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Dépister la COVID en se gargarisant à l’eau de source

Un médecin de l’Hôtel-Dieu de Lévis a contribué à mettre au point un test de dépistage de la COVID-19 par gargarisme.

Arrêt sur image d'une vidéo explicative du nouveau test de dépistage gargarisant, où l'on voit un enfant vider un tube dans sa bouche.

La Colombie-Britannique a été la première province au Canda à commencer à utiliser des tests de dépistage de la COVID-19 par gargarisme durant le mois de septembre.

Photo : Autorité provinciale des services de santé (PHSA) de la Colombie-Britannique

Érik Chouinard
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un médecin de l’Hôtel-Dieu de Lévis a contribué à mettre au point une toute nouvelle façon de dépister la COVID-19 au Québec. Depuis mercredi, cette méthode de prélèvement par gargarisme a commencé à être utilisée progressivement sur le territoire du CISSS de Chaudière-Appalaches.

Au lieu d’utiliser des écouvillons pour prélever l'échantillon au fond du nez et de la gorge, le microbiologiste-infectiologue Jeannot Dumaresq utilise une petite quantité d’eau de source naturelle avec laquelle la personne se gargarise pour former l’échantillon à analyser.

On est non seulement les premiers à introduire le gargarisme au Québec, mais aussi les premiers à l’introduire à plus grande échelle, c’est-à-dire que ce n’est pas restreint aux travailleurs de la santé, c’est disponible pour le grand public aussi, remarque le médecin.

Portrait du médecin portant des lunettes et un polo rouge.

Le docteur Jeannot Dumaresq, microbiologiste-infectiologue à l'Hôtel-Dieu de Lévis.

Photo :  courtoisie / CISSS de Chaudière-Appalaches

De l'eau locale

Au Canada, ce type de test a déjà été introduit en Colombie-Britannique. Le Dr Dumaresq s’est d’ailleurs beaucoup inspiré de ce que ses collègues britanno-colombiens ont mis en place. Sauf qu’au lieu d’utiliser une solution saline de grade médical, il utilise de l’eau de source locale, dans ce cas-ci celle des marques Eska et Naya.

« J’ai voulu sélectionner le matériel le moins à risque pour des pénuries et aussi le plus accessible possible, donc au lieu de me tourner vers des produits de grade médical, je me suis dit : "Pourquoi ne pas essayer carrément de l’eau commerciale?" »

— Une citation de  Le Dr Jeannot Dumaresq

L’utilisation de l’eau de source lui assure aussi un certain standard qui ne pourrait peut-être pas être atteint avec de l’eau du robinet. Je l’ai testé à Lévis avec l’eau de robinet et ça a très bien fonctionné, mais le problème, c’est que je n’ai pas de garantie que l’eau d’aqueduc de chaque secteur de Chaudière-Appalaches va toujours avoir la même qualité et la même composition en sels minéraux et ça pourrait jouer sur la qualité des tests, précise le médecin.

Méthode de prélèvement par gargarisme by Radio-Canada on Scribd

Une fois le prélèvement fait, l’analyse est ensuite assez similaire à celle des tests par écouvillon, c'est-à-dire que l'échantillon est analysé pour vérifier la présence de matériel génétique viral. Ce test nécessite même une manipulation de moins, puisque l’échantillon est déjà assez dilué pour être analysé.

Avantages du gargarisme

Pour savoir si un patient obtient un résultat positif ou négatif à la COVID-19, la technique est au moins aussi efficace que les tests par écouvillon, selon le microbiologiste-infectiologue.

Son avantage principal est le confort, comme elle ne nécessite pas de se faire ramoner le nez avec un écouvillon, comme l’affirme le Dr Dumaresq. C’est intéressant, par exemple, pour les travailleurs de la santé, chez qui un dépistage régulier est indiqué, poursuit-il.

Elle est aussi plus simple, ne nécessitant pas de formation pour effectuer le prélèvement. On pense éventuellement être en mesure de ramener des travailleurs de la santé dans leur milieu d’origine, parce qu’actuellement, dans les centres de dépistage, il y a plein d’infirmières qui devraient normalement être en train de s’occuper de patients dans les cliniques ou les hôpitaux, déclare le médecin.

La technique possède aussi un avantage par rapport aux tests salivaires, puisqu'elle ne nécessite pas de fournir une quantité minimum de salive, ce qui peut être difficile pour certaines personnes.

Par contre, elle ne pourra pas non plus être appliquée à tout le monde. Elle est contre-indiquée pour les enfants de moins de 6 ans et les personnes présentant des troubles cognitifs, qui peuvent avoir de la difficulté à se gargariser comme l'indique la méthode.

Pour l’instant, le test est spécifique à la COVID-19. L’échantillon recueilli ne peut pas être utilisé pour tester la présence d’autres maladies comme la grippe, parce que la méthode n'a pas encore été validée pour celles-ci.

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