•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Meurtre de Joey Morin : Kamy Lafrenière non responsable criminellement

L'accusé entouré de deux policiers de la Sûreté du Québec.

Kamy Lafrenière lors de sa comparution au palais de justice de Rouyn-Noranda en 2018 (archives)

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Kamy Lafrenière, accusé d’homicide au deuxième degré, a été déclaré non responsable criminellement du meurtre de Joey Morin. C’est le verdict qu’a rendu la juge Catherine Mandeville au palais de justice de Gatineau mercredi matin.

Dans les rapports d’experts que la Couronne et de la défense ont soumis à la juge Catherine Mandeville, les spécialistes ont jugé, après que l’accusé eut effectué des examens psychiatriques, que Kamy Lafrenière souffrait de schizophrénie.

L’expert de la défense, le Dr Pierre Gagné, estimait que l’accusé nageait dans un délire psychotique et que son état mental était perturbé alors que celui de la Couronne, le Dr Sylvain Faucher, a jugé que Lafrenière souffrait de schizophrénie paranoïde.

Joey Morin.

Joey Morin, âgé de 23 ans, a été retrouvé sans vie le samedi 21 avril 2018.

Photo : AFP / Facebook de Joey Morin

Avant que la magistrate ne confirme sa décision, l’avocate du ministère avait soutenu que la Couronne se serait déchargée du fardeau de la preuve advenant un procès.

La juge Catherine Mandeville s’est donc rangée derrière ces expertises pour déterminer que l’accusé n’était pas en mesure de discerner le bien du mal au moment des événements qui ont coûté la vie à Joey Morin.

Un meurtre à Gatineau, une arrestation en Abitibi-Témiscamingue

L’accusation à laquelle Kamy Lafrenière faisait face concernait un événement survenu le 13 avril 2018 à Gatineau.

Alors qu’il faisait vie commune depuis peu avec Joey Morin, l'accusé a déplacé les meubles dans l'appartement, ce qui n'a pas plu à la victime. Selon le psychiatre de la défense, le Dr Gagné, Kamy Lafrenière voyait les objets comme des astres qui devaient être alignés.

Devant la réaction de Joey Morin, Kamy Lafrenière s'est fâché. Il a commencé à frapper Joey Morin avec une carafe à café, puis avec un petit appareil de cuisson, avant de lui asséner un coup avec une planche de bois de construction de type 2X6. Le corps de Joey Morin a été découvert plus tard.

S’est ensuivie une longue cavale d’un mois qui a mené Kamy Lafrenière près de 600 kilomètres au nord et, pendant quelques jours, l’enquête s’est déplacée vers l'Abitibi-Témiscamingue.

La Sûreté du Québec a fini par arrêter le suspect à Rouyn-Noranda, le 15 mai 2018, après avoir perquisitionné une résidence de La Reine, en Abitibi-Ouest.

La juge salue le travail des avocats

La magistrate a souligné le travail des procureurs dans ce dossier au cours d’une audience qui a été marquée par de fortes émotions.

La juge s’est notamment adressée à la famille, lui souhaitant d’être en mesure de poursuivre son deuil tout en sachant pertinemment qu’il s’agit d’une épreuve difficile. La société a perdu un actif, c’est tragique, dit-elle.

L’avocate de la défense, Me Emmanuelle Béliveau, a fait savoir que son client n’était pas en mesure de s’adresser à la famille, mais elle leur a néanmoins adressé quelques mots.

Il y a un ancien et un nouveau Kamy. Joey, il l’aimait et c’était son chum. Il est profondément désolé et il sait qu’aucune parole ne peut réparer ce qui a été fait. Il en est conscient, déclare-t-elle.

En entrevue après l’audience, elle a soutenu qu’il s’agissait d’un dossier délicat.

C’est certain que lorsqu’il est question de santé mentale, il y a beaucoup d’incompréhension. Pour les gens qui n’ont pas de troubles mentaux. Des gestes comme celui-ci n’ont aucun sens et c’est certain que c’est difficile à comprendre, explique Me Béliveau.

Il faut essayer d’expliquer ce qui inexplicable, c’est-à-dire comment peut-on en venir à commettre des choses envers quelqu'un que l’on aime à la base et avec qui on est en couple, ajoute-t-elle.

Détention à Philippe-Pinel

Kamy Lafrenière demeurera détenu à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, à Montréal, ce qui lui permettra aussi de recevoir des traitements. La durée de son séjour à l’Institut est encore incertaine.

Il ne sera pas remis en liberté dans la rue comme ça, sans traitement. Il pourra être remis en liberté lorsqu’il aura un bon plan de sortie, un traitement adéquat et qu’il aura fait ses preuves, prévient Me Béliveau.

La Couronne a par ailleurs l’intention de demander une ordonnance particulière étant donné le passé de Kamy Lafrenière.

On appelle ça une ordonnance haut risque. C’est assez nouveau dans le droit et ça fera en sorte que ses conditions de remise en liberté comprendront plus de restrictions, explique Me Béliveau.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.