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Une tirelire.

Les prestations fédérales ont aidé à éviter de nombreuses faillites personnelles, mais combien de temps le répit durera-t-il?

Photo : iStockphoto

Le nombre de dossiers d’insolvabilité a encore augmenté au mois de septembre, selon le bureau du surintendant des faillites du Canada. Entre les restrictions liées à une deuxième vague de la COVID-19 et leurs effets sur l’économie et l’emploi, tous les ingrédients sont présents pour accentuer l’endettement des Canadiens.

À Calgary, l’organisme Momentum se prépare à gérer une nouvelle vague d’inquiétudes parmi ces clients. Cette organisation à but non lucratif aide les personnes à faibles revenus à prendre le contrôle de leurs finances, mais la pandémie a bouleversé les choses. 

Quand la pandémie a frappé, nous avons vu beaucoup de stress, surtout entre le début du confinement et le début des versements de la Prestation canadienne universelle, explique le directeur de Momentum, Jeff Loomis. Nous avons dû libérer l’épargne des clients que nous gardions sous tutelle pour faire la transition.

La situation s’est ensuite normalisée, selon M. Loomis, mais les mêmes inquiétudes sont de retour. 

« Nous allons voir le retour du stress financier avec la fin de la PCU. »

— Une citation de  Jeff Loomis, directeur Momentum

C’est parce que, contrairement aux autres crises économiques, les prestations gouvernementales ont, cette fois-ci, faussé la donne, explique le syndic en insolvabilité André Bolduc. De nombreux tribunaux ont également cessé de siéger, ce qui a reporté tous les dossiers de collectes d’impayés. 

La pression sur le consommateur a été diminuée ou quasiment éliminée durant cette période-là, souligne le syndic.

Plus dure sera la chute

L’accès à cet argent a provoqué une dégringolade du nombre de dossiers d’insolvabilité et de faillites. Mais depuis cette première plongée, les taux remontent peu à peu.

En septembre par exemple, le nombre de dossiers d’insolvabilité a augmenté de près de 19 % par rapport au mois précédent.

Une fois que les prestations vont finir, il y a plein de gens qui ne retourneront pas au plein emploi. Alors ça va avoir un impact, s’inquiète M. Bolduc.

Il ajoute que les prestations sont taxables, ce qui pourrait être un choc financier supplémentaire pour les ménages au printemps 2021.

Des Albertains déjà bien endettés

La chute pourrait être d’autant plus rude en Alberta que l’endettement y était déjà élevé avant la pandémie. Les emprunts et autres crédits représentaient près de 210 % de leurs revenus, contre 170 % pour le reste des Canadiens. 

Les conditions économiques y sont également moins favorables que dans le reste du Canada, souligne Charles St-Arnaud, économiste en chef à Alberta Central. Aux effets de la pandémie s’ajoutent les bas prix du pétrole, le secteur vital de l’économie albertaine. 

« Il y a une plus grande vulnérabilité en Alberta qu’ailleurs. »

— Une citation de  Charles St-Arnaud, économiste en chef, Alberta Central

Comme le souligne l’économiste, l'endettement n'est pas forcément problématique à court terme. Toutefois, plus ils sont endettés, plus les Albertains et les Canadiens sont vulnérables à tout changement de taux d’intérêt.

S’ils doivent dépenser plus de leurs revenus pour rembourser leurs emprunts et leurs crédits, ils consommeront moins, ce qui peut compromettre une croissance future.

L’économiste n’est toutefois pas convaincu qu’une vague de faillites s’en vienne en Alberta, comme ailleurs, notamment parce que la pandémie a permis à de nombreuses personnes d’améliorer leur épargne.

Prévoir maintenant et ne pas attendre

Et l’épargne est la solution première de l’endettement, souligne Jeff Loomis. Même les ménages à plus faibles revenus peuvent trouver des manières de mettre quelques dollars de côté, selon lui.

Plusieurs ressources comme une application et un site Internet ont d’ailleurs été créées par son organisme et d’autres pour prévenir la faillite.

André Bolduc souligne aussi que l’insolvabilité n’est pas une situation catastrophique. Il y a toujours un moyen de faire quelque chose. Les gens ne vont pas forcément perdre leurs biens, leur maison ou leur auto, conclut-il.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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