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COVID-19 : le feu est pris, convient le directeur de la santé publique

Un homme prépare un kit pour tester une personne.

Plusieurs isoloirs divisent l'intérieur du hangar de la zone portuaire à Chicoutimi pour accueillir les personnes souhaitant se faire tester.

Photo : Gilles Munger

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le directeur régional de la santé publique, le Dr Donald Aubin, n’y va pas par quatre chemins : la COVID-19 se propage à une vitesse fulgurante au Saguenay-Lac-Saint-Jean, comparable à celle d’un feu de forêt.

Imaginez un feu. Le combattre, c’est de créer des zones dans lesquelles il ne pourra pas passer. C’est de créer une distance qu’il ne pourra pas franchir. La COVID se déplace à peu près de la même façon. Elle se déplace en s’étendant de plus en plus , a imagé le directeur, lors d’un point de presse tenu mercredi après-midi pour dresser le bilan de la situation dans la région.

Avec 86 cas observés au cours des dernières 24 heures et 594 cas actifs, c’est beaucoup , convient le médecin, qui rappelle que les autorités de santé publique observent une montée importante depuis une dizaine de jours.

Parmi toutes les régions du Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean demeure celle où le nombre de cas est le plus élevé au prorata de la population.

La région déplore deux décès de plus selon le dernier bilan (47 au total). Une personne est morte au CHSLD Jacques-Cartier, à Chicoutimi, et l’autre à l’hôpital d’Alma.

Au total, la région a enregistré 1547 cas depuis le début de la pandémie en mars, dont 594 sont toujours actifs.

Effort collectif

Clairement, on voit que le virus est en activité dans la région. Ça ne fait que croître , constate Donald Aubin, qui en appelle à un effort collectif de la part de la population régionale pour tenter de freiner la trajectoire de la COVID-19.

À l’heure actuelle, 2443 personnes sont en isolement (188 membres du personnel du réseau de la santé) et la région compte une soixantaine de foyers d’éclosion. Parmi eux : un nouveau, l’hôpital de Roberval, où deux cas ont été décelés.

C’est pour cette raison que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean scrute les territoires des MRC du Domaine-du-Roy et de Maria-Chapdelaine à la loupe.

La rivière Petite-Décharge et sa passerelle.

La rivière Petite-Décharge traverse la ville d'Alma.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Le secteur de Lac-Saint-Jean-Est étant actuellement l’endroit où le coronavirus est le plus répandu, les autorités de santé publique demandent aux citoyens d’Alma et des environs de faire preuve de grande vigilance et de limiter leurs contacts.

Ces contacts ont d’ailleurs occupé une partie du point de presse du CIUSSS, alors que le Dr Aubin a rappelé qu’il est impératif de respecter les règles propres au palier d’alerte rouge. Celles-ci dictent notamment qu’il est impossible d’accueillir des gens à la maison, outre des proches aidants.

Lorsque la santé publique menait des enquêtes épidémiologiques dans la foulée de dépistages positifs pendant la première vague de la pandémie, au printemps, elle se limitait à retracer environ trois contacts. Le CIUSSS était alors en contrôle, selon Donald Aubin.

On est montés jusqu’à huit. Là, ç’a baissé un peu et on se situe autour de cinq […].  Pour certains, il y en a beaucoup plus. Chaque personne doit regarder son itinéraire et regarder les contacts qu’ils ont pendant la journée , a plaidé le grand patron de la santé publique régionale.

Quelques foyers d’éclosion

  • Hôpital de Chicoutimi : 64 cas au total (63 employés)
  • Hôpital d’Alma : 102 cas
  • CHSLD Isidore-Gauthier : 66 cas
  • CHSLD Jacques-Cartier : 47 cas

Noël dans le rouge?

Questionné au sujet de la durée pressentie de ce pénible passage en zone rouge, Donald Aubin n’a pu fournir de réponse claire et a admis que Noël 2020 pourrait bien se dérouler sous le signe de l’isolement.

On va tout faire pour être dégagés pour Noël, mais ce n’est pas impossible [que nous soyons toujours en zone rouge]. Je sais que c’est une situation qui est difficile pour notre région. On est en automne. On est en novembre. Mais on veut absolument en venir à réduire la propagation. On souhaite que le retour à la normale se fasse dans les plus brefs délais. Si on suit les consignes, on va y arriver. Mais on aura sûrement un mois de novembre qui va être difficile , a admis le directeur de la santé publique.

À plusieurs reprises au cours de sa mise à jour du bilan régional et lorsqu’il répondait aux questions des journalistes, Donald Aubin a insisté sur cet effort collectif qui doit être déployé pour renverser la tendance et reprendre le contrôle. Des gestes de défiance, comme celui de restaurateurs de Saguenay qui souhaitent ouvrir leurs salles à manger en dépit de l’interdiction décrétée par Québec contribueront à anéantir ces efforts, croit-il.

C’est l’ensemble de toutes les règles qui font en sorte qu’on va avoir une réduction. C’est vraiment un message que je lance à l’ensemble des restaurateurs et à tout le monde. On sait que c’est un effort pour eux, ça leur demande beaucoup, mais de leur côté aussi ils doivent suivre les mesures , demande Donald Aubin.

Quant à l’envie que pourraient avoir certains citoyens de dénoncer ce qu’ils estiment être des rassemblements illégaux, le directeur en appelle au bon jugement des gens.

On a un rôle de citoyen. On ne lancera pas un mouvement de dénonciation. On va se mettre dans un état collectif qui va être très difficile à vivre. D’un autre côté, on a tous un rôle à jouer , conclut-il.

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