•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

15 millions de dollars pour améliorer les rapports entre soignants et Autochtones

Le Centre hospitalier régional de Lanaudière (CHRDL).

Le Centre hospitalier régional de Lanaudière (CHRDL).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La première annonce du nouveau ministre des Affaires autochtones depuis sa nomination fera écho à la mort tragique de Joyce Echaquan, le 28 septembre, à l’hôpital de Joliette. Vendredi, le ministre Ian Lafrenière et le ministre de la Santé Christian Dubé devraient être à Montréal afin de répondre aux recommandations du rapport Viens portant sur la sécurisation culturelle.

Selon nos informations, 15 millions de dollars sur les 200 millions promis pour répondre aux recommandations de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec serviront à la sécurisation culturelle.

Le 75e appel à l’action du juge Jacques Viens, qui avait présidé la Commission, recommandait d’encourager les établissements du réseau de la santé et des services sociaux à mettre sur pied des services et des programmes répondant aux principes de sécurisation culturelle, développés à l’intention des peuples autochtones et en collaboration avec eux.

Ian Lafrenière regarde François Legault.

Ian Lafrenière a été nommé ministre responsable des Affaires autochtones du Québec le 9 octobre dernier.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Concrètement, ce serait le CISSS de Lanaudière qui mettrait en premier en œuvre les mesures visant à améliorer les rapports entre les soignants et les patients autochtones. Les initiatives, telle la formation des travailleurs de la santé sur les enjeux autochtones, seraient par la suite élargies à l’échelle provinciale et adaptées selon les communautés qui fréquentent les différents hôpitaux. Les 15 millions de dollars annoncés serviraient donc à la grandeur du réseau.

Dans son rapport, Jacques Viens écrivait que les préjugés se traduisent parfois en pratiques discriminatoires et peuvent avoir des conséquences tragiques pour les patients autochtones.

Le décès de Joyce Echaquan a confirmé le sentiment d’insécurité de certains Autochtones lorsqu’ils fréquentent le système de santé. De nombreux Autochtones l’avaient d’ailleurs souligné lors des audiences de la Commission. Or, un an après la publication des recommandations, la tragédie à l’hôpital de Joliette a fait dire à plusieurs que rien n’a changé.

L’exemple de la Nouvelle-Zélande

C’est en Nouvelle-Zélande que le concept de sécurisation culturelle est né, dans un souci d’offrir des soins sécuritaires aux Maoris, les Autochtones du pays.

Anne-Marie Leclerc, professeure au département de sciences infirmières à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), en a fait son champ d’expertise.

Portrait d'Anne-Marie Leclerc dehors.

La chercheuse Anne-Marie Leclerc, professeure au Département de sciences infirmières à l'UQTR, s'intéresse à la sécurisation culturelle.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Au Québec, elle a consacré ses recherches chez les Abénaquis et les Atikamekw. Plusieurs cliniques néo-zélandaises de proximité ont vu le jour spécifiquement pour le peuple maori. Cela permet non seulement aux autochtones d’y être soignés en respect de leurs traditions, mais également d’y travailler.

En comparaison, à Trois-Rivières, un CPE autochtone a vu le jour. Des Atikamekw y travaillent, siègent sur le conseil d’administration et y confient leurs petits, qui partagent leurs journées avec des enfants blancs. Selon madame Leclerc, des initiatives semblables seraient bénéfiques dans le réseau de la santé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !