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Les marchés boursiers à la hausse malgré tout

Deux hommes à la Bourse de New York devant des écrans sur lesquels s'affichent des graphiques.

Des gains ont été enregistrés dans les places boursières au lendemain des élections aux États-Unis.

Photo : Associated Press / Courtney Crow

L’incertitude entourant les résultats de l’élection américaine n’aura finalement pas conduit à une grande volatilité sur les marchés financiers nord-américains. Au contraire, des gains significatifs ont été enregistrées en raison, ironiquement, du statu quo dans le processus législatif qui se pointe à l’horizon.

Les places boursières avaient intégré l’idée d’une vague en faveur des démocrates. Elle n’aura pas lieu. Les investisseurs ont corrigé le tir pendant la journée.

Tout indique que les républicains maintiendront leur contrôle sur le Sénat, ce qui laisserait moins de marge de manœuvre au potentiel président démocrate Joe Biden, malgré une Chambre des représentants démocrate.

Cette configuration du Congrès ne conduit généralement pas à de très grands programmes, note le stratège macroéconomique au Mouvement Desjardins Jimmy Jean.

Aux yeux des investisseurs, si M. Biden est élu, il ne pourra pas avoir les coudées franches pour rehausser, par exemple, le taux d’imposition des entreprises de 21 % à 28 %. Les grandes sociétés auraient pâti d’une victoire totale, et encore plus dans le secteur technologique, qui a grandement bénéficié de la réforme fiscale de Donald Trump en 2017. C’est sans compter les nouvelles réglementations qui étaient envisagées par les démocrates pour encadrer les géants des médias sociaux comme Facebook et la victoire d’Uber et de Lyft à un référendum en Californie sur le statut de leurs chauffeurs.

Dans ce contexte, le Nasdaq, bourse des valeurs technologiques, s’est apprécié de plus de 4 % dans la journée de mercredi et a entraîné dans son sillage les autres places boursières. Aux États-Unis, la hausse du Dow Jones a franchi les 2 % et le S&P 500 a flirté avec une hausse près de 3 %. À Toronto, l’indice TSX a gagné près de 1 % pour clôturer avec un gain de 0,37 %.

Ces appréciations sur les marchés sont une surprise pour Cimon Plante, gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale. Avec le Sénat qui reste républicain, analyse-t-il, les Américains ont réduit le risque de hausses d’impôt majeures et d’un endettement plus important du gouvernement, et ils s’assurent d’une plus grande participation de la Réserve fédérale pour qu’elle conserve les taux d’intérêt bas encore plus longtemps qu’on pouvait l’imaginer.

En revanche, les taux obligataires ont été plombés par l’incertitude ambiante et, aux dires de Jimmy Jean, par les anticipations au sujet de la politique monétaire. La difficulté de pouvoir adopter rapidement un plan d’aide à l’économie contraindrait aussi la Réserve à conserver ses taux bas.

M. Plante ajoute que la Banque du Canada serait d’ailleurs de nature à emboîter le pas, ce qui maintiendrait les taux d’intérêt bas au Canada et favoriserait les titres canadiens par défaut.

Les milieux économiques canadiens dans l’attente

Peu importe l’issue de l’élection, le Canada va continuer d’avoir les États-Unis comme partenaire, indique Robert Asselin, premier vice-président aux politiques publiques au Conseil canadien des affaires. Les priorités deviendraient seulement différentes.

Si Joe Biden gagne, explique-t-il, il faudra se concentrer davantage sur notre secteur énergétique [pétrole et oléoduc Keystone XL]. Si c’est Donald Trump, ce sera encore la question des tarifs commerciaux.

Chez Manufacturiers et exportateurs du Québec, la présidente Véronique Proulx s’attend pour sa part à davantage de mesures protectionnistes, que ce soit avec M. Trump ou M. Biden – qui souhaite renforcer les Buy America et Buy American Acts. À court terme, l’incertitude ne changerait rien, mais, si ça devait durer plusieurs mois indique-t-elle, ça pourrait avoir un impact au bon fonctionnement de l’économie américaine, puis pour nos exportateurs et investisseurs

La volatilité pourrait être de retour dans les prochains jours sur les marchés en raison du caractère imprévisible du président Donald Trump et de potentielles frictions civiles, de quoi maintenir les investisseurs sur le qui-vive.

Pour l’instant, on ne voit pas un mouvement généralisé d’aversion pour le risque, dit Jimmy Jean, de Desjardins, mais ça reste fragile, malgré la sérénité actuelle.

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