•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La réserve provinciale de N95 à seulement 40 % de l'objectif

Le salon funéraire possède quelques masques en réserve.

Les employés doivent porter un masque N95 lors de certaines interventions bien précises.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que le ministre de la Santé assurait encore récemment que l’approvisionnement de masques N95 n’était plus un problème, Radio-Canada a appris que Québec n’a pas atteint son objectif de se doter d’une réserve de six mois pour la deuxième vague.

Au 5 octobre, Québec n'avait que 1 385 497 masques N95 en réserve, soit 40 % de l’objectif que le gouvernement s’était fixé. Ce qui représente un stock d'un peu plus de deux mois.

Pour les masques N95, la cible de la réserve provinciale a été fixée à 3,4 millions d’unités, soit une consommation de 140 000 masques par semaine pour une période d’environ six mois, peut-on lire dans un document de cour déposé dans le cadre d’un recours au Tribunal administratif du travail intenté par la Fédération interprofessionnelle en santé du Québec (FIQ).

Il s’agit d’une déclaration assermentée du sous-ministre adjoint de la Direction générale des infrastructures, de la logistique, des équipements et de l’approvisionnement (DGILEA) du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Luc Desbiens.

Pourtant, en réponse à notre demande d'entrevue, le cabinet du ministre de la Santé affirme par courriel: Dans notre plan de préparation à la 2ième vague que nous avons déposé le 18 août dernier, nous avons indiqué comme objectif qu’il était nécessaire de constituer une réserve de masques N-95 de 4 à 6 mois, et c’est le cas actuellement.

En contrepartie, la déclaration assermentée nous permet d’apprendre que Québec a pratiquement atteint ou même dépassé ses objectifs pour les autres types d'équipement de protection, soit les blouses, les masques de procédures et les visières.

Des réserves pour quatre mois

Au cours du dernier mois, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dit avoir réussi à augmenter ses réserves.

Nos réserves actuelles représentent environ quatre mois, répond le MSSS par courriel. Le Ministère assure qu'il met tout en œuvre pour atteindre la cible.

Mais Québec admet être confronté à différents obstacles. Les mesures de contrôle à l'exportation, toujours en vigueur du côté de l'Union Européenne et aux États-Unis, en font partie.

Le gouvernement se dit cependant certain d'atteindre ses objectifs prochainement, considérant que la production québécoise (Medicom) débutera dans les prochaines semaines.

Il ajoute que d'autres entreprises québécoises et canadiennes commencent en ce moment à produire. Les premières livraisons devraient arriver au cours des premiers mois de 2021.

Manque de transparence

La vice-présidente de la FIQ, responsable de la santé et sécurité, Linda Lapointe, s'impatiente. Elle estime que le gouvernement manque de franchise.

Depuis plusieurs semaines déjà, le Syndicat réclame l'utilisation des masques N95 en zone rouge pour que les travailleurs de la santé soient mieux protégés. Québec solidaire (QS) a soumis la même demande la semaine dernière.

« On n'est même plus dans le soupçon après huit mois. On est carrément dans l'affirmation du manque de transparence. »

— Une citation de  Linda Lapointe, vice-présidente, responsable de la santé et sécurité, FIQ
Une femme en entrevue devant son écran d'ordinateur.

Linda Lapointe, vice-présidente, responsable du secteur santé et sécurité, FIQ

Photo : Radio-Canada

Même s’il a répété au cours des dernières semaines que l’approvisionnement de ces masques n’était plus un problème, le ministre de la Santé, Christian Dubé, se soumet toujours à la recommandation de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Ainsi, le gouvernement du Québec limite toujours leur utilisation à des circonstances bien précises où un patient doit subir une intervention générant des aérosols. Ils seront portés, par exemple, lors d'une intubation, une trachéotomie, une réanimation cardio-respiratoire ou une bronchoscopie.

Malgré ce timide effort, le CISSS de Chaudière-Appalaches s'est tourné, au cours des derniers jours, vers la réutilisation de masques N95 alors que selon l'INSPQ, cette option doit en être une de dernier recours.

Masque N95 déformé et emballé dans un sac

Des masques N95 complètement déformés après leur stérilisation ont été livrés au CLSC de Saint-Georges, en Beauce.

Photo : Courtoisie

Linda Lapointe réitère sa demande de fournir un masque N95 à tous les travailleurs de la santé appelés à intervenir auprès d’un patient soupçonné ou déclaré positif à la COVID-19.

Elle rappelle qu’en septembre, il y avait à peu près 17 000 travailleurs de la santé qui avaient été positifs. C'est 24 % [des travailleurs], c'est plus que n'importe quelle province. Et même dans le monde, il y a une moyenne de 10 à 14 pour cent, rappelle Mme Lapointe.

Cette dernière se dit d’autant plus inquiète que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a indiqué, pour la première fois, que la transmission de la COVID-19 par aérosol serait plus importante qu’on le pense.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !