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Les grands oubliés du budget de l'Ontario

La main d'une jeune personne sur la main d'une personne âgée appuyée sur une canne.

Le budget ontarien ne renferme pas de plan pour endiguer la pénurie de personnel dans les foyers pour aînés.

Photo : Carmona Guerrero

Le gouvernement de l’Ontario prévoit dépenser plus que jamais, avec un déficit record de 38,5 milliards de dollars, exacerbé par une chute de ses revenus.

Pourtant, certains dossiers chauds semblent être négligés dans le deuxième budget de Doug Ford.

Soins de longue durée

L’absence d’un plan concret dans le budget pour régler la crise dans les centres de soins de longue durée a suscité la grogne des partis d’opposition à Queen’s Park.

Ce secteur a été ravagé par des éclosions de COVID-19 et plus de 2000 résidents en sont morts. La commission d’enquête qui se penche sur le problème affirmait le mois dernier que les foyers étaient mal préparés pour faire face au virus.

Une dame habillée en uniforme d’infirmière regarde à travers la fenêtre.

Une cinquantaine de résidents du centre de soins de longue durée Extendicare Guilwood à Toronto sont morts des suites de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Dans son budget, le gouvernement Ford a réitéré son engagement d’offrir chaque jour quatre heures de soins directs par résident dans les foyers de la province et, ce, d’ici 2024-2025. La norme actuelle est de 2,75 heures de soins par personne quotidiennement.

Pour y arriver d’ici quatre ans, la province affirme qu’il faudra embaucher des dizaines de milliers de préposés aux bénéficiaires et d’infirmières.

La commission d’enquête l’a répété : c’est un dossier urgent. Il faut des actions immédiatement. Le budget ne propose pas de mesures immédiates. C’est honteux.

Andrea Horwath, cheffe de l’opposition

L'argent est là et sera rendu disponible, affirme le ministre des Finances, Rod Phillips, voulant se faire rassurant.

Le gouvernement Ford s’engage à investir 1,75 milliard de dollars afin de créer 30 000 lits de soins de longue durée. Il compte aussi accélérer la construction de quatre nouveaux foyers dans la région torontoise.

Éducation

La taille des classes continue de susciter des inquiétudes, alors que des éclosions se déclarent dans des écoles et des garderies de la province.

Les partis d’opposition réclament toujours que la province débloque un financement pour d’embaucher davantage d’enseignants et restreindre les groupes à 15 élèves.

Doug Ford a trahi les élèves, leurs parents, leurs enseignants et les travailleurs en éducation, affirme le chef libéral Steven Del Duca. Il entasse des jeunes et des éducateurs dans des salles de classe pleines à craquer et les met à risque. C’est scandaleux.

Une classe vide avec, en avant-plan, une bouteille de désinfectant.

Les dépenses des écoles et des conseils scolaires ont augmenté cette année en raison de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le financement de base alloué au ministère de l’Éducation cette année est de 31 milliards de dollars, une augmentation de 2,8 % par rapport à l’année dernière. La hausse des dépenses en éducation ces dernières années se situait généralement autour de 5 %.

Ça prend des sous. On ne peut pas faire plus avec moins.

Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignants franco-ontariens

La présidente de l’Association des enseignants franco-ontariens affirme que le plan de réouverture des écoles comprend toujours des lacunes.

Mme Vinet-Roy souligne qu’il y a davantage de dépenses engagées dans les écoles pour protéger la communauté scolaire, désinfecter les locaux et adapter l’apprentissage en fonction des nouvelles mesures sanitaires.

Une femme pose pour la photo.

Anne Vinet-Roy, présidente de l'Association des enseignants franco-ontariens.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Le ministre des Finances avouait en Chambre, jeudi, qu'aucun gouvernement n'est parfait, mais qu'il est déterminé à éviter les erreurs faites ailleurs dans le pays et dans le monde.

Nous respectons ceux qui, de l'extérieur du gouvernement, réclament de bonne foi des décisions et des approches différentes, affirme M. Phillips. Chaque fois que nous prenons une décision, nous la savons lourde de conséquences, car des vies en dépendent.

Relance verte

Les préoccupations environnementales, elles, semblent être éclipsées par la crise sanitaire dans le nouveau budget ontarien, selon certains groupes.

Josipa Petrunic, présidente-directrice générale du Consortium de recherche et d’innovation en transport urbain au Canada, aurait souhaité voir des investissements majeurs pour l’électrification des transports publics et la construction d’infrastructures moins énergivores.

C’est une opportunité manquée.

Josipa Petrunic, PDG du Consortium de recherche et d’innovation en transport urbain au Canada

En Ontario, ça passe par des investissements dans le marché de l’hydrogène et des bus électriques. L’industrie est déjà ici, affirme-t-elle.

Josipa Petrunic, PDG du Consortium de recherche et d’innovation en transport urbain au Canada.

Josipa Petrunic, PDG du Consortium de recherche et d’innovation en transport urbain au Canada

Photo : Radio-Canada

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, s’inquiète pour sa part des subventions du gouvernement Ford visant à réduire les factures d’électricité des entreprises et du secteur industriel, qui coûteront des milliards de dollars aux contribuables.

Nous devrions plutôt créer des incitatifs pour réduire la consommation d’énergie des compagnies, des institutions publiques et des ménages ontariens, lance-t-il.

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