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Les tensions après la présidentielle en Côte d’Ivoire inquiètent la diaspora à Toronto

Une foule partisans arborant un portrait d'Alsane Ouattara

Les partisans du président Alassane Ouattara

Photo : Reuters / LUC GNAGO

Radio-Canada

La tension demeure vive en Côte d’Ivoire après l’annonce par la Commission électorale indépendante de la réélection d'Alassane Dramane Ouattara avec plus de 94 % des voix, mardi.

L’Agence France-Presse (AFP) rapporte au moins 13 morts depuis le scrutin présidentiel samedi et au moins une quarantaine au total depuis le mois d'août, en incluant les heurts avant le vote.

Toujours selon l’AFP, certains opposants qui ne reconnaissent pas la victoire d’Alassane Ouattara.

L'opposition, qui a boycotté le scrutin, juge son troisième mandat anticonstitutionnel et avait appelé ses partisans à une campagne de désobéissance civile.

Lundi, Pascal Affi N’guessan, un des leaders de l’opposition aussi candidat pour devenir président de la République, a annoncé la mise en place d’un conseil national de transition.

Pascal Affi N'Guessan en gros plan.

Pascal Affi N'Guessan, porte-parole de l'opposition.

Photo : Reuters / LUC GNAGO

Le secrétaire général de l’Association de la communauté ivoirienne de la région de Toronto (ACIRT), Aboubacar Sanogo, regrette que son pays retombe dans la violence. J’ai une pensée pour tous les morts [et] les blessés [...]. C’est regrettable que ça se reproduise encore en Côte d’Ivoire après ce que nous avons connu en 2010, dit-il.

Aboubacar Sanogo

Aboubacar Sanogo est le secrétaire général de l’Association de la communauté ivoirienne de la région de Toronto (ACIRT).

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Tout en reconnaissant le droit à la divergence d’opinions, M. Sanogo lance un appel au calme auprès de ses compatriotes du Canada et de la grande région de Toronto en particulier. On doit aller au-delà des émotions et des déclarations des politiciens de tous bords et préserver la cohésion nationale que ce soit dans la diaspora autant qu’en Côte d’Ivoire, martèle-t-il.

Un troisième mandat qui divise

Serge Dangourou

Le secrétaire général du parti de l'opposition du Front populaire ivoirien (FPI) à Toronto, Serge Dangourou.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Serge Dangourou, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI) à Toronto estime qu’il n’y a pas eu d'élection en Côte d’Ivoire. Selon lui, Alassane Ouattara a violé la constitution en postulant pour un troisième mandat. Il soutient que la constitution ne permet pas au président Ouattara de faire plus de deux mandats.

La représentante de la section de la Fondation ivoirienne pour l'observation et la surveillance des droits de l'Homme et de la vie politique (FIDHOP), Yolande Ayi, dit comprendre et soutenir la position des opposants au régime d’Alassane Ouattara.

L’opposition a raison d'avoir boycotté cette élection, car les conditions n’étaient pas réunies. C’est une parodie d’élection.

Une citation de :Yolande Ayi, représentante de la FIDHOP à Toronto
Yolande Ayi

Yolande Ayi est la représentante de la section de la La Fondation ivoirienne pour l'observation et la surveillance des droits de l'Homme et de la vie politique (FIDHOP).

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Selon elle, quatre conditions devraient être respectées avant l'organisation de l'élection présidentielle : l'indépendance de la Commission électorale indépendante et de la cour constitutionnelle, la vérification des listes électorales et le rejet de la candidature d’Alassane Ouattara.

Pour sa part, Issiaka Mandé, professeur au département des sciences politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) souligne qu’une bonne partie des Ivoiriens ont tout de même pu voter.

Toutefois, il indique que cette élection a laissé un goût d’inachevé. D'après lui, c’est la validité du scrutin qui pose problème.

Maxime Ricard

En plus d'être à la chaire Raoul Dandurand de l’UQAM, Maxime Ricard est aussi candidat en fin de doctorat en science politique.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

Maxime Ricard, coordonnateur du centre FrancoPaix (CFP) en résolution des conflits et missions de paix à l’UQAM, n'est pas surpris du développement de la situation politique en Côte d’Ivoire. La situation actuelle était prévisible et inquiétante parce qu’on a une situation de blocage politique, note-t-il.

C’est après la mort en juillet dernier du premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, candidat à l’élection présidentielle, qu'Alassane Ouattara est revenu sur sa décision initiale de ne pas briguer un troisième mandat.

Miser sur le dialogue

Pour sortir de l’impasse, le professeur Issiaka Mandé pense que le dialogue entre les différents acteurs serait la voie à prendre. Il rappelle que c’est également ce que préconise l’ancien président Laurent Gbagbo.

Madame Yolande Ayi soutient aussi une telle initiative qui, selon elle, devrait permettre la réécriture des lois ivoiriennes, mais aussi d'encourager le respect des engagements de chacun.

Avec des informations de l'AFP

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