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La diversité, enjeu fondamental pour Projet Montréal

« En 2017, on a réussi le pari de la parité. En 2021, il faut réussir celui de la diversité », assure Guedwig Bernier, le président de Projet Montréal, qui organise dimanche son « Grand rendez-vous », à un an du prochain scrutin municipal.

Un homme marche dans la rue.

Selon le président de Projet Montréal, Guedwig Bernier, le parti de la mairesse Valérie Plante doit réussir le pari de la diversité l'an prochain.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Depuis l'arrivée de Guedwig Bernier à la présidence de Projet Montréal, en avril, son téléphone n’arrête plus de sonner. « J’ai déjà énormément de gens de la diversité qui m’ont contacté », avance-t-il sans détour.

Comme on est au pouvoir, des candidatures, on en a beaucoup. La mariée paraît beaucoup plus belle, lance-t-il d’un ton léger.

À un an du prochain scrutin municipal, Guedwig Bernier est en mission pour Valérie Plante et Projet Montréal. En 2017, on a réussi le pari de la parité. En 2021, il faut réussir celui de la diversité, juge ce militant qui a rejoint le parti en 2018, tout en œuvrant au quotidien dans le domaine de la vente et du marketing.

Une diversité, ajoute-t-il, qui ne doit pas se résumer à la couleur de la peau. Il n’y a pas que les minorités visibles. Il faut une diversité de talents et de parcours aussi.

Est-ce que le parti doit changer? Je pense que oui. Les attentes sont maintenant plus élevées. Il y a beaucoup de petits pas à faire.

Guedwig Bernier, président de Projet Montréal

Dimanche, les quelque 2200 membres actuels du parti de gauche seront appelés à voter pour les prochaines règles d’investiture, préétablies déjà par la direction de Projet Montréal, au cours de la rencontre annuelle des adhérents, intitulée le Grand rendez-vous. L'objectif est clair et avoué : faire élire des candidats représentant pleinement la diversité montréalaise.

Ces nouvelles balises devraient faciliter une meilleure représentativité, ultimement, au conseil municipal, estime Guedwig Bernier. Avec tous les efforts que nous faisons, on va s’assurer d’avoir une belle diversité, très large.

La diversité, mais pas à tout prix

Tout en mettant de l’avant l’importance de la diversité pour la prochaine élection, le président de Projet Montréal se veut prudent. C’est un point important, mais ça ne doit pas être la question numéro 1, prévient Guedwig Bernier. Il faut aussi penser à la reprise économique et s’occuper de nos gens, reprend-il, en parlant prioritairement des enjeux économiques, environnementaux et de santé mentale.

Après la victoire électorale de Valérie Plante, les critiques ont été vives concernant l’absence de diversité au sein de l’appareil municipal. Guedwig Bernier est allé à la rencontre des candidats défaits. Et très déçus.

Ils m’ont dit avoir eu l’impression d’être des candidats poteaux, qui n’avaient pas d’argent [du parti] ou de bénévoles pour faire campagne. Je n’ai pas trop aimé ce que j’ai entendu, confie-t-il.

Il l’admet, en 2017, Projet Montréal a fait des choix. En campagne électorale, le parti a dépensé environ 1 million de dollars, contre 1,5 million pour l’équipe de Denis Coderre.

Quatre ans plus tard, jure-t-il, tous les candidats pourront être pleinement financés. C’est l’objectif, clame-t-il, en mettant de l’avant l’excellente santé financière de Projet Montréal et ses quelque 400 000 $ de surplus.

Valérie Plante en conférence de presse.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a déjà indiqué vouloir faire davantage de place à des candidats issus de la diversité au sein de son équipe.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un changement profond souhaité

Même s’il avoue que la carotte et le bâton peuvent malheureusement être parfois nécessaires, Guedwig Bernier n’est guère partisan d’imposer des candidats issus de la diversité. Un changement profond doit être opéré, soutient-il, en faisant référence au récent rapport accablant contre la Ville de Montréal en matière de lutte contre la discrimination.

Ce n’est pas un, deux ou trois élus de plus qui vont faire un changement. Ce qu’on critique à la Ville ne date pas de 2017. C’était la même chose pour la parité. Ce qui compte, ce n’est pas juste d’avoir deux femmes dans un conseil d'administration par exemple, mais de sentir l’apport, le point de vue féminin, croit-il, en incitant d’éventuels candidats à préparer leur élection de longs mois en avance.

Souvent, les candidats de la diversité viennent au dernier moment. Ils ont peur d’être seuls. Mais entre un candidat qui se présente à minuit moins une et un autre qui se prépare depuis un an, il y a une énorme différence. Il faut se faire connaître [pour gagner une investiture], dit-il.

Un programme spécial, pour préparer des candidats potentiels, va aussi voir le jour grâce aux finances reluisantes de Projet Montréal, explique Guedwig Bernier. On va leur donner du mentorat, détaille-t-il.

Il faut que ce soit le plus naturel possible, que les gens s’investissent le plus tôt possible. Et les gens doivent entendre que tous les partis sont ouverts, insiste-t-il.

Il évoque même l’idée d’un black caucus sur l’ensemble de l’île de Montréal.

J’aimerais voir une vingtaine, une trentaine d’élus de la diversité, à Montréal et dans les villes défusionnées. L’ensemble des partis doivent être concernés. Toute l’île doit refléter cette diversité, y compris Montréal-Est, Pointe-Claire et Beaconsfield.

Guedwig Bernier
Un homme avec un micro

Guedwig Bernier est le président de Projet Montréal depuis avril 2020.

Photo : Facebook / Guedwig Bernier

Des personnalités approchées

Ces derniers mois, Projet Montréal a approché plusieurs personnalités des milieux communautaires et culturels, dont Fabrice Vil, Paul Evra et Édouard Staco. Fondateur de Pour 3 points, l’entrepreneur social Fabrice Vil a indiqué à Radio-Canada n’avoir aucune intention de se lancer en politique. Pressentis pour être candidats à la mairie de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour Projet Montréal, Paul Evra (ex-attaché politique d’Anie Samson et directeur du Centre Lasallien de Saint-Michel) et Édouard Staco (président du Fonds 1804) restent quant à eux en réflexion.

Passation de pouvoir?

Guedwig Bernier entend et assure comprendre les critiques visant Projet Montréal. L’an prochain, affirme-t-il, je ne désire pas avoir des candidats de la diversité uniquement dans Saint-Michel, Montréal-Nord, Rivière-des-Prairies ou Côte-des-Neiges. Il y a des gens de talents dans toute l’île.

À demi-mot, il confirme l’envie de Projet Montréal, dévoilée par Radio-Canada la semaine passée, de renouveler une partie du caucus actuel. Notamment dans les quartiers centraux, déjà dirigés par le parti.

Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais il y a des élus prêts à passer le flambeau.

Guedwig Bernier

Il y a un renouvellement automatique qui se fait, poursuit-il, tout en admettant que dans certains arrondissements, il s’agit d’un dossier très sensible.

Le parti cherche-t-il également des profils de gestionnaires, plutôt que des militants, comme évoqué dans les coulisses du parti? On cherche des candidats avec des profils différents. Si quelqu’un veut être maire d’arrondissement, il doit connaître les règles de ressources humaines et avoir des connaissances de budget, mentionne Guedwig Bernier.

Montage photo montrant Denis Coderre et Lionel Perez.

Lionel Perez (droite) a pris la succession de Denis Coderre à la tête de l'ancien parti de l'ex-maire de Montréal.

Photo : Avanti Groupe/Radio-Canada

Nominations et investitures chez Ensemble Montréal

L’opposition officielle à l’hôtel de ville affirme être elle aussi en pleine préparation. Ensemble Montréal compte présenter l’an prochain des candidats pour les 103 postes en jeu.

Nous aurons des investitures pour les différentes candidatures, mais aussi quelques nominations, souligne Thomas W. Marchand, porte-parole du parti.

Nous sommes le parti le plus diversifié à l’hôtel de ville de Montréal et continuerons d’être un leader inclusif pour nous assurer que tous les Montréalais sont représentés.

Thomas W. Marchand, porte-parole d’Ensemble Montréal

Le nom du candidat à la mairie de Montréal qui portera les couleurs d’Ensemble Montréal le 7 novembre 2021 reste cependant inconnu.

La course à la chefferie a été repoussée à plusieurs reprises et celle-ci devrait finalement avoir lieu en début d’année prochaine. On vise le printemps, indique Lionel Perez, chef par intérim depuis la démission de Denis Coderre.

Alors que ce dernier entretient toujours le suspense quant à son éventuel retour sur la scène municipale, Lionel Perez a déjà fait savoir qu’il ne se lancera pas dans cette course à la mairie de Montréal.

Conseiller municipal depuis 2009 dans le district de Darlington, Lionel Perez ne cache pas réfléchir plutôt à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Une lutte intense devrait y avoir lieu, entre les candidats d’Ensemble Montréal et Projet Montréal, mais aussi la mairesse sortante, Sue Montgomery, qui a été exclue en début d’année du caucus du parti au pouvoir.

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