi prochain.

Donald Trump mène par ailleurs en Alaska (3) et en Caroline du Nord (15), qui était considéré comme un État clé, mais qui n'est plus vu comme déterminant.

Le vainqueur doit récolter 270 des 538 grands électeurs, qui doivent normalement se réunir le 14 décembre pour officialiser les résultats, sous réserve des poursuites judiciaires que l'équipe de campagne de Donald Trump a entreprises.

Pour le moment, Joe Biden est crédité de 264 grands électeurs, selon les projections d’Associated Press et de Fox News, qui lui attribuent la victoire en Arizona, contre 214 pour Donald Trump.

Les grands réseaux américains (CNN, CBS, ABC, NBC), le New York Times et le Washington Post ne se sont cependant pas prononcés sur le résultat du scrutin en Arizona, et attribuent donc 253 grands électeurs au candidat démocrate.

Trump s'accroche

Des dizaines de personnes manifestent avec des pancartes sur lesquelles on peut lire « Arrêtez la tricherie », « Biden s'est fait battre » ou « Les morts ne peuvent pas voter ».

Des partisans de Donald Trump manifestent vendredi devant le Centre TCF de Détroit au Michigan, où le comptage des votes est toujours en cours.

Photo : Getty Images / AFP/JEFF KOWALSKY

Dans un tweet publié depuis qu'il s'est fait devancer en Pennsylvanie, le président Trump a une nouvelle fois remis en doute l'intégrité du système électoral de cet État, sans offrir plus de preuves d'irrégularités que les jours précédents.

En début d'après-midi, la campagne Trump a publié une déclaration dans laquelle le président baissait quelque peu le ton, sans parler de fraude ni de corruption, mais sans pour autant se montrer disposé à concéder la victoire.

II y affirme que les Américains méritent la transparence la plus complète dans le dépouillement des votes et que l'intégrité de tout le processus électoral est en jeu.

Il dit vouloir utiliser tous les aspects de la loi pour garantir que tous les votes légaux seront comptés et que les Américains pourront avoir confiance en leur gouvernement.

Condamnant une dangereuse stratégie de désinformation, certains membres de la famille républicaine ont pris leurs distances après son allocution de mercredi soir à la Maison-Blanche, mais plusieurs poids lourds ont approuvé son message ou ont gardé le silence.

Plusieurs chaînes télévisées ont coupé le discours du candidat républicain et ont dénoncé ses allégations.

À l'heure actuelle, Donald Trump n'a que très peu d'options pour remporter un deuxième mandat. Il devrait non seulement remporter la Pennsylvanie et la Caroline du Nord, mais aussi renverser des résultats favorables à M. Biden en Georgie ainsi qu’en Arizona ou au Nevada.

Avec les informations de CNN, Associated Press, Agence France-Presse, et New York Times

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