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Plusieurs chaînes de télévision coupent Trump et dénoncent ses allégations

Les allégations du président ne passent plus la ligne éditoriale de certaines chaînes d’information américaines.

Donald Trump derrière un podium à la Maison-Blanche. À l'avant-plan, on aperçoit un panneau sur lequel est écrit « Exit ».

Le président Donald Trump lors de son allocution à Washington le 5 novembre

Photo : AP / Evan Vucci

Radio-Canada

« Et nous y voilà encore, dans la position inhabituelle de devoir non seulement couper la parole au président des États-Unis, mais aussi de le corriger », s’est excusé avec agacement le journaliste Brian Williams, de MSNBC, sans laisser Donald Trump finir son discours en direct de la Maison-Blanche.

La fin du mandat présidentiel accélère les réactions de certaines chaînes de télévision américaines qui ont décidé de couper en direct la retransmission de l'allocution du président Donald Trump, estimant qu’il mentait éhontément et faisait de la désinformation.

Alors que le dépouillement des voix se poursuivait jeudi soir, M. Trump venait de déclarer, depuis la Maison-Blanche, qu'il allait gagner facilement si les votes légaux étaient comptés, mais que si l'on incluait les votes illégaux, les démocrates pouvaient essayer de [nous] voler l'élection.

Il n’a pas manqué de fustiger la presse dans son discours, accusant l'interférence des médias et des grandes entreprises technologiques dans l'élection. Leur réplique ne s'est pas fait attendre sur les réseaux sociaux.

Le président Trump, sans aucune preuve, a affirmé que les élections présidentielles étaient corrompues et frauduleuses. Tôt, nous avons arrêté la retransmission en direct de ses propos et retiré la vidéo de nos plateformes a expliqué sur Twitter Nicole Carroll, rédactrice en chef du quotidien USA Today.

Ubuesque

Il semblerait que les embardées et outrances de Donald Trump ne passent plus la ligne éditoriale de certaines chaînes d’information nationales qui s’affranchissent ouvertement de leur obligation d’impartialité.

NBC News et ABC News ont aussi interrompu la diffusion de cette conférence de presse, où le président a quitté son podium avant que les journalistes puissent poser des questions.

CNN a quant à elle décidé de ne pas couper le micro du président des États-Unis, mais son présentateur vedette Jake Tapper a enchaîné avec une condamnation sans appel de Donald Trump.

Quelle triste soirée pour les États-Unis d'Amérique de voir leur président [...] faussement accuser les gens d'essayer de voler l'élection, a-t-il déclaré, en fustigeant un tissu de mensonges.

Mardi soir déjà, MSNBC et NBC n’avaient pas laissé le président terminer son discours au cours duquel il assurait avoir gagné les élections.

Twitter brouille ses gazouillis

La relation entre Donald Trump et les médias n’a cessé de s’envenimer durant son mandat. En 2017, à peine élu, le président publiait sur Twitter un montage vidéo le montrant en train de frapper un homme représentant le média américain CNN.

Les avertissements et censures de Twitter se sont également multipliés ces derniers jours. Dans la seule journée de jeudi, le réseau social américain a voilé trois messages de Donald Trump avec cet avertissement public : Une partie ou la totalité du contenu partagé dans ce Tweet est contestée et susceptible d'être trompeuse quant au mode de participation à une élection ou à un autre processus civique.

Une mise en garde pour qui cliquera sur les messages et lira quand même arrêtez la fraude! ou encore tous les votes reçus le jour des élections ne seront pas comptabilisés! rédigés en lettres capitales par l'administrateur du compte @realDonaldTrump.

Facebook régule aussi

À la mi-journée, jeudi, Facebook a fermé une page réunissant quelque 350 000 membres sous le mot d'ordre StopTheSteal [Arrêtez le vol], en soutien à Donald Trump qui reproche aux démocrates de voler l'élection par des fraudes électorales.

Cette page Facebook énumérait une série d’événements et de manifestations dans les États-clés où le suspense sur le vainqueur persiste.

Les appels à passer à l'acte – accompagnés parfois d'allusions violentes, notamment avec le mot-clic civilwar (guerre civile) – ont poussé les partisans de Joe Biden et la société civile à tirer la sonnette d'alarme et à appeler Facebook à fermer cette page, qui s'y est exécuté.

Autre preuve de la mise à l'écart du président, ses deux fils ont déploré l'absence totale de soutien de la part des ténors du parti.

Où sont les républicains? Soyez courageux, battez-vous contre cette fraude, a lancé Eric Trump.

Les sénateurs républicains Ted Cruz et Lindsey Graham ont soutenu le président. Je peux vous dire que le président est en colère et je suis en colère, et les électeurs devraient être en colère, a lancé Ted Cruz sur Fox News.

Les élections à Philadelphie sont crapuleuses, a dit Lindsey Graham. Pourquoi est-ce qu'ils empêchent des gens d'entrer? Parce qu'ils ne veulent pas que des gens voient ce qu'ils font.

YouTube menace de couper les vivres

Les chaînes YouTube qui font la promotion des allégations de fraude électorale risquent de ne pas recevoir les revenus que leur offre le réseau social, propriété du conglomérat Alphabet, également propriétaire de Google.

Les agences Associated Press et Reuters ont identifié des chaînes, comptant de 1000 à 629 000 membres, qui diffusent des informations fausses ou inexactes.

YouTube a des règles qui interdisent aux chaînes qui génèrent des revenus de diffuser des affirmations qui sont manifestement fausses et qui pourraient miner considérablement la participation ou la confiance dans un scrutin ou processus démocratique.

Google examinera les vidéos de ces chaînes et pourrait suspendre les annonces et les revenus, si des violations aux règles ont été commises.

Certains annonceurs sur YouTube évitent désormais de parrainer des contenus politiques.

JohnTalks, l'une des chaînes YouTube soupçonnées d'avoir enfreint les règles, a diffusé deux vidéos jeudi sur la fraude électorale présumée au Michigan, un État qu'a remporté le démocrate Joe Biden. La vidéo a été regardée à plus de 90 000 reprises en huit heures.

Les vidéos affirmaient que des wagons, des valises et des glacières étaient utilisés pour faire passer des bulletins de vote dans un centre de dépouillement.

Trois médias ont enquêté sur ces allégations et ont déterminé qu’il s’agissait de nourriture pour le personnel électoral et du matériel photographique pour une chaîne de télévision locale.

Avec les informations de Agence France-Presse

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