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La télémédecine est là pour rester

Une professionnelle de la santé tape sur le clavier d'un ordinateur portable.

Une professionnelle de la santé tape sur un clavier.

Photo : iStock

La pandémie a forcé le télétravail pour bien des gens et les médecins ne font pas exception. Plusieurs d'entre eux pratiquent maintenant la télémédecine, ce qui pourrait permettre d'améliorer l'accès aux soins de santé malgré les défis et la distance.

Dans la dernière année, on a rattrapé un retard important au Québec par rapport à la télésanté.

Jean Morneau, responsable de la télésanté, Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Ce sont les nouvelles technologies qui ont permis au Québec de faire un pas de géant en matière de médecine à distance.

Le ministère [de la Santé et des Services sociaux] a rendu disponibles des plateformes sécurisées, alors maintenant on pourrait dire que c'est démocratisé pour les cliniciens et depuis ce temps-là, il y a beaucoup de projets qui ont émergé à l'interne, explique le responsable de la télésanté au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Jean Morneau accorde une entrevue par visioconférence depuis son bureau.

Jean Morneau dirige le virage vers la télémédecine au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada

Un projet a notamment été développé pour faciliter le codéveloppement pour soigner les plaies à distance. Une infirmière spécialisée peut appuyer une collègue qui travaille à domicile afin d'améliorer et d'accélérer l’offre de soins.

On a un très grand territoire, il y a beaucoup de déplacements, on évite ainsi les déplacements de nos spécialistes, on rend accessibles les connaissances à distance, on soutient à distance, ajoute Jean Morneau.

Changement de culture

Pour arriver à faire ce virage technologique, les médecins ont donné tout un coup de barre puisqu'ils voyaient tous les patients directement avant la pandémie.

Je pense que plusieurs ont été surpris de voir qu'on peut être très efficace et même plus efficace et c'est au bénéfice du patient qui n'a pas à se déplacer, remarque le président de l'Association des omnipraticiens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Olivier Gagnon.

Il convient que la télésanté a tout de même ses limites. C'est correct quand ce sont nos patients et qu'on les connaît, mais si on doit les voir, ils doivent quand même pouvoir venir, précise le docteur Gagnon.

C'est aussi un changement de culture pour les patients qui reçoivent les mêmes services qu'avant au téléphone ou par visioconférence.

Nicole Tremblay sourit durant une entrevue par visioconférence depuis sa salle à manger.

Nicole Tremblay est une patiente partenaire du réseau de la santé pour témoigner de son expérience avec la télémédecine.

Photo : Radio-Canada

Il y en a plusieurs qui étaient sceptiques parce qu'au téléphone, ce n'est pas comme une visite en personne. Par contre, quand on le vit, moi je pense que le service est aussi bon au téléphone qu'en personne et ça évite tellement de déplacements. [...] Je regarde ma fille, elle ne conduit pas et son conjoint travaille sur les shifts. Avant, je faisais ses rendez-vous. Maintenant, son médecin fait tout par téléphone, alors ça enlève beaucoup de stress, confie Nicole Tremblay, qui agit comme patiente partenaire au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis quelques années.

Je sens plus que c’est moi qui m’occupe de ma santé que quand je vais dans le bureau de la médecin où je suis plus en attente qu’elle prenne le "lead".

Nicole Tremblay, patiente partenaire

Rôle des familles

Plusieurs voient aussi un avantage qui permet aux proches aidants éloignés d'être plus étroitement associés au suivi médical des patients.

Les médecins peuvent réunir une famille de l'extérieur de la région dans le cadre d'un rendez-vous virtuel pour permettre un meilleur suivi pour un résident d'un centre d'hébergement et de soins de longue durée, par exemple. Ça permet d'avoir une rencontre virtuelle avec quelqu'un qui est à Montréal et quelqu'un qui est au Saguenay, l'important c'est que les personnes soit impliquées, se réjouit Nicole Tremblay.

Pour le moment, il est impossible de savoir quelle proportion des soins sont maintenant offerts à distance au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Chose certaine : la télésanté est implantée pour rester, même au-delà du contexte pandémique.

Je pense que c'est une offre de service supplémentaire. La pandémie fait qu'on l'utilise plus que lorsque la pandémie va être derrière nous, mais c'est un service qui va rester pour améliorer l'accès, assure Jean Morneau.

C'est donc en ce sens que des campagnes d'information et de sensibilisation sont mises en branle afin de rassurer les gens sur le maintien de la qualité des soins et des suivis à distance.

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